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Choisy, L'Art de bâtir chez les Byzantins

418 LES MONUMENTS DE l' ARCHITECTURE RELIGIEUSE

quelque peu massive et déprimée. Les architectes s'ingénièrent à donner au couronnement de leurs monuments plus de sveltesse, 4« à projeter plus hardiment leurs coupoles dans les airs* ». Pour cela, ils surélevèrent le tambour qui s'intercalait entre les grands arcs et les voûtes de la coupole. Assurément les architectes du v*' et du vi*^ siècle déjà avaient connu et employé ce parti *^ : mais leurs tambours, généralement cylindriques, restaient peu élevés et massifs. Les maîtres du x® siècle firent le tambour plus haut, surtout ils le firent polygonal, à huit, à douze, à seize pans, de façon que les arêtes des angles, par leur direction verticale, vinssent accroître rimpression d'élévation qu'on voulait produire. Pour Taccuser plus fortement, on décora ces arêtes de longues et minces colonnetles ou de demi-colonnes portant des arcades ; de hautes et étroites fenêtres, ouvertes dans les pans du tambour, contribuèrent au même effet et accentuèrent encore l'impression de hauteur et de légèreté. La coupole elle-même, dans ces églises de dimensions assez exiguës, fut de diamètre assez réduit; mais elle gagna en hauteur ce qu'elle perdait en étendue. C'est un trait caractéristique de révolution de l'architeclure byzantine qu'à mesure qu'on avance dans le temps, \e> coupoles deviennent plus petites et plus hautes, portées par des arcs plus élancés, soutenues par des tambours plus élevés. 11 suffit, pour s'en rendre compte, de comparer les formes trapues de la coupole de Skripou (ix® siècle), les tambours un peu lourds de Boudroundjami à Constantinople et de Kazandjilar-djami à Salonique (Hn x*", comm* XI* siècle), la ligne élégante et le souple profil des coupoles de la Kilissé-djami ou de l'église du Pantocrator [fin xV\ comm^ xii^ siècle), les tambours surélevés qui couronnent les constructions du xiv** siècle, telles que les Saints-Apôtres de Salonique. l'église du monastère de Markof en Macédoine ou celle de Nagoritcha près d'Uskub, et bien d'autres. Un autre parti enfin donna plus de grâce aux coupoles : dans les édifices les plus anciens de notre période, le tambour s'achève en général par des lignes droites; sur lesquelles posent les toitures de la coupole ; dans les églises plus récentes, à partir du milieu du xi® siècle (le premier exemple à Constantinople se rencontre à la Kilissé-djami), la courbe des arcades du tambour échancre la toiture, donnant à l'ensemble une ligne plus souple, plus légère et plus harmonieuse.

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