CHAPELLE PALATINE
virtuosilé, et elle est arabe encore par son admirable plafond de bois qui retombe en Ktalactitea et que décorent de délicates peintures persanes ; et enfin, par les mosaïques éblouissantes qui couvrent ses parois et ses voûtes et l'illuminent du prestigieux rayonnement de leurs fonda d'or, elle ef.i purement byzantine.
Fig. 351. — La Nativité. Mosaïqurs de la Chapelle Palatine A Palcrme.
Pourtant les restaurations postérieures ont partiellement altéré ce bel ensemble. Dès le xiv* BJèclo, les rois aragonais ont, sur le mur occidental en particulier, substitué des mosaïques nouvelles à la décoration primitive. Le xvi' et le xvnt^ siècle ont remis à neuf la décoration de l'abside de gauche et de la grande abside. Kn 1798 enfin, on a détruit une partie des mosaïques qui décoraient le mur
nord du sanctuaire. Néanmoins, et sans oublier non plus que les mosaïques des nefs, achevées sous Guillaume I (1154-1166), sont d'une main différente, il demeure aisé de saisir Tordonnance générale de cette vaste décoration, et de constater combien elle est exactement conforme aux idées liturgiques de Téglise grecque et à Part des maîtres bvzantins.
Au sommet de la coupole, selon l'usage, le Chrfst Pantocrator, en buste, occupe le médaillon central. Autour de lui, huit archanges aux ailes éployées, aux vêtements constellés d'or, font au roi du ciel une garde d'honneur. Plus bas, quatre évangélistes placés dans les trompes d'angle, et quatre prophètes figurés debout, David, Salomon, Zacharie et saint Jean-Baptiste, annoncent la venue du Fils de Dieu et proclament sa gloire, tandis qu'au-dessous d'eux, d'autres prophètes, représentés en buste, complètent la divine démonstration (fig. 252). A l'abside, le Christ en buste, colossal, garde sa place traditionnelle au sommet de la conque, et au-dessous de lui, la Madone entre des saints occupe la courbe de Thémicycle, tandis qu'au sommet de l'arcade, les archanges Gabriel et Michel s'inclinent devant le médaillon oii s'inscrit la composition mystique de l'Hétimasie. Comme à la Martorana, l'Annonciation fait pendant à la Présentation sur les faces orientale et occidentale du carré central et plus bas enfin, sur les parois latérales du sanctuaire, le cycle des fêtes chrétiennes se développe en de nombreuses compositions (fig. 253). Dans la partie droite du chœur, ce sont les épisodes qui vont depuis la Nativité jusqu'aux Rameaux, parmi lesquels la Fuite en Egypte et l'Entrée à Jérusalem attestent, avec une rare habileté technique, un art savant de la draperie et un réel talent de composition. Dans la partie de gauche prenaient place sans doute les scènes de la Passion, dont il ne reste plus aucune trace ; et le cycle s'achève, dans les deux voûtes qui couronnent les branches nord et sud du sanctuaire, par l'Ascension et la Pentecôte.
A quelques exceptions près, toutes ces mosaïques sont accompagnées d'inscriptions en langue grecque, et cela seul suffirait à attester leur origine nettement byzantine, quand bien même par ailleurs, par les qualités de l'exécution, par l'art de la composition, par l'éclat du coloris, par le sentiment et la recherche du détail pittoresque et souvent réaliste, elles ne montreraient point leur étroite parenté avec les œuvres propres de l'art byzantin. Il n'en va plus de même quand on considère les mosaïques des nefs. Sans doute elles sont en un étroit rapportavec l'ordonnance générale de