L*INDUSTRIE DES TISSUS AU X® SIECLE
Les ateliers. — L*industrie des tissus, si florissante entre le v^ et le viii^ siècle, s'était développée encore à Tépoque du second âge d'or *. Sans doute la conquête par les Arabes de TÉgypte et de la Syrie avait sinon fait disparaître (au x* siècle encore la Syrie importait des étoffes à Byzance), du moins transformé les manufactures, célèbres jadis, de ces régions. Mais d'autres ateliers avaient pris leur place. Dans la seconde moitié du ix" siècle, Tamie de l'empereur Basile, Daniélis de Patras, possédait, dans ses immenses domaines du Péloponnèse, des ateliers où Ton fabriquait de magnifiques étoffes de pourpre ((revBatc), de fines toiles de lin (XivojxaXo- Tctpia), d'admirables tapis de prière : à Tépoque des Comnènes, les fabriques de soieries de Corinthe et de Thèbes étaient renommées ju.squ'en Occident. Mais les manufactures de Constantinople surtout étaient illustres, et la législation très minutieuse, qui réglementait au x^ siècle la fabrication et le commerce des étoffes précieuses, montre suflisamment quelle était l'activité de ces ateliers.
Les produits de la fabrication, — Les plus célèbres d'entre eux étaient les ateliers impériaux, placés sous la haute direction du fonctionnaire nommé Vidikos^ et où se fabriquaient, sous le régime du monopole, et pour l'usage exclusif de la cour, certains tissus plus précieux que les autres, pièces de soie de grand modèle teintes de pourpre rouge foncé ou violette (olin xoà icopçpupaépia fieyoXôCTjXa!,
1. Fr. Michel, Recherches sur le commerce et la fabrication des étoffes de soie^ d'or et d'argent pendant le moyen àge^ Paris, 1852; Cahier et Martin, Mélanges d'archéologie, V* série, t. Il et III, Paris, 1853, et surtout les ouvrages de Lessing et de Migeon, cités p. 217.