‹ Manuel d'art byzantin (volume 2)Chapitre 336 sur 370 · MÉTROPOLE · texte numérisé non relu

MÉTROPOLE

temporain; et dans certaines scènes, par exemple dans TEnsevelissement de saint Démétrius, le peintre « a su faire pénétrer la vie dans les types traditionnels ».

Dans l'autre école, au contraire, apparaissent tous les traits caractéristiques du style nouveau que Ton observe à Kahrié-djami. Le peintre y est surtout préoccupé de faire œuvre de décorateur. Des architectures fantaisistes dominent la foule mouvante des personnages; et « l'équilibre de la composition se plie aux nécessités de Tarchitecture ». Par ailleurs, Télégance svelte des figures, le mouvement hardi des attitudes, la mâle beauté des visages aux traits accentués et populaires produisent une impression singulièrement forte de réalité et replacent en quelque façon la scène dans la vie. Le coloris enfin est fort remarquable : « il est fait de contrastes ; rharmonie dominante est celle des complémentaires, rouge et vert; de beaux tons profonds et riches ressortent, soit en clair sur le ciel sombre, soit en foncé sur des constructions claires. De larges touches de lumière, brusquement posées sur le vert profond de Tombre, font vivement saillir les plans des visages, et produisent le modelé à la fois enveloppé et fort de la peinture impressionniste ^ ». La merveille de cet art décoratif et réaliste est sans doute le Jugement dernier, aux figures si individuelles, si vigoureusement modelées, qu'anime un souffle d'émotion puissante ou douloureuse.

Peribleptos, — Les fresques de la Peribleptos, bien que des dépôts calcaires en aient par place altéré Téclat, montrent les progrès et l'évolution de ce style nouveau. On y observe une rare entente du sens décoratif, une recherche du pittoresque, du mouvement, de l'expression, un goût remarquable de l'élégance et de la grâce, un art savant et libre tout ensemble. La couleur surtout y est admirable, d'une exquise et somptueuse beauté, délicate et vigoureuse, étoffée et moelleuse à la fois. Plus sages que les maîtres impressionnistes de la Métropole, d'esprit plus idéaliste peut-être, à coup sûr de culture plus antique, les peintres de la Peribleptos ont-ils, comme on l'a dit, a moins de génie ^ » ? Je ne le pense pas. En tout cas, par la justesse de Texpression, par l'élévation du style, par la profondeur et la puissance du sentiment, ils sont comparables aux maîtres italiens de la première moitié du xiv^ siècle.

A la coupole centrale, le Christ Pantocrator, avec son cortège de

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