‹ Manuel d'art byzantin (volume 2)Chapitre 243 sur 370 · LA TENDANCE MONASTIQUE · texte numérisé non relu

LA TENDANCE MONASTIQUE

Méthode pour leur étude, — Les observations qui viennent d'être faites n'enlèvent rien toutefois à la valeur de la méthode que Kondakof a justement recommandée pour Tétude des manuscrits illustrés, et d'après laquelle il faut les classer par groupes naturels, selon les matières qu^ils traitent, en rapprochant les manuscrits que le hasard a dispersés à travers les bibliothèques d'Europe, en se souvenant toujours que ces manuscrits sont nés dans les mêmes conditions et sous les mêmes influences. La miniature, à Tépoque byzantine, n'est point, en effet, un passe-temps frivole : l'artiste qui illustre un livre religieux fait œuvre d'édification. Aussi y a-t-il en général un rapport étroit entre la peinture et le texte, et la miniature demeure fréquemment incompréhensible, si l'on ne consulte point le passage qu'elle accompagne et qui l'explique. « Souvent, dit Kondakof, le sujet de la miniature a dû être indiqué à l'artiste par un théologien ^ » Il importe de ne jamais perdre de vue ce lien naturel qui unit le texte et l'image : autrement, celle-ci perd toute sa signification iconographique. L*un des intérêts principaux qu'offrent beaucoup de miniatures, c'est la façon dont elles interprètent \e^ idées théologiques et liturgiques du temps ; et d'une façon plus générale^ par tout ce qu'elles apprennent sur les tendances de l'époque, sur la vie publique et monastique, elles « offrent, selon le mot de Kondakof, une mine historique inépuisable ^ ».

CARACTÈRES GENERAUX DE l' ILLUSTRATION DES MANUSCRITS

On a caractérisé déjà les tendances générales qui marquent la Renaissance macédonienne. Il suffira de quelques exemples pris dans les manuscrits illustrés, pour les défmir encore plus précisément.

La, tendance monastique, — Au lendemain de la querelle des Images, le triomphe éclatant de l'orthodoxie produisit, vers le milieu du ix'' siècle, un grand mouvement d'art théologique et monastique. De ce mouvement sortit, on Ta vu, l'illustration du Psautier à vignettes marginales, dont le Psautier Chjoudof est le plus ancien exemplaire connu, œuvre puissamment pénétrée de l'influence théologique et monastique, mais toute populaire, pleine d'une verve réaliste, familière et savoureuse. De là naquit aussi l'illustration du Phy-

t. Kondakof, loc. cil,^ I, 33.

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