‹ Manuel d'art byzantin (volume 2)Chapitre 29 sur 370 · SlnyicowBki, AnUocheniache Kumt fOCh · texte numérisé non relu

SlnyicowBki, AnUocheniache Kumt fOCh

2. Straj-gowski, Die tttbyzxntiniiche PUstik der lltàteseil (BZ. [. IMî),

(il5)et.Unalof,0rij.,p. 159.

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plus significatif, c'est la façon dont la sculpture est exécutée, les feuilles et les animaux se détachant presque à jour sur le fond de la coloune. C'est la technique orientale se combinant avec le décor hellénistique. Mais de cette combinaison on trouvera un exemple plus caractéristique encore dans un monument tout autrement 4'onsidérable qui, situé dans la région intermédiaire entre la Syrie et la Perse, offre de plus cet avantage de montrer clairement d'où >ont venues et par quels intermédiaires se sont transmises ces influences orientales, qui ont si profondément modifié Tart décoratif de la Syrie hellénistique.

Mschalia. — A Test du Jourdain, sur la grande route des pèlerins ((ui va de Damas à la Mecque, se trouvent les ruines de Mschatta K Klles forment un immense carré qu^entoure un mur de pierre flanqué, (le distance en distance, de tours demi-circulaires, et où une*seule entrée est ménagée sur la face méridionale. A Tintérieur, sur le pourtour d'une cour carrée, s'élèvent divers bâtiments construits en briques, trait par lequel les édifices de Mschatta tranchent sur Tensfirable des monuments syriens. Au fond de la cour, une porte à trois arcades soutenues par des piliers donne accès à un édifice de forme basilicale partagé en trois nefs ; il aboutit à une salle tréflée, originairement voûtée en coupole et qui rappelle le plan u triconque », usité en Syrie dès le iv^ et le v*^ siècles (basilique de Bethléem, ruines de Der-Dosi (couvent deSaint-TfaéodosejTpixo'vy'ov ^l-^iua mentionné dans une inscription de Bosra de Tan 487).

On a fort discuté sur la destination de cette construction énigma> tique, où tour à tour on a vu une forteresse ou un palais, sur sa date, sur l'art dont il est le produit, et qui a paru tour à tour persan, arabe, byzantin ou sassanide. En tout cas, il ofTre par sa décoration surtout un intérêt de premier ordre. Sur les deux tours pentagonales qui encadrent Feutrée, et sur le mur qui les avoisine se trouve une frise richement sculptée, qui n'a pas moins de 47 mètres de longueur. I^lle a été récemment transportée au Kaiser- Friedrich Muséum (le Berlin, et Strzygowski, qui lui a consacré une étude de haute valeur, en a bien montré toute Timportance. <« Ce que Mschatta nous apprend, écrit-il, place ce monument bien au-dessus de la plupart (les monuments de l'époque de transition qui va de Tantiquité au moyen âge. Il constitue en son genre un point culminant d'une

1. Strzygowski, Mschatta (JPK, t. 25 (1904) ; Brunnow et Domaszewski, Die provincia Arabia, t. II, Strasbourg, 1905.

importance égale à ce qu^est la création d'Anthémius et d'Isidore (Sainte-Sophie) dans Thistoire de Tarchitecture religieuse. Le mélange qu'on y observe des formes architecturales syriennes el iiiésopotamiennes y a pour parallèle la décoration de la façade el révolution si nette qui, des formes familières à Tart antique, aboutit à des formes purement perses ^ »

C'est déjà une idée tout orientale que celte de décorer une muraille d^une haute frise sculptée. Jadis, dans les palais babyloniens et perses^ un revêtement de briques émaillées mettait à la façade des édifices une éclatante parure polychrome. Dans la construction en pierre de Mschatta le même effet décoratif a été recherché pari d'autres moyens^ appropriés aux conditions spéciales de la bâtisse; mais l'intention est identique.

Examinons maintenant le choix et la disposition des motifs qui constituent l'ornement sculpté (fig. 17). Au^essus d'un socle lisse, une bandeforméedegrands zigzags détermine UII9 série de triangles, dont le centre est occupé par des rosettes saillantes ; or, l'un et l'autre motif appartiennent incontestablement à l'art perse. Sur les deux tores qui courent à la base des triangles, dans les moulures de la hs^ute corniche qui couronne la frise, se rencontrent des motifs très divers. C'est, d'une part, l'acanthe stylisée, dressée en feuilles droites, les pal mettes, les rinceaux de pampres, c'est-à-dire les mêmes éléments qu'on observe dans les monuments syriens, et qui; pour la plupart, sont antiques. Et d'autre part, sur le fond plat des triangles, ce sont, autour de la rosette centrale, des rinceaux de vigne encore, mais fermés en cercles, et où jouent des oiseaux, des vases aux côtés desquels des animaux s'affrontent, lions, centaures et griffons. Ainsi, dans les thèmes, on constate un mélange indéniable d*art classique et d'art oriental : et pourtant l'impression d'ensemble n'a plus rien d'antique. Ce qui frappe dans cette décoration, c'est sa prodigieuse variété, sa richesse inouïe; et d'ailleurs, à mesure qu'on avance de la gauche vers la droite, l'élément oriental prend une place de plus en plus prépondérante.

Dans l'exécution technique, on observe un semblable mélange de deux inspirations diverses. Comme dans l'art classique, certaines parties de l'ornement sont modelées en assez fort relief, et c'est par l'ombre des saillies qu elles forment que l'effet décoratif est obtenu. Plus souvent le procédé employé est celui qui, conformé-

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