Kondakof, Trésors russes (russe), Péter5»bourg
COURONNES fi65
de pendeloques. L'émail est très fin, mais le dessin médiocre et la fabrication peu soignée : on sent une œuvre darl industriel plutôt qu'une véritable œuvre d'art. L'autre couronne esl la Tameufte couronne dite de Saint l^tienne, .
conservée au trésor royal de Bude '. Elle fui envoyée au roi de Hongrie Geysa I {Géovils, Kral de Turquie, comme le dénomme l'inscription qui accompagne son portrail) par l'empereur Michel VII (1071- 1078) et son fils associé au trône, le jeune Constantin.
Les images saintes et profanes se mêlent dans la décoration de cet objet. Sous sa forme primitive, il formait une couronne radiée, c'esL-ô-dire un cercle surmonté de triangles allernanl avec des médaillons semi -circulaires. Entre eu\, deux plaques plus grande*, a'opposant symélriquemeiU sur le devant et le derrière du diadème, représentent, l'une le Christ trônant. l'autre l'empereur Michel entre son fils et Geysa. Sur le cercle d'or six plaques carrées représentent des archanges et des saints.
La partie supérieure de la couronne, avec la croix qui la sur- „. , „, - .,, - j ,
^ Fig. 3iû. — Plaque emaillcc de ta cou-
monte, est de date postérieure. ronnc de Monomaque tmuHce de
L'émaillerlea été assurément Huda-Pesih}. Tune des créations les plus originales de Byiance, et nulle part peut-être ne se manifeslenl mieux les tendances et les caractères essentiels de l'art byzantin, te goût de la polychromie somptueuse, le souci de la couleur plus encore
t. Czobor et Radîsics, Lei insignei royaux de Hongrie, Biidspcsth, 1S96.
666 l'orfévrbrib — les émaux — la verrerie
que du dessin, la recherche savantede la réussite habile. Ses procédés lui interdisaient le style pittoresque : aussi ses sujets, comme ceux de la mosaïque, sont-ils empruntés en général à riconographie monumentale; et par là encore, comme la mosaïque, rémaillerie devait plaire. Il n'est donc point surprenant que, malgré la perte de tant d'orfèvreries précieuses, Tart de Témaillerie soit encore si magnifiquement représenté. 11 nVst pas étonnant aon plus que cet art ait exercé autour de lui une profonde influence. Les miniatures du xi® et du xii® siècle montrent souvent, sur les teintes plates des vêtements, un fin réseau de lignes d'or qui fait uniformément scintiller les surfaces. Cette technique brillante atteste le désir qu'a eu le peintre de rivaliser avec i'émailleur, et encore que cette mode ait été passagère, elle prouve le goût passionné qu'eut Byzance pour un art somptueux et brillant entre tous.