‹ Manuel d'art byzantin (volume 2)Chapitre 292 sur 370 · Pasiiii, Tfsoro ; fAonnicr, Le tréior de Sainl-Mxre · texte numérisé non relu

Pasiiii, Tfsoro ; fAonnicr, Le tréior de Sainl-Mxre

CAUCES 661

fixés sur le pied et sur le bord supérieur : quelquefois, une inscription liturgique émaillée remplace ces ligures ; exceptionnellement toute la coupe est parfois recouverte d'une décoration émaillée à dessins géométriques ; un seul calice de Saint-Marc, datant peut-être du ï' ou XI' siècle, présente ce genre d'ornementation. Parmi les nombreuses pièces de celle collection, plusieurs sont à signaler à cause des dates précises qu'elles portent. Un calice en jaspe

(âg. 336), monté sur pied d'argent doré, et dont la patène est fixée par trois petits lions au bord supérieur du vase, porte le nom du célèbre proèdre Basile, le possesseur du reliquiiire de Limbourg, et date du x' siècle. Un vase en calcédoine (fig. .IS?), en forme de gobelet, monté en argent doré et décoré de deux charmantes anses à volutes, porte le nom du donateur, le patrice et iogothèle Sisinnios, et date également du x' siècle. Enfin un calice en onjx (fig. 338), monté sur or, et décoré sur le pied el le bord du vase d'émaux représentant le Christ, la Vierge, sainl Pierre et saint Paul, des évangélistes el des saints, porte une inscription au nom de Romain empereur, dans lequel il faut probablement reconnaître Romain IV (1067-1071). Plusieurs autres calices à frises d'émail semblent dater du même temps. Une patène en albâtre, également

au trésor de Saint-Marc, mérite enlîn l'attention : de grandeur insolite (0" 34 de diamètre), et bordée d'un lai^e bandeau d'argent doré semé de pierreries, elle a au centre un médaillon d'émaJI représentant le Christ.

Un curieux coffret d'argent du Trésor du Sancta Sanclorum {fig. 339) combine les deux techniques de l'émaillerie et du travail au repoussé. Sur les grands côtés, quatre docteurs de l'église grecque sont représentés debout, exécutés au repoussé et ciselés. Sur le couvercle, douze médaillons d'émail, dont trois seuls subsistent, figuraient les apôtres; au centre, sur une grande plaque

rectangulaire apparaît la Déisis. Les émau: xt' siècle et sont antérieurs au coffret ' .

Il subsiste enfin nombre d'autres menus objets de rorfêvrerie religieuse byzantine ^, médaillons d'or travaillés au repoussé avec des

664 l'orfèvrerie — les émaux — la verrerie

figures de saints, petites boîtes d'or servant de reliquaire, reliquaires portatifs ou encolpia en argent ou en bronze, parmi lesquels on peut citer, au musée chrétien du Vatican, Vencolpiunt dit de Constantin (m* siècle), amulettes de cuivre argenté ou de bronze à Timage de Salomon ou de Tange Archaf, destinées à combattre les maléfices ou les maladies, lampes et lustres (poly candi la), en métal précieux ou en bronze, elc. Mais ces objets, de fabrication essentiellement industrielle, ne méritent guère de retenir Tatlention.

L'orfèvrerie civile. — Bijoux, — Il n'en est point de même de certains monuments de Torfévrerie civile. Plusieurs musées (British Muséum, Palerme, etc.) possèdent des bagues de mariage en or niellé, où le Christ et la Vierge bénissant les époux sont représentés sur le chaton, tandis que des fêtes chrétiennes décorent le pourtour de Panneau*. El les datent du x** siècle environ. D'autres, enorouen argent, portent gravés sur le chaton une prière en Thonneur du propriétaire ou bien un simple monogramme donnant son nom. Des boucles d'oreilles en or émaillé, en forme de disque lunaire, et un collier formé de plaques cirmlaires du même travail figurent dans la collection Zwenigorodskoï: ce sont des ouvrages ru<so-byzantins du XI*" ou xii^ siècle ; mais ils donnent assez bien Tidée des bijoux purement byzantins du même temps. On y voit souvent représentés des sirènes, des oiseaux, des animaux fantastiques, toute une ornementation de style oriental. Ailleurs, ce sont des bustes de saints, dont on retrouve également les images sur un beau diadème de femme, formé de neuf plaquettes d'or émaillé, trouvé à Kief en 1889, et qui est également d'art russo-byzantin xa*^ siècle) ^. Mais les deux œuvres les plus importantes sont deux couronnes, toutes deux du xi^ siècle, et de fabrication sûrement bNzantine.

Couronnes. — Le musée de Budà-Pesth possède neuf plaques d'or émaillé, trouvées à Nyitra-lvanka, et qui ont fait partie d'une couronne olFerte par l'empereur Constantin Monomaque (1042-1054) au roi André de Hongrie ( 1046-1061). Elles représentent le basileus, avec les impératrices associées Zoé et Théodora, deux ligures allégoriques, l'Humilité et la Vérité, et deux danseuses (fig. 340) ; deux m ''daiilons circulaires, figurant saint Pierre et saintAndré, servaient sans doute

tioriy etc.). dans Mélanges d'archéologie, p. 21 ; Amulettes byzantines anciennes (ibid., 117) ; Un polycandilon byzantin tibid.. 275).

1. Dallon, Catalogue, 19 suiv. ; Schlumberger, Trois joyaux byzantins (Mélanges d'archéologie, 39) ; Une bague byzantine du X* siècle (ibid., 61).

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