‹ Manuel d'art byzantin (volume 2)Chapitre 291 sur 370 · I. lî · texte numérisé non relu

I. lî

■0 di San Marco, Venise, I8S7.

PALA d'oro 659

lafo Palier. En 1204 probablement, on rapporta de Gonstantinople les six belles plaques qui forment la partie supérieure et qui proviennent, dit-on, du monastère du Pantocrator ; et ceci donna lieu à un autre remaniement. Enfm, au xiv^ siècle (1345), on restaura une fois de plus la Pala, et on lui donna la riche décoration architecturale de style gothique qu'elle garde encore aujourd'hui. Entre ces différents remaniements, il n'est point aisé de retrouver la date des difîérents émaux qui décorent actuellement la Pala.

Le volet supérieur est occupé par un grand médaillon quadrilobé offrant Timage de Tarchange Michel (fig. 334), aux côtés duquel se groupent, trois par trois, six grandes plaques représentant lès fêtes de rÉglise, depuis les Rameaux jusqu'à la Dormition de la Vierge. La technique en est excellente, et l'ensemble date sans doute de la première moitié du xii'' siècle, à l'exception des trente-huit médaillons et des petites plaques qui garnissent le fond, et dont la plupart appartiennent aux meilleurs émaux des x* et xi" siècles. La partie inférieure de la Pala offre trois rangées de plaques superposées, représentant des archanges, des apôtres, des prophètes, disposées autour d'un grand compartiment cenlral, où le Pantocrator trône entre les médaillons des évangélistes (fig. 335). Au-dessus de lui, figure THétimasie, entre des puissances célestes ; au-dessous, aux côtés de la Vierge orante, deux plaques montrent l'impératrice byzantine Irène et un personnage, qu'une inscription latine postérieure désigne comme le doge Palier, mais qui n'est autre que Tempereur Jean Comnène, mari d'Irène. Le plus grand nombre de ces émaux datent de la fin du XI® et du xii® siècle. Kondakof attribue, sans doute avec raison, les ipédaillons des évangélistes et la rangée des prophètes aux xni®- XIV* siècles, et à des artistes vénitiens. De la même provenance et de la même date sont les petits panneaux rectangulaires qui encadrent trois des côtés de la Pala, et où l'on voit des scènes évangéliques et des épisodes de la vie de saint Marc. Au contraire, les dix-huit petits médaillons fixés sur le cadre inférieur de la Pala sont de la plus belle époque de l'art byzantin, le x® siècle. Les sujets qui y sont figurés sont tout à fait remarquables : ici, c'est un roi à cheval, le faucon au poing, dont Tattitude rappelle les images des souverains sassanides , là, deux griffons gardent Tarbre de vie ; ailleurs, le même arbre symbolique apparaît entre deux paons et deux serpents. Ces images, tout orientales, et d'une exécution parfaite, sont sans nul doute ce que la Pala d'Oro renferme de plus intéressant.

660 L'ORFâvHEIIIB LES KHAUX LA VEBREIIIB

Calices. — Le LréBOr de Sainl-Marc est également fort riche en calices byxantins'. Ils ofTrentdeux Tonnes principales, soit la Tonne d'une coupe hémisphérique ou en tronc de cûne, montée sur un pied asseï élevé, soit la forme d'une coupe basse, munie de deui

anses qui, partant du pied, viennent se rattacher h la monture métallique du bord supérieur. Il est rare que ces calices soient tout en métal ; la plupart d'entre eux sont en pierre dure, onj\, agate, sardonyx, turquoise, cristal de roche, ou bien en verre, sertis de riches montures émailléea. Généralement le décor en est asseï banal: il est composé d'émaux représentant des bustes de saints

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