LES TYPES
yeux en amande, têtes tournées de trois quarts, longs cheveux noirs tombant sur les épaules, que rien n'annonce dans Fart du vi*^ siècle, et qui apparaissent, de plus en plus accentués, à partir du commencement du XI*' siècle. Il semble que les artistes byzantins aient abandonné en partie l'imitation des modèles antiques pour regarder autour d'eux et faire, dans un esprit tout réaliste, de véritables portraits inspirés du monde cosmopolite et bigarré où ils vivaient' . Et aussi bien un souci se manifeste d'individualiser les visages, de donner des traits précis aux figures idéales. On a vu quel caractère de gravité et de sévérité l'art du ix® siècle attribue au Christ Pantocrator * ; la Vierge pareillement, vers la même époque, prend des traits secs, austères et vieillis, et l'aspect imposant d'une matrone -'. Le type du Prodrome se f\xe^ avec les mèches de ses cheveux et sa barbe broussailleuse. La typologie des apôtres est presque arrêtée au x^ siècle, et on peut les identifier presque à coup sûr* (fig. 228j. Si le type des prophètes reste encore plus flottant, certains pourtant d'entre eux, comme David et Salomon, prennent des traits caractéristiques, le premier en particulier avec sa courte barbe blanche et ses cheveux sur la nuque. Certains grands docteurs de l'Église ne sont pas moins aisément reconnaissables : et si la foule des martyrs et des saints se différencie surtout, comme au vi*' siècle, par la différence de Tâge (fig. 229), certains d'entre eux pourtant se distinguent par des traits individuels, et en particulier certains moines, contemporains ou à peu près de l'artiste, sont figurés avec une frappante vérité, qui n'a plus rien du type conventionnel ^. Ici aussi, comme dans les compositions, on sent un effort de création tout à fait remarquable.
Caractère de Viconographie nouvelle. — Ainsi un grand mouvement iconographique accompagne la renaissance du ix^' siècle : en même temps qu'un choix se fait entre les épisodes sacrés, les traits essentiels de chacune des compositions choisies se fixent à peu près définitivement, et des types traditionnels se constituent pour ces scènes vénérées et pour ces figures sacrées. Sans