LA NOUVELLE-ÉGLISE DE BASILE I
change Gabriel, au prophète Élie et à saint Nicolas, étail « toute parée et embellie par les perles fines, Tor, Téclat de Targent, les marbres chatoyants aux mille nuances, les mosaïques et les tissus de soie ». A fouest, dans Tatrium de Téglise, s*élevaient deux magnifiques fontaines, « dans lesquelles Texcellence de Tart s^unissait à la richesse de la matière » ; Tune était en marbre d* Egypte, ornée sur son pourtour de dragons de marbre ; Tautre était en pierre, et « sur la corniche qui borde le sommet du bassin, Tartiste avait placé des coqs, des boucs et des béliers de bronze, qui lançaient de Teau par des tuyaux » ; toutes deux avaient pour centre une pomme de pin, percée à jour, par où Teau s'échappait. Les portiques extérieurs de Téglise étaient somptueusement décorés de revêtements de marbre blanc, si délicatement agencés qu^il semblait que ce fût u une seule pierre qui serait sillonnée de lignes droites ». C'était là, dit Photius, « une séduisante nouveauté ».
A Tintérieur de l'église, tout resplendissait d'argent et d'or. «Tantôt ces métaux sont appliqués sur le verre des mosaïques, tantôt ils sont étendus en plaques, tantôt iU entrent en composition avec d'autres matières. Les parties de l'église que l'or n'enchâsse pas ou que l'argent n*a point envahies sont ornées d'un curieux travail de marbre de diverses couleurs. Les murs à droite et à gauche en sont revêtus. La clôture qui ferme le sanctuaire, les colonnes qui s'élèvent au-dessus et l'architrave qui les unit, les sièges disposés à l'intérieur, les marches qui y conduisent et les saintes tables, tout est d'argent doré rehaussé de pierres précieuses et de perles. Quant à l'autel, il est d'une composition plus précieuse que l'or. Le ciborium, qui s'élève au-dessus, ainsi que ses colonnes, est aussi d'argent doré. » Le sol était pavé de plaques de marbre multicolores, encadrées de mosaïques ; on y avait représenté des animaux et divers ornements ; et le tout était si harmonieusement agencé, » une telle grâce régnait dans tout ce travail », que l'église semblait couverte de lapis de pourpre et de soie. Enfin m la voûte du temple, composée de cinq coupoles, resplendissait d'or et de figures, comme le firmament d'étoiles ». A l'extérieur, le toit était revêtu de plaques de bronze doré.
H n'y a point lieu d'insister ici sur les splendeurs de celte ornementation intérieure, qui, selon l'expression de ('onslanlin Porphyrogénèle, « éblouit les regards et frappe l'imagination ». Il faut en revanche retenir les traits caractéristiques de rarchilecture. La Nea avait gardé un souvenir des anciennes basiliques, l'atrium.
406 LES MONUMENTS DE f/ ARCHITECTURE RELIGIEUSE
C'est là, toutefois, une exception dans les édifices religieux du second âge d*or : celte vaste cour ehtpurée de portiques tenait trop ^e place pour qu'il fût toujours aisé de l'établir. Seuls, les empereurs, à qui l'espace n'était point mesuré pour leurs constructions, purent la conserver, Basile à la Nouvelle-Eglise, Romain [II, au xi® siècle, devant la Péribleptos : mais en général l'atrium disparait, remplacé par un porche ouvert ou un narthex. Quant au corps même de l'église, il n'avait plus rien d'une basilique : son plan présentait une croix, à branches égales, inscrite dans un carré et couronnée de cinq coupoles. Mais ces coupoles n'étaient plus, comme dans les Sain 1 8- Apôtres de Justinien ou dans Saint-Marc qui en est la copie, placées sur les quatre branches de la croix. Autour de la coupole principale, qui occupait le centre, les quatre coupoles secondaires s'élevaient au-dessus des bas-côtés, dans les angles que ces quatre branches formaient aux coins du carré. Et de même, la forme de la croix ne se dessinait plus, comme aux Saints- Apôtres, sur le pourtour extérieur de Tédifice, mais seulement sur le faite des façades, par les voûtes surélevées des quatre berceaux des bras. Ainsi l'édifice était conforme au type nouveau et caractéristique de la construction byzantine, tel qu'il apparaît presque exclusivement à partir du x® siècle : Téglise à croix grecque, inscrite dans un carré.
LES FORMES DE l'ÉGLISE BYZANTINE
La basilique à coupole, — Le vi® siècle avait connu divers types d'édifices sacrés, la basilique, l'octogone, le plan tréflé, la basilique à coupole. A l'époque où nous sommes, la basilique a complètement disparu ; l'octogone est devenu rare, ou plutôt il s'est transformé pour donner naissance à l'église à trompes d'angle ; le sanctuaire triconque n'apparaît plus guère, d'ailleurs modifié, que dans les plus anciennes églises de l'Athos et à Saint-Élie de Salonique (Eski-Séraï), qui semble dater du xi® siècle ; enfin, la basilique à coupole elle-même, qui avait eu une si heureuse fortune entre le v® et le VII® siècle, ne se rencontre plus qu'exceptionnellement. On la trouve à Nicée, dans l'église de la Dormition (ix® siècle), dont le plan rappelle de façon frappante celui de Sainte-Sophie de
> BASIUqUB A COUPOLE
Salonique ', el à ConstanLinople, à la Gul-djami (aulrefois Sainte- Théodosie) qui date probablement de la seconde moitié du ix' siècle.
Kîg. 191 . — Conslanlinuple. Gul-djami {Phot. Ebcrsolt'.
et OÙ des portiques continua passent, comme à Sainte-Irène, audexsus des berceaux laléraux^ (lig. 191). Malheureusement d'assez nombreuses restaurations ont, aus siècles suivants, altéré l'aspect primitif de celte grande église: les absides en particu-