‹ Manuel d'art byzantin (volume 2)Chapitre 284 sur 370 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

L ORFEVRERIE — LE» EMAUX — LA \-ERBEHIE

ECClislASTIUUB 631^

L'une représente une croix gemmée, d'un bel elTet décoratif ; sur l'autre, l'ange annonce aux Saintes Femmes que le Christ estressuscilé (fig. 323). On attribue généralement cet ouvrage au x" siècle : le style pourtant, qui est médiocre, et l'allongement un peu grêle des figures feraient penser plus volontiers au xii". De la même époque datent sans doute deux reliures de la Marcienne, en argent repoussé et doré, où, autour de la Crucifixion el de l'Anastasis occupant le centre des plats, on voit disposés, sur l'une, des bustes d'anges et de saints, sur l'autre, les douze grandes fêtes, dont la représentation conserve encore un certain st^'Ie et même un certain sentiment dramatique. On exécutait également en argent repoussé et doré des reliquaires ou staurolhèf/aes , comme celle que conserve la collégiale d'Alba Fucense (xi" siècle), et des icônes, comme la grande image de l'archange (iabriel, que possédait le couvent de Djouniati en Géorgie

,,.• siècle). La pièce 1. plus ^..^ ,„ ,,;„,. j ,,„,„,. p|,,„, remarquable pourtant de cette do cuivre don! 'niusdc du Smilhcatégorie est une plaque en Kcnsing-lon)cuivre doré représentant la

Madone (fîg. 324) : elle provient de la basilique deTorcelio et est aujourd'hui au musée de South-Kensington : élc|^amment modelée, elle peut dater du Jti" ou xii* siècle.

Mobilier ecctésinsliqae. — L' n autre ouvrage, exécuté au repoussé, est conservé au trésor de Kalberstadt. C'est une magnilique patène d'argent doré, exécutée à une très bonne époque, sans doute au XI' siècle: on y voit au centre la Crucilixion, inscrite dans un médaillon à huitlobes, tout chargé d'arabesques. Sur ces lobes, comme iiurles bords, se relèvent en bf>sse des bustes de saints d'une facture excellente. On en rapprochera deux autres pièces du mobilier eucharistique, des firfo^Aora ou coifrets destinés àcontenir le pain consacre.

■ Les BMACJX — LA VER8ERIE

Tous deux en argent repousse, eL consei-vés, l'un au trésor de Saint-Marc,l'aulreau dôme d'Aix-la-Chapelle, ils ont la forme d'une églisebyzantine surmontée d'uneou plusieurs coupoles ifig. 325). 'Des

inscriptions à Aix ', des figures allégoriques et des animuux dest^Uoriental à Venise en décorent les parois. Tous deux datent probablement du xtV siècle, celui d'Aix étant peut-être un peu plus ancien.

I en forme d'égtiit ilii

CADRES d'iGONES 641

Cadres (Ticones, — Les orfèvres byzantins ont exécuté aussi de nombreux cadres d'icônes. Le musée épiscopal de Vich en possédait jadis un spécimen fort intéressant datant du xi^ ou xii^ siècle: c'est le bandeau qui encadrait la mosaïque portative représentant Saint-Nicolas. II était divisé en seize compartiments, dont les uns étaient garnis de cabochons en argent doré, les autres couverts d'une délicate ornementation en filigrane d'or, aussi remarquable par l'habileté technique que par Télégance de Tarrangement ; les minces bandelettes d'or, contournées et soudées, qui le formaient, rappelaient le travail du cloisonnage des émaux ^. Des cadres d'une autre sorte, datant également du xi® siècle, entourent les deux belles icônes d'Ochrida représentant les personnages de l'Annonciation (fig. 265). Au décor purement ornemental exécuté en filigrane, se mêlent des plaquettes rectangulaires exécutées au repoussé, et figurant, sur l'icône de l'ange Gabriel, des archanges en costume militaire ou en costume impérial, sur Ticone de la Madone, des prophètes. Le style en est fort beau, et certains de ces petits bas-reliefs rappellent les admirables plaques émaillées du trésor de Saint- Marc, représentant saint Michel*.

Enfin des croix-encolpia assez nombreuses sont exécutées d'après le même procédé. Le musée chrétien du Vatican en possède plusieurs en or, représentant au repoussé, sur une face, le Christ crucifié, sur l'autre la Vierge entre les médaillons des évangélistes '.

Comme dans tous les monuments de l'art de ce temps, la tradition classique persiste dans ces ouvrages de l'orfèvrerie. Sur un encrier d'argent conservé au trésor du dôme de Padoue, on voit, exécutées au repoussé, des figures mythologi<|ues, Apollon, Ares, Eros, et sur le couvercle une tête de Gorgone. A la cathédrale d'Anagni on montre un coffret décoré de plaques d'argent repoussé représentant des figures dansantes et Héraclès portant la peau du lion de Némée. Ces ouvrages rappellent le style des coffrets d'ivoire du ix® et du x® siècle ^.

1. Roulin, Tublean byzantin inédit (Mon. Piot, VII, 1900). L'objet a été depuis lors volé au musée de Vich.

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