LES MOSAÏQUES DE LA FIN DU XI^ SIÈCLE
et le rang supérieur des murs du pourtouront gardé leurs mosaïques anciennes représentant le cycle des grandes fêtes (fîg. 245), les miracles du Christ et, près du sanctuaire, la vie de saint Marc. Toutes ces compositions appartiennent à l'ensemble exécuté entre 1071 et 1094 par les artistes byzantins, et constituent la partie la plus intéressante de la décoration. Mais Tabside, en revanche, a été refaite complètement, les coupoles latérales ont reçu leurs mosaïques à une date plus récente, et dans les nefs latérales, à part quelques beaux panneaux anciens représentant le Christ, la Vierge, des prophètes, les restaurations ont tout envahi. La chapelle Saint-Isidore date du xiv® siècle, la chapelle des Mascoli du XV®, la sacristie du xvi®, la grande masse de la décoration du xvii*^ et du xviii® siècle.
Enfin les mosaïques du Baptistère, dont une portion a été refaite, remontent, pour Tessentiel, au xiv*' siècle. Elles représentent les épisodes de la vie de saint Jean-Baptiste.
Ainsi Tœuvre des mosaïstes grecs et des élèves qu'ils formèrent comprend trois groupes distincts : Tun, le plus important, remonte à la fin du xi® siècle ; un autre est du xiii^, un autre du xiv®. Il en faut étudier brièvement l'ordonnance générale, et le style.
Les mosaïques de la fin du X/® siècle. — La répartition des compositions du premier groupe s'inspire, dans ses lignes essentielles, des principes qu'avaient fixés les théologiens byzantins. Les coupoles montrant l'Église du Christ annoncée par les prophètes, triomphant par le Sauveur montant au ciel, révélée au monde par les apôtres; la Madone trônant àTabside ; le cycle des grandes fêtes se déroulant sur les voûtes de l'église; les miracles du Christ et les épisodes de la légende de la Vierge complétant la décoration, mais, de parti pris, séparés des grandes fêtes : tout cela est strictement conforme à l'ordonnance que nous connaissons bien. Sans doute,''par certains traits, cet art apparaît un peu moins novateur^que celui des mosaïques orientales du même temps. Certaines survivances de la tradition du vi® siècle se mêlent à l'iconographie nouvelle. Les martyrs, protecteurs de l'église, gardent, comme à Ravenne et à Parenzo, leur place dans le sanctuaire ; des ligures allégoriques (vertus et béatitudes de la coupole centrale), des personnifications (fleuves du Paradis), des images symboliques (agneau, symboles des évangélistes) rappellent les motifs empruntés par le christianisme à l'art alexandrin. Et par ailleurs, on sent la part faite aux habitudes occidentales ; les inscriptions grecques sont rares dans