‹ Manuel d'art byzantin (volume 2)Chapitre 178 sur 370 · Wiilff. Die Koimniakirche in JVif.ïa · texte numérisé non relu

Wiilff. Die Koimniakirche in JVif.ïa

i. WulfT, ibid. ■ Strzyguwski, Kleintsiên, 132 ; et. d'une façon Kénéi-alc. pour toiileH les églises de Conslanlinuple menLionnëcs au cours de ce chu-

408 LES MONUMENTS DE l'aRCIIITECTURE RELIGIEUSE

lier, avec leur décor de niches creuses superposées en plusieurs étages, semblent bien appartenir à Tépoque des Comnènes. Néanmoins certains traits caractéristiques subsistent, qui rendent le monument fort intéressant : à Tinlérieur, les quatre piliers énormes qui, comme à Kalender-Hané ou à Hodja-Moustapha, soutiennent la coupole, et du côté de Torient, se rattachent directement à Tabside ; à Textérieur, la façon dont les lignes maîtresses du plan sont à peine marquées par le dessin des toitures et des façades. On sent un édifice de transition, de belles proportions au reste et d'élégance simple, où, dans la basilique à coupole, certaines dispositions font pressentir déjà le type nouveau. Le plan en croix grecque, dissimulé au parterre, se lit nettement, en effet, au-dessus des tribunes, dans les quatre berceaux égaux, et aux angles du carré, quatre coupoles basses sont placées, qui font sur le toit une légère saillie. Le souvenir de la basilique à coupole se perpétue en partie dans d'autres édifices encore de Tépoque que nous étudions, à Constantinople, dans les églises de la Panachrantos (Fenari-Issa-Mesdjid, fin xi** siècle) et de Chora (Kahriédjami, commencement xii®), sur lesquelles on reviendra, à TAthos, dans le catholicon de Lavra, et plus nettement dans certaines églises de Géorgie (Koutaïs, Mokvi, x^-xi® s.) et de Russie (Sainte-Sophie de Kief, 1037). 11 persistera au reste dans Tarchitecture byzantine jusqu'au xiv° et au xv® siècle. Mais ce ne sont plus là que des survivances du passé : ce qui domine désormais, presque sans conteste, d'un bout à l'autre du monde byzantin, c'est le plan à croix grecque, caractéristique de l'art chrétien d'Orient au moyen âge.

L'église à croix grecque, — Origine du type *. — De bonne heure, la forme symbolique de la croix avait été adoptée par les chrétiens pour leurs constructions. Dès le iv® siècle, on Ta vu, Grégoire de Nysse parle, comme d'un type courant, des églises en forme de croix ; vers le même temps, dans Tinscription dédicatoire de l'église des Saints-Apôtres, à Milan, saint Ambroise, son fondateur, caractérisait ainsi le monument :

Forma crucis lemplum est^ iempluni vicloria Christi Sacra; triumphalis signal imago locum,

pitre, les ouvrages de Salzenberg, Pulf?her, Kondakof, GurliU, Ebersolt, cités à la p. 13â. On y peut joindre Paspati, Bu^avTival {i-cXitai, Constantinople, 1877.

1. Strzy^owski, Kleinasien, 132 sqq. : Ramsay-Bell, The ifionsand and one chnrches, 3iO-î2S.

L ÉGLISK A CROIX GRECQUE 409

Une mulUtude d'édifices sélevcrent sur ce modelé, doiil le plus

1 ConUanlinopel.

célèbre est l'église des Saints-Apôtres de Constanliiiople ' (fig. 192),

410 LES MONUMENTS DE I. ARCHITECTUBB 8BI.IGIBUSE

Mais ces monumenls ne ressemblaient en rien à l'église à croix grecque du x« siècle. Au v", au vt' siècle, l'image de la croix se dessinait en plan à l'extérieur du monument, comme on le voit, en Occident, au mausolée de Galla Placidia, en Orient, aux églises anaLolienncsde Tnmarza, deSivri-Hissar, de Bin-bir-Kilissé, elc, ', comme on le voit surtout à Saint- Marc de Venise qui, reproduisant le plan des Saints-Apôtres, conserve jusqu'en plein ii* siècle cette disposition surannée* (tîg. 193). L'église à croix grecque est tout autre. Tandis que, dans le type en forme de croix, les bas-cotes manquent, ou tout au moins viennent rfe l'extérieur garnir les coins vides entre les bras de la croix, l'église byzantine à croix grecque au contraire trouve dans ces bascôtés " unressorlessenliel de son équilibre, pour transmettre aux murs extérieurs les poussées de lu coupole ^ )). L'église àcroix grecque ne procède donc point du plan en forme de croix, comme d'abord on le pourrait croire. Elle est bien plutôt l'aboutissement logique de la basilique à coupole, lorsque dans celle-ci les berceaux latéraux se prolongent à travers les collatéraux jusqu'au mur d'enceinte. Sainte-Irène de Constanti' nople et 1 église ruinée de Philippes, où l'on observe ce parti, sont en ce sens, dès le vi" siècle, des précurseurs de l'église à croix grecque '. L'évolution se manifeste plus nette encore dansTéglise de

Page 1