LES MONUMENTS DB L ARCHITECTURE CIVILE
statues antiques décorait les rues et les portiques. Et de même, les principaux monuments publics, avec leurs portiques, leurs colonnades, offraient un aspect tout classique. Certains de ces monuments étaient particulièrement célèbres. Tel était, sur le forum de Constantin, le palais du Sénat, avec son dôme gigantesque, ses murs décorés de jnétaux précieux et de mosaïques, son portique que portaient quatre hautes colonnes de porphyre. Tel était encore — c'était, avec le Sénat, une autre des « merveilles » de la ville — TAnemodoulion, girouette monumentale, analogue à la Tour des Vents d'Athènes. Elle avait la forme d'une pyramide quadrangulaire, revêtue de plaques de bronze sculptées ; au sommet, sur un pivot mobile, était posée une figure de femme ailée; les vents étaient représentés par douze figures d'enfants accroupis autour de la plate-forme et soufflant dans des trompes.
Parmi les autres monuments, c< dont la ville, selon Texpressioii de Constantin leRhodien, se pare comme d'autant d'étoiles ». on peut citer le théâtre, le « forum doré », la place du Stratégion. Puis c'étaient les arcs de triomphe, l'Iiippodrome avec ses colonnes, dont Tune, couverte de plaques de bronze doré, fut élevée par (Constantin VII, et la foule de ses statues, chefs-d'œuvre de Kart antique. C'étaient les bains, parmi lesquels on vantait ceux de /euxippe, tout remplis de marbres et de bronzes anciens; c'étaient les bazars, qui s'étendaient sous les portiques et aux environs de la Mésè, celui des parfumeurs à l'Augustéon, celui des soieries près du Zeuxippe, celui des orfèvres à la Mésè, le marché au pain ou .\rtopoiia entre le forum de Constantin et le forum du Tauros, le marché au bétail au Tauros ou au Stratégion. Et c'étaient enfin, sans parler (les édifices religieux, les hôtelleries, les hôpitaux, et lesmagniliques palais de l'aristocratie byzantine.
Tous ces monuments faisaient de Byzance une capitale incomparable, et Constantin le Rhodien célèbre à juste titre « la ville de Constantin, Tillustre et vénérable cité, qui possède la domination du monde, et qui brille étrangement d'une multitude de merveilles, |)ar la splendeur de ses hautes constructions, l'éclat de ses magniliques églises, les galeries de ses longs portiques, la hauteur de ses colonnes dressées dans les airs ». Constantin Manassès, un peu plus tard, l'appelait avec un égal enthousiasme « l'œil du monde, la parure de l'univers ». Mais à ces magniBcences s'opposaient d'étranges contrastes. Comme dans toutes les villes d'Orient, la voirie de la grande cité était presque à l'abandon. Odon de Deuil,