Pulgher, Gurlitt, Ebersolt, loc. cit
2. Slrzyp^owski, Kleinasien^ 156 ; Ramsay-Bell, loc. cit., 404 sqq.
3. Brockhaus, Die Kunst in den Athos-Klôstern ; Millet, Recherches an Monl- Athos (BCH, XXIX, 190')) ; Kondakof, Monuments de Inrf chrétien à l'Athos, Pét^rsbourg. 1902 (russe .
LE GROUPE DES EGLISES A TROMPES d' ANGLE 435
dernier anneau de la chaîne qui relie la basilique à coupole à Téglise à croix grecque, et par là il mérite une place dans l'histoire de Tarchitecture byzantine. Le catholicon de Lavra, terminé vers 1004, servit de modèle aux églises d'Iviron et de Vatopédi. On rattacherait volontiers au même groupe, en la datant du xi* siècle, Téglise d'Eski-Séraî à Salonique, avec son sanctuaire triconque, ses formes un peu empâtées, son haut tambour polygonal décoré d'étroites arcades aveugles et soutenu par quatre contreforts placés aux angles du carré : les façades, dans les parties visibles, sont décorées au moyen de jeux de briques.
Le groupe des églises à trompes ({"angle*. — Du xi* siècle datent avec précision toute une série d'églises à trompes d'angle, Saint- Luc (commencement xi* siècle), Saint-Nicodème d'Athènes (antérieure 1044), Nea Moni de Chios (milieu du xi" siècle), Daphni (^(in du XI* siècle). On a dit déjà les traits caractéristiques de cette série : la coupole assez large de diamètre, portée sur un tambour à seize pans, que renforcent encore à Daphni seize contreforts demi-circulaires, et offrant en conséquence un aspect déprimé et trapu ; le progrès que marque la Nea Moni par la multiplication des coupoles et l'arrangement plus savant des combinaisons d'équilibre ; la décoration assez riche (sauf à Daphni) des façades extérieures. On suit bien, dans ce groupe à part, l'évolution et les progrès de la construction byzantine au xi^ siècle.
Le XP siècle. — A côté de la grande église de Saint-Luc, la petite ét^lise de la Theotokos, par l'élégance de ses proportions, par sa svelte coupole, au tambour octogone, que soutiennent quatre minces colonnes de granit, par l'ingénieuse fantaisie de sa décoration extérieure, par le souple profil de ses toitures dessinant les lignes de la construction, réalise excellemment le type classique de l'église à pendentifs. Il semble bien qu'elle soit postérieure à sa massive voisine : on la mettrait volontiers à une date un peu antérieure à la Kilissé-Djami de Constantinople : toutes deux sont pour la deuxième moitié du xi* siècle de bons exemplaires du type classique de Téglise à croix grecque ' .
1. Couchaud, Choix d'églises byzantines en Grèce, Paris, 18i2 (Sainl-Nico- (li»me, pi. 11-13) ; Diehl, VÉglise' et les mosaïques du couvent de Saint-Luc, Paris, 1889; SchuUz et Barnsley. The monastery of Sainl-Luke of Stiris in P/io fa'», Londres, 1901 ; Sinyf^owski, Nea Moni au}' Chios (BZ., V, 1896, ; Millet, Le monastère de Daphni, Paris, 1899.
2. Diehl, Schultz et Barnsley, loc. cit. ; Salzenberg, Pulgher, Gurlitt, Ebersolt, loc. cit.
436 LES MONUMENTS DE L ARCHITECTUBB REUGIBUSB
L'époque des Comnènet. — Avec la fin du xi» siècle, s'ouvre l'époque des Cnranènes. [I y faut mettre à part tout d'abord deux édifices, l'église de la PaiiachrantoB (Fenari-lssa-Mesdjid), rormi'e de deux édilices accolés, dont l'un, celui du sud, semble dater de la fin du XI» siècle, et l'église de Chora (Kahrîé-Djami) reconstruite nu commencement du xit* siècle par la belle-mère d'Alexis Comnène'
(lig. 345). Quatre robustes piliers en soutiennent la coupole, el l'espace carré qu'ils entourent se rattache presque directement à l'abside ; sur les trois autres côtés du carré s'élèvent des nefs latérales, plus basses, voûtées en berceau. Dans ce pian caractéristique, Wulff retrouve Justement le souvenir des basiliques à coupole et la tradition de Sainte-Sophie de Salonique ou de l'église de la Dormi tion à Nicée * : preuve remarquable de la variété des recherches auxquelles se complaisaient les architectes byzantins de ce temps.
Le Pantocralor. — La triple église du Pantocrator (Zeirek-
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Djami) construite vers 1124 par Irène, femme de l'empereur Jean Comnène, est le représentant caractéristique du plan à croix grecque au XII® siècle * (fig. 209). Les deux édifioes qui, au nord et au sud, enserrent la chapelle où était enterré l'empereur Manuel Comnène, offrent la même disposition : une coupole centrale, de diamètre assez considérable, posée sur quatre grands arcs que portent quatre colonnes ^. Dans Téglise du nord, quatre calottes hémisphériques couvrent les angles du carré ; la même disposition se répète dans Téglise du sud, où une haute coupole couronne en outre la travée centrale du narthex ; deux coupoles enfin, la seconde elliptique, surmontent la chapelle funéraire de Manuel Comnène. Ces diverses coupoles sont portées sur des tambours polygonaux 'seize pans pour la grande coupole de l'église sud) de hauteur variable, mais en général assez élancés, s'achevant par des lignes droites sur lesquelles posent les toitures de la coupole ; dans les pans s'ouvrent de grandes fenêtres, séparées par des colonnettes appliquées aux arêtes du tambour. Chaque église s'achève par trois absides saillantes ; les absides principales sont à sept pans. A l'église du sud et à la chapelle, ces absides sont décorées de deux étages de niches creuses étroites et longues, semblables à celles qui ornent les absides de Gul-Djami. A l'église du nord, l'abside centrale s'ouvre par une élégante fenêtre trilobée. Les lignes extérieures de la construction, très accusées, se marquent par des frontons courbes correspondant aux voûtes des berceaux. L*intérieur, très dégagé; grâce aux colonnes qui soutiennent les grands arcs, grâce a la sveltesse des hautes arcades qui relient ces colonnes aux murs latéraux, grâce à l'élévation de la coupole, est d'un fort heureux effet. Des hémicycles ménagés aux côtés de la grande abside donnent à celle-ci une forme des plus élégantes. Jadis, une riche décoration de marbre, dont il reste quelques parties, revêtait les murailles ; un beau pavement, où les marbres et les porphyres se mêlent aux torsades de mosaïques, recouvre encore partiellement le sol ; on y voit aussi des figures représentant les exploits d'Hercule. Malgré la magnificence de cette parure, l'édifice luimême est entièrement bâti en briques.