BETHLÉEM
composilions évangéliques comme les épisodes de TAncien Testament se conforment, dans Tarrangement des scènes, aux règles de riconographie orientale ; mais la technique offre de frappantes analogies avec les mosaïques des nefs de la Palatine; comme elles, elles sont Toeuvre d'ouvriers indigènes, formés à Técole des maîtres grecs, mais infiniment moins habiles.
Aux merveilles de Tart religieux, les rois normands avaient ajouté, aussi bien au château royal de Palerme que dans leurs maisons de plaisance, les splendeurs de la décoration profane. Malheureusement fort peu de chose en a survécu. Il suffira de rappeler les mosaïques qui, dans la chambre du roi Roger au palais ou sous les voûtes à stalactites de la Zisa, représentent des archers et des centaures, des lions, des grifFons et des paons affrontés, tout un décor nettement byzantin, œuvre de la même école qui décora si magnifiquement les murailles de la Chapelle palatine. Et ainsi la Sicile normande, en même temps que, dans les mosaïques de ses églises, elle nous montre en son plein développement le nouveau style by/.antin, nous laisse entrevoir, par le décor de ses palais, quelque chose de cette peinture profane dont se paraient à Constantinople les résidences des empereurs.
Bethléem *. — A Bethléem, dans la basilique de la Nativité, construite probablement par Constantin, il subsiste quelques fragments, assez mutilés, d'une importante décoration en mosaïque. Une inscription en langue grecque, placée dans le chœur, rapporte qu'elle fut exécutée en 1169 par le mosaïste Ephrem, sous le règne du roi Amaury de Jérusalem, par Tordre de l'empereur Manuel Comnène. On a supposéque l'artiste byzantin se borna, en fait, à restaurer des mosaïques plus anciennes ', et il est incontestable en effet qu'une partie de la décoration rappelle, par ses architectures, les motifs que l'on trouve au y^ siècle à Saint-Georges de Salonique et au baptistère orthodoxe de Ravenne. Il serait par ailleurs assez surprenant, si la basilique était, comme il semble certain, ornée de mosaïques sur sa façade extérieure dès avant le vu® siècle, qu'elle n'en eût point à l'intérieur pareillement. On remarquera toutefois, d'une part, que la représentation des sept conciles (jccuméniques nous reporte, au plus tôt, au commencement du ix® siècle, c'est-à-dire en un temps où l'on conçoit mal l'exécution d'une
1. De Vogué, Z,e» églises de Terre-Sainte y Paris, 1860 ; Germer-Durand, Décoration efe la basilique de Bethléem [Échos de Notre-Dame de France, 1891).