Cf. p
2. Viollet-le-l)uc, Dictionnaire raisonné de V architecture française^ Paris, 185i-1869 ; Voi^ûé, Architecture civile et religieuse de la Syrie centrale; Courajod, Origines de Vart roman et gothique ; Cho'isy ; Histoire de V architecture, t. II, Paris, 1899 ; Enlart, Manuel d'archéologie française, t. I, Paris, 1902 ; Strzygowski, Kleinasien ; A. Michel, Histoire de Vart, t. I, 2* partie, Pari», 1905.
L ART nOMAN
ix* siècle, produit ces importations artisllquefl? ou bien encore, commele veut Slr)>ygo\vski, n'y n-(-il là que la continuité d'une tradition bien plus ancienne, et, dès le iv< siècle, par Ravenne, Milan
t'ig. 341. — Église de Sainl-Fponl i fétigueux.
et Marseille, la Gaule aurait-elle reçu les types, surtout aiiatoliens, <{ui serviront de modèles à l'art roman? Ce sont là des hypothèses diverses entre lesquelles il est délicat, à l'heure actuelle, de choisir. Mais, quelle que soit la date où elle agit et la manière dont elle se lit sentir, l'influence de Ily/ance semble dimuileùconteslersur certaines écoles d'architecture et sur l'ensemble de la décoration romane.
Les églises à coupole du Périgord ^ — Il y a, dans le sud-ouest de la France, toute une région où de nombreuses églises sont couvertes de coupoles sur pendentifs: c'est le domaine de Técole ditepérigourdine. C'est vers Textrême lin du xi®siècleou le commencement du xii*^que ce type de construction apparut :les plus anciens édifices de ce style semblent être Saint-Jean de la Côte, Saint-Etienne de Périgueux (1100) et la cathédrale de Cahors (1119) ; les plus beaux sont la cathédrale d'Angoulême (110.Vli28) et surtout Sainl-F^ronl de Périgueux, rebâti en 11*20, et qui n'est donc point, comme on Ta cru jadis, le modèle commun d'oii dérivent les autres édifice>. L'école périgourdine a poussé en outre des pointes assez loin de son centre, en Limousin (Solignac), en Anjou (Fontevrault), en Gascogne et jusqu'en Espagne.
Les édifices de cette école sont la copie manifeste de modèles orientaifx. Le plus célèbre, Saint-Front de Périgueux {y\^. 341), avec son plan*Ven :^roix grecque et ses cinq coupoles, n'est, selon le mot de Choisy, « autre chose que Saint-Marc traduit en pierre », c'est-àdire, comme Saint-Marc, une copie de l'église des Saints- Apôtres bâtie à Constantinople par Justinien. (Comment ces modèles parvinrent-ils en Occident? indirectement, par l'intermédiaire de l'Italie du nord-est, ou bien « par Timitation directe des programmes byzantins par des artistes français qui avaient vu rOrient »? La seconde hypothèse semble plus vraisemblable, quand on observe Tanalogie de ces édifices avec certaines églises de Chypre, également bâties en pierre, Peristerona près de Nicosie ou Saint-Barnabe, et qu'on se souvient-que cette île était une des escales ordinaires sur la rouie des pèlerinages et du commerce d'Orient. Quoi qu'il en soit de ce point, il semble en tout cas bien impossible d'attribuer Saint-Front et les autres églises à coupole à une école locale et « autochtone », quelques différences de technique que l'on puisse constater dans le détail entre elles et les monuments orientaux. Il y a quelque témérité à déclarer « incontestablement acquis que Saint-Front n'est pas une production de l'école byzantine'* », surtout quand on est bien obligé d'accorder à l'évidence que « Saint-Front est fait à l'imitation d'un modèle byzantin dont il reproduit le plan' ». Il demeure
1. Outre les oiivrajres cités plus haut, cf. F. de Verneilh, L'architecture byzantine en France, Paris, 1851 ; Ph. Spiers, Saint-Front (Bull, monumental. 1897) ; Brulails, V archéologie du moyen âge et ses méthodes^ Paris, 1900: Bertaux, L'/iri dans iltalie méridionale^ 395 suiv.