‹ Manuel d'art byzantin (volume 2)Chapitre 19 sur 370 · Heisenberg, Die GruheskiTche in Jérusalem^ Leipzig · texte numérisé non relu

Heisenberg, Die GruheskiTche in Jérusalem^ Leipzig

34 LES OflIGINBS

ser l'archilecture chrétienne de Syrie, ai une rare bonne fortune n'avait conservé une incomparable série de constructions, élevées pour la plupart précisément dans le voisinage d'Antioche, et probablement sous l'influence artistique de cette grande cité '.

A l'est de celle ville, dans la Syrie du Nord, et plus au sud, dans

le district du Hauran, les découvertesde M. de Vogué (1860-1861). complétées par les recherches plus récentes des expéditions russe

t. VogtJé, Syrie centrale, Architectarecivile tt religitu*e,du I"aa VU' nécle, Paris, 1865-1 Bn ; Ouspcnski, MoixamenU archèologiqaet di Syrie (en russe] (JJR, t. 7 (1902): Kondakof, Voyage archéologique en Syrie et Paleili'ne, Pétersbournr, 1901 (russe) ; H. C, Butler, American arckxotogical expeditionto Syria.t. II. Archileclare and olher arh.New-YoTii. 1903; H. C. Butler, Prîncefon Univeraily Archxotogical expédition to Syria, division 11: Ancien! «rchiteetur in Syria, Leyde, 1908.

et américaine, ont fait connaître toute une suite de villes mortes, « dont la vue transporte le voyageur au milieu d'une civilisation perdue et lui en révèle pour ainsi dire tous les secrets ». L'impression qu'on y éprouve est « analogue à celle que Ton éprouve à Pompeî, mais plus nouvelle. En effet, toutes ces cités, qui sont au nombre de cent sur un espace de trente ou quarante lieues, forment un ensemble où tout se lie, s'enchaîne, appartient au même style, au même système, à la même époque enfin, et celte époque est Tépoque chrétienne primitive, celle qui s'étend du iv^ au vn^ siècle de notre ère * ». Dans ces villes, brusquement abandonnées au vii*^ siècle par leurs habitants, fuyant devant l'invasion perse ou arabe, les édifices, protégés par le désert qui les environne, et seulement ébranlés par les accidents naturels, sont, sur beaucoup de points, demeurés merveilleusement intacts ^. Et dans ces magnifiques constructions, édifiées avec un soin minutieux en matériaux de qualité admirable, toute la société chrétienne de Syrie revit à nos yeux, avec sa prodigieuse richesse, ses goûts de luxe, ses préoccupations religieuses ou charitables, ses sentiments coutumiers, et la magnificence de ses bâtiments. On trouve là des maisons, des villas, des hôtelleries, des cloîtres, surtout des églises, dont beaucoup, datées d'une manière précise, jettent un jour singulier sur l'évolution de l'architecture du iv^ au vi** siècle dans ces régions. Assurément — et ceci doit être remarqué — pour l'histoire propre de l'art byzantin, ces ouvrages syriens n'ont point, on le verra, une importance capitale, et ils diffèrent profondément par certains points des monuments caractéristiques de cet art. Mais on y trouve du moins, de même que dans le style' byzantin, une combinaison des éléments helléniques et des vieilles traditions orientales ; et par là, outre l'intérêt considérable qu'ils offrent par eux-mêmes, ces monuments prennent une singulière valeur, par tout ce qu'ils nous apprennent indirectement sur les origines et la formation de l'art byzantin.

Les basiliques, — La plupart des églises syriennes sont des basiliques, généralement à trois nefs (une seule, celle de Soueida, en a cinq), et terminées par trois absides. Elles offrent d'ordinaire la forme d'un rectangle parfait ; tantôt, en effet, elles s'achèvent par un

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