Choisy, p
422 i.Bs MDNUMBKTS DB l'abckitbcture rbligieurb
ancienne des édifices du vi" siècle (Sainle-Sopbie de CP., Sainte- Sophie de Salonique).
Pourtant le tambour ne suffit pas à annuler toutes les poussées. Ce qui en resteestreporlésurqualre grands arcs de têle, quand la coupole est sur pendentifs, sur huit points d'appui, quand la coupole est sur trompes d'angle, et celte différence de disposition donne naissance.
entre le x' et le xiti' siècle, à deux
types d'église assez différents.
L'église à (rompes d'fingle et l'église hpendenlifs. — L'un procède du plan octogonal (fig. 200).
Entre les quatre arcs doubleaui s'intercalent quatre trompes d'angle; ainsi se trouve déterminé un octogone, appuyé sur huit piliers.
Ce dispositif offre des résistances plus vigoureuses ; l'ouverture des arcs qui portent la coupole est moindre, les points d'appui qui la soutiennent sont plus nombreux.
Mais, plus solide, ce parti est évidemment moins élégant. Il a été cependant fort en usage au xi" siècle; d'après la description de Clavijo, ii semble avoir été employé il ConstantJnople dans l'église, aujourd'hui disparue, de la Peribieptos (entre I028et 1034); on le rencontre en tout cas dans nombre d'églises de province, à Saint- Luc, à Saint-Nicodème d'Athènes, à la Neamoni de Chios, à Daphni. Toutes ces églises offrent ce trait commun que la coupole. assez large de diamètre, y couvre tout le carré sur lequel s'ouvrent les trois absides ; et on a même cru qu'il y avait là un parti propre à l'époque macédonienne, et par où elle se distinguait des constructions de l'époque des Comnènes'. La chronologie des édifices conservés dément celte affirmation. Le type de Saint-Luc et de Daphni se retrouve à Sainte-Sophie de Monemvasie (xn' siècle), aux Saints-Théodorcsde Mistra (xiii° siècle) : et d'autre part,concurrem-
l. Straypowalii, ,Vea Moni smf Chioi (BZ, V, 151-153).
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meiil à ce type, apparait, dèsie si" siècle, le iiarti que l'on considère comme canonique de l'époque des Comnènes, la coupole à pendentifs portée par quatre piliers.
Dans l'église à trompes d'angle, la multiplication des points d'appui encombrait l'intérieur des édifices. On eut donc naturellement l'idée de chercher une disposition plus spacieuse et plus élé- ^^ante: de là naquit un type plus savant, que nous présentent la plupart des églises de la capitale (fig. 201)- Dans ces édilices, la coupole ne couvre plus que le carré central devant la grande abside ; elle est dressée sur quatre grands arcs reliés par des pendentifs el posant sur quatre piliers ou colonnes. Le diamètre de la coupole est nioindre, et le plan en croix se lit plus nettement. Mais s'il est vrai que te type s'est, à partir du xn' siècle, substitué presque uniformément à l'église à trompes d'angle, il est certain par ailleurs qu'il se rencontre dès le xi° r^ i ' ' | ' ' ' ' i siècle (Houdroun-diami,Kazandiilar, etc.). Les „. . ^ , nrchitectes des .Macédoniens et des Comnènes tinople. Boudroun-
ont employé simultanément les deux formules, djami. Plan'a'aprÈs
et on chercherait à tort un élément de daU- PuIrI-lt).
tion dans cette différence de partis'.
Les contreforts. — Mais ces arcs, qui reçoivent les poussées de la coupole, exercent eux-mêmes des poussées analogues qu'ils transmettent en grande partie aux piliers, il faut donc soutenir k leur tour arcs et piliers, .\ cet effet, on les relie par des berceaux el des arcades au mur extérieur : ces berceaux et ces voûtes, distribués autour de la coupole sur le reste du carré, reçoivent les efforts rayonnants el les transmellent amortis aux murs. Dans ce cas, au moins dans les églises à trompes d'angle, il y a de véritables contreforts ménagés à l'intérieur de l'église entre le carré centi;al el l'enceinte ; parfois cependant, comme à la Nea Moni, le constructeur a résolumcntsupprimc ces membres encombrants, et, pour renforcer les huit piliers, ilya simplement adossé autant decolonnes géminées faisant saillie à l'intérieur du carré. Il y a là évidemment
I. Certaines £|çliscB siciliennes (Palalinc. Martorsna) montrent, au xn* siècle. di.-'> trompes d'angle : pourtant elles se rallachcnl pluliH au groupe des é|clisea à pendentiCa. Elles sunl oonstriiilus avec quaLi-e points d'appui, et leurs trompes ne sont en fait que dcH surtus de pcndcnlifs évidés.
424 LES MONUMENTS DE l'aRCHITECTURB RELIGIEUSE
un souci ingénieux des combinaisons d'équilibre telles qu'on les observe dans les églises à pendentifs. Enfin les coupoles secondaires logées aux angles du carré aident également à contrebuter les berceaux de la croix : et ainsi, comme le dit excellemment Ghoisy, « les diverses voûtes s'appuient de proche en proche les unes contre les autres, et les dernières contre le mur d'enceinte * ». « Une coupole, dit encore Ghoisy, dont les poussées sont reportées par quatre berceaux de tête sur quatre piliers d'angle, tel fut, pendant le moyen âge, le programme admis presque sans exception pour les monuments de la Thrace et de la Grèce ^. » Gette coupole, on l'a vu, en devenant plus haute, prend en général un diamètre plus restreint (8 mètres environ dans les églises à trompes d'angle du xi* siècle, 3™ 50 à 4"'50 dans les églises à pendentifs, exception faite pour la grande église dii Pantocrator, où il mesure 7 mètres). Mais quelles que soient les différences du type, jamais on ne rencontre dans un plan byzantin de contreforts extérieurs, de ces saillies qui, selon l'expression de Ghoisy, donnent « du relief et du mouvement' m. Tous les appuis sont à l'intérieur, et le vaisseau qui, pour les contenir, est forcément quelque peu plus large, est aussi, pour la même raison, quelque peu obstrué.
LA DÉCORATION
Mais surtout il résulte de ce parti que l'édifice présente au dehors de grands murs droits et nus, d'une étrange sévérité d'aspect. G'est à corriger cet aspect que l'architecture byzantine s'appliqua à partir du ix® siècle, en égayant les façades par les combinaisons de la polychromie.
La polychromie des façades. — Au lieu de construire les édifices exclusivement en matériaux d'une même espèce, pierre de taille ou brique, on employa simultanément dans les parements les rangs alternés de moellons et de briques, séparés par des lits épais de mortier. « Les cours de brique, dit Ghoisy, tranchent en rouge sombre sur le blanc rougeâtre des mortiers et sur le gris mat de la