LA BÉPACTION LITTÉRAIRE ET PROFANE
breux spectres d'Hécate, l'art des sacrifices pratiqués par les mages et la science de l'avenir fondée sur la dissection des victimes? Nous n'avons pas non plus de mystères d'Orphée... nous ne connaissons pas les infortunes d'Isis, ni les boucs vénérés de Mendé en Kg-ypte, ni rétable d'Apis, c'est-à-dire d'un bœuf, débordante de luxe par la sottise des habitants de Mempbis'. n
Ici encore chaque allusion du texte a donné naissance à une miniature. Le manuscril de Jérusalem et le Coislin 239 représentent, dans toute une série de scènes, la lég'ende de Pétops et d'Oenomaos
(lig^. 287^, celle d'Artémis et d'Actéon (fig. 288), celle de Chiron et d'Achille (fig. 289), l'histoire de Gygès et l'histoire de Midas, Bellérophon et la Chimère, Alphée el Aréthuse, Kronos et Rhéa, Zeus el Sémèlè, les corybanles agitant leurs cymbales autour du berceau de Zeus el la naissance d'Athèna. le bouc de Mendé et le chêne de Dodone, etles Égyptiens adorant des idoles dressées sur des colonnes [lig. 290), etc. On saisit même parfois sur le vif, dans certaines de ces compositions, la façon dont, sous l'influence by/antine, se transformaient les thèmes antiques. Dans le Grégoire deNa^ianzedeSainl- Pantéiéinion à l'Athos, Zeus apparaît costuméen basileus {fig. 291), et les déesses, debout sur leurs colonnes, sont vêtues comme des patriciennes (fig, 292).
Il est évident qu'une telle illustration, toute pleine de thèmes profanes, suppose un prototype assez dilTérenl du modèle dont s'inspira l'édition de Basile I ; en face de la l'édaction Ihéologique, il y a dans celte série de miniatures des (races certaines d'une autre rédaction, érudite et littéraire, il n'est point impossible d'en retrou-
I. J'ai empininlé pour ce passa)^ la Irnduclioii de BnrdJL'r, toc. cil., p. 2L1-
i HONUKUNTS DK LA PEINTURE. LES MtNIATUBKS
ver l'origine. Au vi" siècle, des com m en tuteurs savants, comnio Nonnos, avaient abondamment expliqué tes passages cités plus haut de Grégoire de Nazlanze : de leurs explications, que reproduit le maiiuscHt de Jérusalem, naquirent les miniatures qui illustrent le texte. A l'édilioa Ihéologique, dont s'inspira larlisle de Basile [. s'opposa une édition classique, dont les manuscrits que nous venons d'étudier nous ont gardé quelques éléments.
.Ainsi les mêmes tendances contraires que nous avons constatée:-
I É(C)'ptiens adorant les idoles. Miniature du manuscrit de Grégoire de Naiianzc (Jérusalem).
dans l'illuslration du Psautier se relrouvent dans l'illustration de Grégoire de Nazianze. Mais, ce qui est remarquable, c'est qu'ailleurs encore cette peinture profane lient une grande place. Dans le sermon attribué à Jean Damascène que renferme un manuscrit de Jérusalem, les mêmes scènes rustiques ou mythologiques se mêlent curieusement aux épisodes de la Nativité. Et c'est là aussi bien un trait caractéristique de l'époque. Sur toute une série de coffrets d'ivoire se rencontrent les mêmes motifs mythologiques et profant-^ que l'on observe dans les manuscrits d'Oppien ou de Grégoire de Nazianze'. Dans cet art chrétien du second âge d'or, tout imprégiud'esprit antique, passe toujours un grand souille classique et païen. Les portraits. — Mais ce n'est pas tout. Au goût des modèle>
1. Cf. Graeven, Ein Reliquienhltilchett sni Pirano (JKS., XX;, Vienne
LES MRTRAITS
antiques les'^einlres de i'époque macédonienne joignaient — on l'a vu déjà en. étudiant les mosaïques — le sens de l'observation, l'amour du détail réaliste et vivant. Les portraits abondent dans les miniatures de
- Uivinitfa païennes. Ministurc Ju Grcgoh-' iL-f anlilùiraon (Coll . HauUs-Éludes, B . 73
l'époque, souvent traités avec vigueur et avec un remarquable accent de vérité. On en trouve de fort beaux dans le m^inuscnl d'extraits de saint Jean Chrysostomcque possède la Ribliothèque Nationale {Cois~ lin 79) et qui fut exécuté, à la fin du si' siècle, pour l'empereur Nicéphore Bolaniate'. Le souverain y est quatre fois représenté, t.intôl avec l'impératrice, tanlôl parmi les grands dipnilaires de la