‹ Manuel d'art byzantin (volume 2)Chapitre 27 sur 370 · Vogbà, l. r.. pi · texte numérisé non relu

Vogbà, l. r.. pi

croix (Refadi *). Ce sont encore les fenêtres à double ou triple arcade que séparent de minces colonnettes (Qennaouat ^). C'est surtout la merveilleuse floraison de sculptures qui couvre d'arabesques, d'entrelacs, de fleurons, de rosaces, de feuillages et d'animaux tous les membres de l'édifice, avec une variété, une élégance, une splendeur sans égales.

On en peut suivre la richesse croissante et l'évolution dans le sens de rOrient sur toute une série de monuments datés. C'est, par exemple, le portail de Etabiska^ ("^^O» ^^ ^"^ bande d'acanthe de stvle tout classique est comprise entre deux bandes d'enroulements et de tresses qu rappellent curieusement le travail de la vannerie. C'est ensuite le linteau de Déir-Séta* (412), où les motifs géométriques tiennent une place essentielle. Mais c'est surtout au vi** siècle que l'évolution est nettement caractérisée. A Qalb-Louzé, à Saint- Syméon, les formes sinueuses remplacent de plus en plus les lignes droites. Les. moulures suivent comme un feston la ligne courbe des arcades pour se recourber à l'extrémité en spirales très caractéristiques de l'art syrien. Les profils classiques disparaissent : la corniche cintrée égyptienne, le tore saillant^ deux motifs orientaux employés déjà depuis la fin du iv<^ siècle, sont l'objet d'une singulière prédilection. Et sans doute il subsiste des éléments antiques, tels que les pilastres ornementaux appliqués sur les façades, la superposition des ordres dans le décor des absides (fig. 14), les consoles placées sous les corniches et l'ornementation finement traitée des acanthes et des rangs de perles : tout cela se rencontre dans les façades de Saint-Syméon (fig. 15) ou de Qalb-Louzé. Malgré cela, rimpression d'ensemble ne garde plus rien de l'art classique.

Le même mélange d'hellénisme et d'Orient, où l'Orient, à mesure que le temps marche, prend une place prépondérante, s'observe dans tous les monuments provenant de Syrie ou de Palestine, et on y remarque de même l'emploi de la technique nouvelle, qui donne à la décoration sculptée un caractère inattendu.

Voici par exemple les sculptures constantiniennes, que Strzygowski a reconnues à Jérusalem dans la façade du Saint-Sépulcre'*. Dans ces corniches où l'acanthe alterne avec d'élégantes palmettes

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