‹ Manuel d'art byzantin (volume 2)Chapitre 183 sur 370 · I.A POLVCHROMIB DBS PAÇADBS · texte numérisé non relu

I.A POLVCHROMIB DBS PAÇADBS

pierre. Ordinairement le mortier est iisaé en retraite sur le nu du mur; si bien que chaque brique, chaque moellon a son contour redessiné en noir par un trait sombre'. «Ceci n'était point nouveau et on trouverait des exemples de ces combinaisons dann bien des édifices du vi' siècle : mais maintenant elles sont devenues la rè^le,et il n'est pas rare que d'autres matériaux, comme le marbre, entrent dans ta composition du mur.

Fig. 102. — Saint-Marc de Venise. Façade.

Ce n'est pas tout. Sur les murailles, sur les ab.sides surtout, la brique dessine, pour le plaisir des yeux, mille compositions ornementales et charmantes '. Ce sont tantôt des arcades de brique à double ou triple voussure, s'arrondissant au-dessus du cintre des fenêtres, tantôt des arcades ou des corniches où les briques sont disposées en dents de scie. Dans les espaces demeures vides entre la courbe des arcades, ce sont des combinaisons diverses, où des cordons de dentelures alternent avec des briques formant des dessins géométriques. Chaque moellon enfin est encadré d'un simple ou double ran^ de briques. Parfois de larges bandes hori-

t, Choisy, 13.

3, Lampakis, Mémoire lar lei anliqaitéi chréliennet Je la Grèce, Alhéife?,

.i^ «cpmrv'i-? U„!^. o« énonciez comicbes de mariire, cor- '^it'z.X >i\ iL3er*T.'^ étvxf de U coDftructioD. mettent dans jS Je i^ Lf~.qi»> uae *orte d'onlonnanee ^nêrale. Quelquefois. le » MerbAci iiT îiircle . comme à l'église de Saint-Basile, à i::.'' ^.■^:'.- . la f^ience $e c^Mubine avec la brique. Parfois ^ dï:l^ (fu?Ique» rare» édifices, de^ appliques et des incrusla-

Fi)i. 303. — Absides des éi:lises du monaslère de Saint-Luc.

lion» de marbres polychromes remplacèrent le décor plus modeste des combinaisons de brique. C'était le cas, semble-t-il, à la Nea Moni île Chios bâtie par un empereur ; c'est le cas à Saint'Marc de Venise (ii^'. 202] : et peut-être quelques constructions impériales de l'époque des Comnènes iPantocrator, Chora] doivent-elles l'absence du décor en briques à ce qu'elles avaient celui, plus somptueux, des marbres.

Ailleurs, pour égayer la surface des murailles, ce sont des niches urtout à partir de l'époque des Comnènes) ou des arcades

ivcugles; c'est, au tambour, un décor pareil à celui des abside-s : ■l'sl, à l'iibside, une série d'arcades ajourées séparées par d" élégantes

Fig. 26i. — ConsUntinople. Kilissé-djami. Détail de la façade (fliol. Ebersoti).

(;ulonnettes ; et partout, ce sont de nombreuses fenêtres bilobéesou trilobées, rompant de leurs gracieuses arcaturcs la monotonie du parement ; de minces colonnettes en soutiennent les arcades ; des plaques de pierre percées de trous, dont le contour, échancrc eu lestons, retenait des disques de verre, les garnissent i^Kaint-Luc,

4'2fi LES MONUMENTS DE l'aRCHITECTUBB RELIGIEUSE

n pierre de taille, ou encore des corniches de marbre, correspondant aux différents étages de la construction, mettent dans ces jeux de la brique une sorte d'ordonnance générale. Quelquerois, comme à Merbaca (xii' siècle), comme à l'église de Saint-Basile, à Art», [xiii" siècle), la Taïence se combine avec ta brique. Parfois même dans quelques rares édifices, des appliques et des incrusla-

Fig. 203. — Absides des ù^ctises du monastère de Saïnt^Luc.

lions de marbres polychromes remplacèrent le décor plus modeste des combinaisons de brique. Celait le cas, semble-t-il, à la Nea Moni de Chios bàlie par un empereur ; c'est le cas à Saint-Marc de Venise (%. iO-l) ; et peul-êlre quelques constructions impériales de l'époque des Comnènes (Fanlocralor, Chora) doivent-elles l'abseoce du décor en briques à ce qu'elles avaient celui, plus somptueux, des marbres.

Ailleurs, pour égayer la surface des murailles, ce sont des niches creuses (sur^loul à partir de l'époque des Comnènes) ou des arcades

ugles; c'est, au tambour, un décor pareil à celui des absides : )t, à l'abside, une série d'arcades ajourées séparées par d'élégantes

Fig. I6i. — Constanlinople. RilUBë-djami. Dt-tail de la façade (Pliot. EbenoU).

L'ulonnetles ; et partout, ce .sont de nombreuses fenêtres bilobéesou trilobées, rompant de leurs gracieuses arcaturcs la monotonie du parement ; de minces colonnettes en soutiennent les arcades ; des plaques de pierre percées de trou:*, dont le contour, échancré en festons, retenait des disques de verre, les garnissent (Saint-Luc,

i'28 LES HOnUMENTS DE L'ARCHirBCTURB HBLIGIBUSE

Pe(ite Métropole d'Athènes) ; de belles dalles sculptées en forment les parapets. Les jambages enfin et les linteaux des portes sont en marbre blanc.

Ainsi l'extérieur des édifices s'égaie par les jeux multiples de la polychromie. En face des édifices civils, teh que Tekfour-Seraï ou

Fig. 30&. — Parapet du dàiae de Turcello.

la maison de Melnic, les absides de Saint-Luc (fig. 203), de Saint- Nicodème d'Athènes, de Kilissé-djami, oiïrent, au xt' siècle, des exemples pittoresques de cette riche décoration ornementale. Salzenberg a cru remarquer que ce genre de décor disparait, au moins à Gonstantinople, dans les constructions de l'époque des Comnènes {Panlocrator, Kahrié-djami). Si celte observation est exacle, elle ne l'est que partiellement. Les églises de Grèce du xti° siècle (Nauplie. Merbaca) conservent des exemples charmants de cette décoration polychrome; et elle subsiste nierveilleusemenl riche, au xiv* siècle, à l'abside des Saints-Apôtres à Salonique, à celle de Fetijé-djami, et dans plusieurs églises de Macédoine et de Grèce (Arta, etc.). La Jéciyralion sculptée. — Parapets et chapiteaux '. — Ladécora-

I. CaUViaec., L'architecture tn Italie da VI- au XI- tiicle. Venise, IK9t, H. von der Gabelenli, liiltelatlertiche Platlik in Venedig, Leipzig. 1901: BrockhauR, Die Kunat l'n den AChos-KIâtlern, I^ipzii;. 1891 : Salzenherg. Pul-

jrher, loc. cil.

LA DBCOBATION SCULPTÉS ' 429

(ion sculptée n'est pas moins soignée. Elle est représentée d'abord par ces parapets sculptés qui garnissent les fenêtres ou fonneul des clôtures, et que l'on trouve encore en place à la Kilissé-djami (11^,204), à Saint-Luc, à Torcello, à Kief, à Saint-Marc, ou réemployés dans la phiale de Lavra à l'Athos et sur les murailles de la

Fi;.'. ÏOS. — Parapet de la phiale de Lavra (Coll. Haute* Études, C. 139^.

Petite Métropole d'Athènes. D'assez nombreux motifs sont empruntés à cette décoration îoomorphique et végétale, fort inspirée de l'Orient, que les iconoclastes avaient mi^e en honneur. Ce sont tantôt, comme à Skripou, des animaux fantastiques, courant dans des cercles au milieu de feuillages, tantôt des lions, des griffons ou des paons aiîrontés (Torcello, fig. 205), des fauves déchirant des cerfs [Saint-Luc), des aigles héraldiques, ou encore des oiseaux parmi des bordures de feuilles d'acanthe. Mais, à partir de laBndu x" siècle, cette décoration disparait. Les motifs géométriques, entrelacs de rercle.s et de losanges, qui, au ix" et au \* siècle, se mêlaient déjà aux figures d'animaux, reprennent, comme au V et au vi" siècle, une place prépondérante, exclusive ^fig. 206-207). Dans ces cercles ou ces losanges sont inscrits des rosaces, des étoiles, des fleurons, des boutons saillants ou des croix, tandis que des entrelacs capricieux se déroulent autour du motif central et te relient aux angles, qu'oc-

430 LES HONUNRMTS DE l'aRCHITECTIISB REUlilBUSB

ciipenl des Heurons ou des étoiles. Les plus anciens exemples de ces parapets caractéristiques se rencnntrentà Saînt-Lucet à KilisM>> djami : d'autres plaques du même style, plus fortement orientali>Lencore, se trouvent à Mélégob en Cappadoce : elles proviennent d'un prétendu u trône de Jean Tzimiscès» et datent peut-être du x" siècle' ; elles sont, en tout cas, fort remarquables ; mais les plus belles, par l<i complexité du dessin et la finessede rexéculion, sont celles de Saint-

Fig. S07. — Parapet de la phialc de I-avia (Coll. Hautes Ëludea, C. U:» .

Marc de Venise, à la lin du xi° siècle. Souvent ces parapets, au lieu d'être en marbre, sont faits d'une pierre translucide appelée pken- (filès (Sainl-Luc, Petite Métropole d'Athènes).

La même composition savante des parapets s'applique, au xi' siècle, aux faces fuyantes du chapiteau-imposte : sa masse cubique se couvre d'une fine broderie de feuillages stylisés, de rinceaux de vigne, d'entrelacs géométriques, au milieu desquels se détachent des croix ou des cabochons. Certains sont décorés de grappo de vigne (Kilissé-djami), d'autres de figures d'anges ou de séraphins occupant les quatre faces ^Kahrié-djami) ou les angles (Atik- Mustapha, Hg. 208) du chapiteau. Knfin, à côté des formes ancienoe^ qui persistent, apparaissent des chapiteaux de dessin plus simple, en tronc de pyramide renversé, lonf^s, étroits et de hauteur médiocre, marqués soit d'une simple croix, soit d'étoiles, soit de motifs végétaux traités assez sèchement.

I. Boll, Kleinaiialiicke DenkmSUr, Leipr.ip, 19UB, p. îHïsqq.

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