‹ Manuel d'art byzantin (volume 2)Chapitre 300 sur 370 · OME · texte numérisé non relu

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produisit vers la fin du xi® siècle une floraison soudaine dé chefsd'œuvre eut dans le reste de rilaiie des conséquences et s'il propagea jusqu'à Rome le courant byzantin. Dans la région romaine, quoique du ix® au x® siècle Tinfluence grecque lendit plutôt à s'affaiblir, jamais les modèles byzantins n'avaient cessé d'être imités. Dans l'abside de San Bastianello, sur le Palatin, un peintre de la lin du x.*' siècle plaçait une composition solennelle qui rappelle les mosaïques de Ravenne ; à Saint-Elie de Nepi (x® et xi® siècle), malgré l'origine romaine des peintres qui les ont signées, les fresques présentent des motifs byzantins et une technique toute grecque ; et à Santa Maria Antica, les peintures les plus récentes- (x* et xi'^ siècle) ont toute la noblesse et l'élégance des œuvres de la Renaissance macédonienne. Les mosaïques de i'abbaye basilienne de Grotta-Ferrata enfin, qu'elle qu'en soit la date précise, sont des (Euvres toutes byzantines, qui ne s'expliquent que par la visite d'artistes grecs. Dans un tel milieu, où Ryzance gardait toujours quelque influence, on peut croire que les bénédictins formés par les mosaïstes grecs durent naturellement exercer leur action. Et en effet les mosaïques romaines du xii® siècle qui décorent les absides de Santa Maria Nuova ou de Sainte-Marie du Transtévère (1140), tout en gardant encore un style local, attestent pourtant, par les procédés matériels, le réveil d'une technique longtemps oubliée. Mais si parla l'école du Mont-Cassin contribua à l'éducation technique des ateliers romains, c'est par un autre chemin que l'art byzantin rentra dans la ville des papes. C'est à partir du commencement du xiii® siècle que la fresque aussi bien que la mosaïque se développent à Rome sous la tutelle de l'art byzantin. Or un fait précis indique d'où vint ce changement d'orientation, qui devait être décisif. En janvier 1218, pour travailler à l'immense décoration de Saint-Paul hors les murs, le pape Honorius demandait au doge de Venise des mosaïstes, et ces artistes évidemment étaient tout nourris des traditions grecques. Aussi leur œuvre à Saint-Paul revêt des formes toutes byzantines; il en va de même de la peinture (fresques des Quattro Santi Coronati, 1246), et c'est par le même chemin que l'influence byzantine pénétrera en Toscane vers le même temps. Les Grecs que Vasari plaçait aux origines de la peinture italienne du XIII® siècle ne sont point des êtres mythiques. Les mosaïques de la tribune du baptistère de Florence (1225), les peintures du baptistère de Parme (deuxième moitié xiii® siècle) sont des œuvres absolument byzantines. Et plus tard Duccio, dans la Maestà du dôme de Sienne, Manuel d'Art byzantin. 43

résumera avec une incomparable perfection les enseignements de Técole fçrecque ; Cimabué, dans l'é^^lise haute d'Assise, ne fera que suivre Tinspiration des maîtres byzantins, et Giotto, malgré son originalité créatrice, ne sera, par certains côtés, qu'un Byzantin de génie.

La France, — Ce n'est point en Italie seulement que Byzance a exercé une profonde influence. On a vu précédemment ce que la Renaissance carolingienne dut à TOrient, soit pour le plan de certains édifices, soit pour Tornementation des manuscrits, soit pour la décoration des ivoires ^ L'époque qui suivit lui,d ut peut-être encore davantage : le problème des origines de Tart roman n'est qu'un des aspects de la « question byzantine ^ » .

Les origines de tart roman, — H y a longtemps que les savant^ ont remarqué les ressemblances frappantes qu'offrent de nombreux édifices orientaux avec les constructions françaises du xii^ siècle. L'emploi de la voûte substituée à la couverture en charpente des basiliques occidentales, le remplacement de l'atrium par une façade à porche flanqué de deux tours, Tusage des piliers cantonnés de demi-colonnes engagées, l'établissement d'une travée sur plan rectangulaire en avant de l'abside, le plan à deux absides opposées, la disposition des fenêtres à arcades par groupes de deux ou trois ouvertures accolées : ce sont autant de traits caractéristiques des monuments de Syrie centrale et d'Anatolie, que Ton retrouve dans les édifices romans. Est-ce là, comme certains l'ont pensé, une simple rencontre, « résultant de plusieurs causes autres qu'une imitation », et née de l'obligation de répondre aux mêmes programmes, ce qui amena naturellement à des déductions et à des formes identiques ? Les architectes d'Occident ont-ils au contraire connu et mis à profit les exemples de leurs prédécesseurs orientaux? Et, dans ce second cas, de quelle façon, à quelle époque, s'est produite la transmission de ces modèles? E^^t-ce, comme le supposait Viollet-le-Duc, au lendemain de la pren]iière croisade? ou bien comme le pense M. de Vogué, les relations de commerce et de pèlerinage qui entraînaient les Occidentaux vers la Syrie et les Orientaux vers les ports et les foires d'Occident, ont-elles, dès le

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