‹ Manuel d'art byzantin (volume 2)Chapitre 179 sur 370 · Cf. les cdincc» uilés pluB haut, p · texte numérisé non relu

Cf. les cdincc» uilés pluB haut, p

3. Un autre ciemple asscï remnrqunble de celte dinposition se rencontre k Perislera, près de Salonique. dons une <igl["e que l'on date d» n" «ècto. ,\ulnur He lu coupole centrale, quatre coupoles sur tambour octogonal coui-nnncnt lei quatre branches de la crnix ; mais, par un parti fort Jntéresïanl, CCS brandies se lemiincnt chacune par Irois absides disposées en triconqne : ainsi le plan cru.'iformc se combine curieusement avec le plan Iritté. (Kinch, En bjiznatinsk Ki'rfre dans Festikrift for Prof Usiing, Copenhague, 1900, p. Iii-1â5).

3. Millet, L'Asie Mineure (RA., 190». I), p. 106. Cf. Ramsay et Rell, foc. ci(. 310 Buiv,

i. Cf. p. 91 et 138,

l'églisb <4

Déré-Ahsy en'Lycie et surtout dans la Gul-djami, où les berceaux dessinent une croix à branches égales.' Sans (doute, dtins tous ces édifices, cen'estqu'à l'étage supirieur, au-dessus des tribunes, que le plan en croix se lit clairement : il faurlra que les petites arcades qui, au rez-de-chaussée, séparent la nef des bas-côtés, dispara'

latre beiceaus qui

pour que, du sol au sommet des. voûtes, les soutiennent la coupole dessinent largement la croix. Mais le pniiit <le dipart n'est pas moins certain, et l'évolution visible, d'où est sorti, peut-être des le vi" siècle ', le plan byzantin classique, dont il faut maintenant déiînir les trails essentiels (fig. 194).

Plan. — L'église a la formed'une croix, dont les quatre branches égales sont voûtées en berceaux à la croisée s'élève une coupoli portée sur un tambour, et généralement asse7 haute. La inscrite dans un carré, aux quatre angles duquel se dressent parfais d'aulres coupoles. Le bras oriental *„

s'allonge pour se terminer en pj ,94 abside ; les deux compartimenis djami.

orientauxdu carré s'allongent semblablement pour former deux absides lalén de l'édiiice s'étend un narthex fermé, assez second narthex exlérieur. L'ensembledc la construction forme rectangle allongé, terminé à l'est par trois absides saillantes, rondes ou polygonales. La forme de la croix, que dessine le vaisseau intérieur, apparaît pareillement à l'exlérieur. Les quatre berceaux sont, en etTet, surélevés de façon à marquer au dehors, autour de la base carrée de la coupole, le symbole divin ; ils sont d'ordinaire couverts par des toits en pignon, qui se terminent par des frontons triangulaires sur le mur d'enceinte. Souvent aussi, surtout à partir du xh" siècle, des frontons courbes, répétant exactement la forme

nprés Pul|;hcri,

ur le côté ouest précédé d'un

I. Cf. p. 166 les églises dr Sergiopolis. Uane co dcrniei entourent lacoupule c-entrali;.

'-c type menlionnées à Gorlyne i-difioe, quatre coupoles posée:

* Rusafa- II angles

412 LBS MONUMENTS OE LARCIIITECTURK

des berceaux, remplacent les frontons triangulaires ; d'une façon générale, les lignes maîtresses de la conslruct!on intérieure se dessinent à l'extérieur par la dis|>03ition du faite des façades et sont soulignées en outre par quelques ornements sobres et discrets. Il faut observer enfin que ces églises sont en général beaucoup plus petites que les édifices sacrés d'autrefois. Si l'on met a part le Panlocrator à <'onslanlinDple(l"moilié xn^ siècle) qui mesure Ifimètres en largeur et autant de la porte d'entrée nu seuil de l'abside, les autres églises de ce type l'ont généraleiient pas plus de f I 10 mètres pour res deu.i dimensions (Boudroundjami, un peu in3de9;Kilissédjami,9 ; Théoto- ; de Saint-Luc.

9,50; Kazandjilardjamià Salonique.

Fip. 195. — Éffliie de Skripou [d'niir*'" Stnygowski;. y . Eski-Imaret à Constantinople.li;.

Évolution du lype, — Skripou '. — Toutefois ce type classique ne s'est pointconstiluéd'un seulcoupet il n'est point restéimmuablc de siècle en siècle. Il y a uneétolulion progressive, qui se manifeste par une tendance croissante vers plus de légèreté et d'élégance. Veut-on voir l'église à croix grecque à ses débuts? L'église de Skripou en Béotie, qui est datée par une inscription de 874. en offre un escellent exemple (fig. 195). l^a construction est simple et lourde à la fois : on sent une église de province, assez gauchement exécutée. I.es murs sont d'une épaisseur extraordinaire; la coupole à pendentifs, unique, qui domine la croisée, est enchâssée duns un tambourù seize pans, décoré d'arcades aveugles, et percé de quatre fenêtres seulement; la forme de la croix est fortement accusée an dehors par les toitures des berceaux très surélevés au-dessus des absides et des bas-côtés. L'intérieur est d'aspect lourd, tout voûté en berceaux massifs ; les murs épais qui portent lés grands ai-o

1. Slra,vKow8ki, Inédits der .irchileklar ans rfer Zeit Bxiilios I (l(Z., III.

KAZANDJII^H-DJAHI 4]l{

en obstruent une grande partie ; la coupole est de diamètre asHer. réduit. Peu d'ornementation sculptée ; à l'intérieur, deux frises sculptées, à décor de feuilles, de raisins et d'oiseaux, séparent les étages ; à l'extérieur, l'abside principale seule montre une bande assez large, où des médaillons encerclant des animaux s'alignent entre des feuillages. L'édifice est grossièrement construit en blocs de

Fi)ç. 106. — Salonique. KazandjUar-djanii 'l'hot. L<- Toiiriiunu .

pierre de diverse grandeur, empruntés à des monuments antiques. \je t^pe de l'église à croix grecque, quoique déjà nettement tons titué, est donc fort lourdement réalisé : Skripou, par la largeur de ses bas-côtés, donne presqueencore l'impression d'une basilique voûtée, avec transept saillanl.

Kazandjilûr-djami ' . — Au contraire, dans léglisc de la Théo- (okos,à5alonique (KaiLandJilar-djami '), qui est datée parunetnscrip-

1. Texier cl Pullan. Architeclure bysanlint ; Kondakof, Macriloîne. Pi-t«i-sboiirj-, 1909;ru8sel.

t inctncicilo t'iii^criptioii qui la

414 LES MONUMENTS DE l'aRCHITECTURE RELIGIEUSE

tionde 1029, le type nouveau apparaît mieux dégagé (fig. 196). L'édifice est entièrement bâti en briques, sans aucun décor ornemental à l'extérieur; les lignes d'ensemble, très simples, sont fortement accusées au dehors. Des demi-colonnes en briques, appuyées aux façades, des frontons courbes marquant le narlhex, des frontons aigus, au-dessous desquels s'ouvrent sous une arcade des fenêlre? bilobées, correspondant aux berceaux de la croix, une coupole sur haut tambour octogonal décoré de deux étages d'arcades aveuglai?, séparées par des colonnes de brique, et sur le narthex deux petites coupoles à tambours percés de fenêtres, dont les arcades échancrent la toiture, dessinent les dispositions principales de l'éditice. De$ corniches en briques posées en dents de scie courent à la base dc« toitures. Une abside à trois pans, à laquelle s'accolent deux petite» absides demi-circulaires, termine l'église à l'est. L'intérieur, de dimensions fort exiguës (8 m. de large, sur 8 m. de long, de la porte de l'église à l'arc de l'abside), a une coupole sur pendentifs, appuyée sur quatre grands arcs que portent quatre colonnes de marbre, écartées de 3,50 environ : ces colonnes ont des chapiteaui cubiques, ornés de cabochons et de croix qu'entourent des entrelace géométriques ; des arcades assez élancées relient ces piliers aux mure extérieurs. La coupole est haute, les compartiments latéraux très petits ; une corniche sculptée court à la base des voûtes. Au-dessus du narthex, une tribune s'ouvrait par une fenêtre sur le vaisseau central. Des peintures, dont il reste des traces, décoraieni jadis le narthex et l'église. L'ensemble, très simple, mais élégant, est de lignes nettes, de construction solide, exacte et sobre.

Kilissé-djami. — Enfin, le type pleinement constitué se rencontre à Constantinople, à la Kilissé-djami * (lîg. 194, 197). On la date en général de la première moitié du x® siècle, en y reconnaissant, je ne sais trop pourquoi, l'église fondc^e par le patrice Constantin Lip^ en l'honneur de la Vierge. 11 me semble qu'on devrait avec plus de raison l'attribuer à la seconde moitié du xi® siècle, tant on y seul une visible et heureuse recherche de grâce et de variété. Elle offre le plan classique de l'église à croix grecque. Construite en briques et moellons alternés, elle accuse fortement à l'extérieur les lignes

I . C'est l'église que Salzenbeiic appelle la Théolokos, et que Pulghcr nomme Mv'fa-cljami, en y reconnaissant une église byzantine de Sainl-Thcodore. Celle appellation de Méfa-djami, qui est répétée ailleurs, est inexacte. Il y a bien, tout près de la mos(iuce, une place de Véfa-meïdan ; mais les Turcs donnent toujours à rédifice le nom de Kilissé-djami.

de la croîi par les hautes loitures triangulaires des berceaux, domiiianl les toitures plus basses des bas-ciitês et les lignes courbes

t-'iic. 197. — Constantinople. KElissL'-djami [Phal. Ebersoli;.

qui raccordent harmonieusement à l'abside la base carrée sur laquelle s'élève le tambour de la coupnte. Ce tamliour k doii/c pans est décoré d'arcades, dont la courbe échnncre la toiture de la coupole ; des fenêtres y sont percées, séparijes par des cnlonnos. Autour de la coupole centrale, quatre lalottes couvrent les coins du carré, cl sur le narthcx extérieur, U-ois autres coupoles, trcs haule^, se dressent

sur des tambours octogonaux, donnant à l'édifice une silhouelle g^énérale fort élégante. A l'est, l'abside principale, à cinq pans, qui seule fait saillie (les latérales étant marquées simplement par deux fentetriangulaires dans le mur), est décorée d'arcades aveugles et de niches creuses, et s'ouvrait jadis par une série de fenêtres séparéepai- d'élégantes colonncttes. Sur les côtés, de grandes fenêtres sous

Fig, 1!>H, — CoiiManlinople. Kilissé-djemi. Façade [Phot. Kbersult).

les frontons et des arcades aveugles rompent ta monotonie des façades. Enfin les combinaisons de la brique et de la pierre égalent les murs du narthcK extérieur, qui peut-être, au reste, s'ajouta un peu poslérieuremenl (xn' siècle) à l'édiiîce primitif (fig. 198). A droite et à gauche de la porte d'entrée, entre des niches creuses, s'ouvrent, sur un haut soubassement, des arcades trilobées, avec parapets sculptés ; au-dessus, sous la ligne droite du toit, de grandes

COUPOLE ET TAMBOUR 4l7

arcades encadrent cinq fenêtres; les moellons entourés de briques, les arcades de briques et de pierres alternées répandent sur toute cette façade une harmonieuse polychromie. A Tintérieur, assez exigu (9 m. de large), la haute coupole est portée par quatre minces piliers, et le vaisseau, bien dégagé, achève, par les lignes courbes des hémicycles qui terminent le narthex et les absides, de donner une impression des plus heureuses.

Aussi bien ces mêmes tendances continueront à se manifester par la suite : elles produiront, au commencement du xiv^ siècle, les charmantes églises de Fetijé-djami (ancienne Pammakaristos) à Constantinople, de Yakoub-pacha et des Saints-Apôtres à Salonique, avec leurs coupoles élancées et multiples, la grâce de leurs lignes courbes, et le riche décor extérieur de leurs murailles et de leurs absides.

l'évolution de l'architecture byzantine *

Ainsi des innovations incessantes, des raffinements ingénieux avaient modifié durant cette période l'architecture religieuse. Il en faut chercher les raisons.

Coupole et tambour, — Le vi« siècle avait fixé le trait caractéristique de Tarchitecture byzantine, la coupole, et il Tavait merveilleusement réalisé à Sainte-Sophie. Cette réussite admirable établit définitivement le règne de la coupole : elle demeurera désormais la forme essentielle de la construction. Mais Sainte-Sophie offrait un trop savant modèle pour qu'on fût tenté bien souvent de le reproduire : les architectes s'inspirèrent donc plus volontiers d'autres types moins difficiles. Mais, tout en imitant, ils n'entendirent point copier servilement ; tout en conservant la coupole, ils voulurent en tirer des effets nouveaux ; leur préoccupation essentielle, tout en se conformant aux principes, fut de les appliquer avec plus de légèreté et d'élégance.

A Textérieur, ils modifièrent heureusement la ligne générale de leurs constructions. Les édifices du vi® siècle offraient une silhouette un peu lourde ; la coupole de Sainte-Sophie elle-même, appuyant directement la demi-sphère sur les pendentifs, parait, vue du dehors,

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