‹ Manuel d'art byzantin (volume 2)Chapitre 342 sur 370 · Millel, loc. cit · texte numérisé non relu

Millel, loc. cit

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bieplos. Chez les Serbes comme chez les Byzantins, c'est le même art plus pittoresque et plus libre, la même iconographie plus complexe et pluH riche, qui dans l'illuslralion des textes liturgiques, hymnes, prières, etc., cherche des thèmes nouveaux inconnus à l'ancien art byzantin. C'est un des trait» les plus remarquables en

efTet de cette Renaissance du xiv" siècle que ce désir incessant d'invention, cette activité créatrice toujours en éveil, qui non seulement modiRe les thèmes anciens, mais accueille les plus modernes, qui tour à tour s'inspire des motifs hellénistiques remis en honneur, et des commentaires des théologiens contemporains. L'école byzantine de Serbie parait avoir eu sa grande part dans ce mouvement, et peut-être même a-t-elleeu parfois leméritede l'originalité. Elle a imaginé pour certains thèmes, comme la Divine liturgie, une composition plus savante, qui mêle aux anges les grands docteurs" de l'Église (monastère de Marko) ; elle a traité de façon personnelle certains sujets communs à la Serbie et à MisLra ; sou iconogra-

inO LES HONUMENTS DE LA PEINTL'RB. FIIE!!QL'ES ET UOSAÎQUB5

phie parait, en un mot, plus complexe et plus avancée. <■ Lespeinlre* des Cruls ont montré peut-être moins de hardiesse dans les procé' dés, moins de force et de hauteur dans le style, mais le souffle de U Itenfiissance semble les avoir plus largement pénétrés '. »

Un dernier trait est à signaler, où apparaît pareillement la commu-

nauté d'inspiration qui anime l'art serbe et l'art bv^^nlin. C'est le f,'Oiit du réalisme qui se manifeste dans les nombreux portraits donl sont décorées les églises. C'est Etienne I à Zitcha, Dragoulineà Arilje, Miloutine et sa femme Simone à Sloudénitsa et à Gratcltanitsa; c'est Douchan et Oliver à Lesnovo, Lazare à Ravanit^a. Klienne le Grand à Manassia, De même Théodore Métochite s'e.>l fait représenter à Kahné, le despote Théodore Paléolo^ue dan?. l'église du Brontochion l, Mistra, l'empereur Alexis 111 de Trébi- /onde au monastère de la Mère de Dieu. Ces portraits sont aussi remarquables par la vérité du dessin et la force de l'expression que

I. Millel. loc, cil., 9bi. On trouvera des exemples précU de ce mouvement de l'iconographie au xiv* siècle dans Millet, Byzaace et non lOritnt \H. A-

iMOK, r.

LE MONT-ATIIOS 761

par la simplicité de Texécution. Ils montrent un art soucieux de l'observation, capable de saisir la réalité et la vie, et en face de la peinture religieuse, un goût persistant de la peinture historique, qui se retrouve ainsi à toutes les époques de l'art byzantin.

Le Mont'Athos *. — G*est dans les couvents de la Sainte-Mon- (a*;^ne que cet art a jeté un dernier éclat.

On a beaucoup parlé de la peinture athonite : on a tour à tour exagéré ou rabaissé à Texcès Timportance de ses monuments. La chose, au vrai, se conçoit sans peine. C'est, dans tout TOrient grec, une habitude constante et fâcheuse, de rafraîchir périodiquement les couleurs pâlies des fresques qui décorent les églises ; le peintre moderne restaure ou refait le travail de son prédécesseur à la même place, dans le même style et d*après les mêmes procédés. Il en résulte que des œuvres assez modernes offrent un aspect très ancien, et Ton comprend que, dans ces conditions, les premiers voyageurs qui visitèrent la Sainte-Montagne aient cru naturellement retrouver les monuments authentiques de la peinture byzantine dans ces monastères où, depuis des siècles, rien ne semblait avoir changé. D*autres savants ensuite sont venus, et, étudiant plus attentivement les inscriptions qui presque toujours accompagnent les fresques, ils ont constaté sans peine que les dates qu'on y lit sont assez récentes pour la plupart. Sur la côte orientale de la Sainte- Montagne, presque toutes les peintures ont été refaites à la fin du xviii® ou au commencement du xix" siècle ; sur la cote occidentale, presque aucune décoration n'est plus ancienne que le xvi'' siècle. " La décoration de chaque église, écrit M. Bayet, se renouvelle en entier environ tous les trois ou quatre siècles. »

Il ne faudrait donc point croire, comme on Ta fait longtemps, que dans les peintures de l'Athos 'se manifeste TelTort principal de l'art byzantin. Est-ce à dire pourtant qu'elles soient sans intérêt? Nullement. D'abord, même dans les ci»uvres de date assez récente, on retrouve quelque chose encore de l'inspiration originale, et comme

1 . On a beaucoup écrit sur les peintures de l'Athos. Je citerai surtout, pour Itîs renseignements qu'ils contiennent ou pour leur valeur scientiiiquc, les travaux suivants : les articles de Didron dans \es Annales archéologiques^ t. IV. V, XVII, XVIII, XX, XXI, XXIII, XXIV ; le grand ouvrage de Porphyre Ouspenski, VAthos, en 9 parties, Kief, 1877 et Moscou, 1880-1881, et son Histoire de TAf/ios, Pétersbourg, 1892; Duchesne et Bayet, Aftaston an Mont-Athos, Paris, 1876 ; Brockhaus, Die Kunst in den Athos-Klôstern^ Leipzig, 1H91 ;Kondakof. Monuments de Vart chrétien à VAthos, Pétersbourg, 1902 : Nikolskij, Kssais sur Vhistoire de la peinture murale à VAthos fdans l'Iconopisnij Sbornik, Pétersboui-g, 1907).

un reflet lointain de la grande école de décoration qui fleurît à Tépoque des Paléologues: et parla ces vastes cycles de peintures, qui se distribuent en zones parallèles du bas des murs au sommet de^la coupole, ces milliers de figures qui tapissent les parois des églises, se détachant en vigueur sur le ton bleu des fonds, produisent une impression grandiose et puissante, à laquelle n'échappe aucun de ceux qui visitent la Sainte-Montagne. Et d'autre part, sans parler même des mosaïques précédemment signalées, restes de décora lion > plus complètes, qui appartiennent, les unes au xiv®, les autres un xi" siècle, il existe àl'Athos quelques groupes de fresques que l'on peut, malgré les restaurations, faire remonter avec certitude jusqu'au XIV* et au XV® siècle; et dans ces vieilles peintures, naïves et savantes tout ensemble, apparaît à son apogée Tart nouveau que créa Byzance à son déclin.

Le peintre Manuel Pansélinos. — S'il en faut croire le livre connu sous le nom de Guide de la peinture^ dont on parlern en détail un peu plus loin, un artiste illustre aurait été à KAlho^ l'ouvrier de cette grande Renaissance, et, coordonnant le travail dv formation iconographique qui s'élaborait depuis des siècles, il Taurait fixé en des œuvres merveilleuses. Ce maître, originaire de Thessalonique, s'appelait Manuel Pansélinos. « Après avoir travaillé, est-il dit de lui, dans les églises admirables qu'il a ornées de peintures magnifiques dans la Sainte-Montagne de l'Athos, ce peintre jeta autrefois un éclat si brillant par ses connaissances dans son art. qu'il était comparé à la lune dans toute sa splendeur. Il s'est élevé au-dessus de tous les peintres anciens et modernes, comme le prouvent encore évidemment ses peintures sur mur et sur bois * . * Ailleurs, il est question des « originaux du célèbre Manuel Pansélinos », que l'auteur du Guide recommande à l'étude des jeunes peintres, en les engageant à imiter les proportions que le maître a données à ses personnages et « le caractère de ses figures ». Il est fait mention enfin de certains procédés techniques qui lui sont attribués.

On a fort discuté, depuis que ces passages sont connus, sur l'époque où vivait celui qu'on a nommé tour à tour « le Raphaël » ou « le Giotto de la peinture byzantine ». On l'a fait vivre successivement au XI'' et au xiii® siècle, aux premières années du xiv®, et plus

1. Ditlron et Durand, Manuel d'iconographie chrétienne, Paris. 1845, p. 7-8.

MANUEL PANSËLINOS 763

■raisemblablement enfin dans la première moitié duxvi" '. Laquesâon, dans l'élat, demeure assez incertaine. Il n'est guère plus aisé ie savoir s'il subsiste quelque œuvre de ce maître énigmalique et Tameux. Les moines de l'Athos à la vérité ne se font point faute de parler de Pansélinos et de montrer ses ouvrages ; mais ces attribu-

tions ne sauraient avoir une valeur scientifique. Peut-être, parmi les peintures dont on lui fait honneur, peut-on releniravec quelque vraisemblance celles qui, au Protaton de Karvès, décorent une chapelle datée de 1526; on y voit en particulier une Nativité du Christ et

LA PELNTL'HE. FRBStlUBS ET MOS*ïgCES

une PrJuenlation de la Vierge tout à fait remarquables, et d'un dri très supérieur aux fresques ordinaires del'Alhos.

Il reste donc bien de l'obscurité autour du nom et de l'œuvre de ce peintre tant vanté. Mais, à défaut de Pansélinos. d'aulres artiste^

alhonites nous sont connus avec plus de précision. Une série de fresques suRisamment bien datées s'échelonnent du xiv'au xvi' siècle. Les plus anciennes se rattachent à l'école nouvelle qui fleurît au temps des Paléologucs ; les autres sont les œuvres classiques de cette Renaissance, dont le premier elTort se rencontre à Kahrié et ;i Mistra.

ciiBONou>Gie oBS PBivruHEs de l'athos 765

Chronologie des peintures de PAlhos. — Il est certain que la tin ■lu XIII* siècle et le commencement du xi\-* furent, à l'Athos, comme dans le reste du monde byzantin, une époque de grande activité artîalique. A Karyès, l'église du Prolaton fut, d'après une inscrip-

Kip. 363. — Mari de la Vierge et Présentation. Fresques del (Coll. Mautc8-Élu(le-<. t'.. 32:1;.

lion, décorée de fresques en l'J'JS — décoration qui d'ailleurs a été complètement restaurée ù la fm du xvii' siècle. A la même date de 1293. une autre inscription rapporte l'exécution des peintures du calholicon de Chiiandari, con.'^lruit aux frais du tsar serbe Stéphane Miloutine; et un peu plus tard, en IIHVJ, le même prince, comme en fait mention un chrysobulle, fit décorer dans le même couvent la petite église de l'Ascension. Kn 1312 enfin, la grande église de Vatopédi reçut sa parure de fresques, et bien qu'elles aient été restaurées en 1819, elles demeureitt, parmi ces ouvrages du \iv= siècle, le plus intéressant de beaucoup. Dans les composi-

766 LES MON'CMEjrrs de la peinture, fresques et mosaïques

lions empruntées à la vie du Christ et à la vie de la Vierge il subsiste des parties anciennes, qu'on peut encore disling'uer. Quant aux peintures de la chapelle de Saint-Nicolas à Lavra, qu^on a longtemps attribuées au xiv^ siècle et datées de 136(), elles sont d'époque certainement postérieure : le peintre nommé dans Tinscription comme Fauteur de cette décoration, Franco Catellano de Thèbes en Béotie, vivait au xvi* siècle, et travailla en 1566 au monastère de Barlaam aux Météores.

Néanmoins, de toutes le» peintures athonites antérieures au XVI* siècle, le seul cycle qui soit vraiment bien conservé est celui qui, au couvent de Saint- Paul, décore la chapelle de Sainl-Georjres. Il est daté de 1423 et est Tœuvre d'un certain Andronic de BjTcance. On y voit des figures de saints (fig. 391, 392), apôtres, guerriers et ascètes, des scènes de la vie du Christ et de la vie de la Vier^re (Hg.393), et, dans le narthex, une curieuse représentation de la Vier^re avec l'épithète de ij ÇwoSo/oçmiYT, (la source de vie). Ces ouvrages sont remarquables par le caractère individuel et Toriginalité des types, la riche ornementation des vêtements, et surtout par le coloris, où dominent les couleurs claires et tendres, les jaunes clairs, les verts clairs, les tons blancs et rosés.

Mais c'est le xvi® siècle surtout qui fut l'époque florissante de Fart athonite, et des monuments assez nombreux, parfois remarquables, marquent cette période dont Pansélinos peut-être fut le maître le plus fameux.

C'est à lui, on Ta vu, qu'on attribue généralement les fresques assez enfumées de la petite chapelle de Saint-Jean-Baptiste au Protaton de Karyès. La décoration est datée de Tannée 1526. Quel qu'en soit Fauteur, on y remarque un singulier accent de grâce et de douceur, une recherche attentive du sentiment, de l'exprèssion, de la vie. Il y a du mouvement dans la composition, de l'élégance dans les attitudes, un goût du nature] qui atteint au réalisme; le coloris est remarquable par son éclat et sa fraîcheur. Or ce sont là précisément les traits essentiels qu'avait introduits dans l'art la Renaissance du xiv^ siècle, et que le peintre athonite a réalisés avec une maîtrise supérieure.

Deux autres artistes de la même époque nous sont connus avec plus de précision. L'un est ce Franco Catellano de Thèbes, qui décora en 1560 la chapelle de Saint-Nicolas à Lavra et qui, vers le même temps, travailla aux Météores. L'autre est un certain Théophane de Crète qui, lui aussi, en 1528, travailla aux

l'ordonnancb de la décoration et l'iconooraI'hie 767

Météores, el qui ensuite peignit successivement, è l'Athos, le calho-

licon de Lavra en 1535, l'église de SUvronlkila en 1546, le

iiarthex de l'église de Saint-Georges à Xénophon en 1564 (fig.

:t9i). Dans cette même église de Xénophon, l'inlérieur est l'œuvre

(l'un certain Antoine et date de 1515; enfin, à la fin du xvi* siècle,

on rencontre le nom de Marc l'Ibère, dont on ne sait rien.

Il faut citer encore parmi les œuvres datées du xvt" siècle, un

i-ertaio nombre de peintures

dont les auteurs sont restés

anonymes. Cesontlesfresques

(le la chapelle de Saint-Jean le

Théologue, dans le xsXXfov de

Siiinl-Procope dépendant du

couvent de Vatopédi (1537),

celles du ittW.a-. de Molyvo-

klisi (1537), celles de l'église

(le Koulloumousi (IMO), eties

^'randes décor^ii(5ns de Dio-

nysiouilS^jyet de Dochiariou

I l.'>t>8{. On y peut joindre les peintures des trois réfectoires

<le Lavra (15I2j, de Philolheou 1540) el de Dionysiou (1546).

L'ordonnance de la décora- Fig.391. —Saints. Fresque du couvent lion el l'iconographie. — De ''« Xénophon à TAlhos.

ce vaste ensemble de documents que fournissent les couvents de la Sainte-Montagne, on peut dégager certaines conclusions générales qui ne sont point sans intérêt.

Une chose frappe tout d'abord, c'est l'uniformité inconcevable avec laquelle, dans toutes ces églises, les personnages el les scènes sont répartis. Le système de décoration, répondant à certaines idées litur^ giques et symboliques, qui s'était constitué au x' et au xi' siècle, u'a fait, avec le temps, que se fortifier et se préciser parl'adjonction d'éléments nouveaux. Au sommet des coupoles (fig. 395), dominant l'espace d'où montent vers le ciel les prières des fidèles, le Panlocrator apparaît toujours dans sa majesté, entouré des anges (]ui chantent sa gloire ou qui l'assistent dans la divine liturgie, accompagné de la Vierge et du Frtxlrome intercédant pour l'humanité, environné des prophètes qui occupent le tambour, des

LA PEINTUHB. F8BSQUBS ET MOSAigL'ES

apôtres ou des évangélistes qui f^arnissent les pendentifs. Dans ii^r I rois absides, derrière l'iconostase, toute la décoralion se rattache au saint sacrifice et aux idées qu'il doit éveiller dans l'esprit >I<r l'officianl. Au-dessousde la Vierge avec l'enfant, trônant à la conque <le l'abside et qui évoque le mystère de l'Incarnation, le Christ e-t

représcnlé, soit donnant la communion aux apôtres, soit célébrant lui-même la divine liturgie, parmi lesanges et les grands docteurs de l'Ëglise, qui s'inclinent vers lui en récitant les prières de la liturgie. A ({auche, dans l'abside de la prothesis, la mort et la résurrection du Seigneur rappellent son sacriRce pour l'humanité, mêlées aux images de l'Ancien Testament (sacrifice d'Abraham), oii la même idée est svmholisée. .A droite, l'abside du diaconicon montre, égale-

L DBCORATION ET LICONOGRAPI

ment parmi des épisodes bibliques (philoxénie d'Abraham, Daniel entre les lions. Moïse devant le buisson ardent), le Christ donné au

l'église de Dionysiou

monde et l'image de la Trinité. Plus que jamais, l'Ëglise s'allaclie

maintenant à ces représentalionsdii sacrifice divin, et s'elTorce d'en

Manuel d'Art b^ianfin. 46

exprimer l'émotion et le pathétique. Au-dessus de Tau tel figuré au fond de Tabside, souvent « TAgneau » est représenté, un enfaot nu couché dans la patène; ailleurs le Dieu sacrifié, le buste nu, se dresse hors du sépulcre, le front ceint d'épines et les yeux clos.

Dans la nef enfin et dans les chœurs figurent les grandes féte> de rÉglise (fig. 396), parmi lesquelles certains épisodes sont, comme jadis, dégagés de la suite chronologique pour occuper une place particulière. Comme à Kief, les deux personnages de rAnnonciation se partagent entre les deux piliers qui marquent Fenlrée du saoctuaire; la Crucifixion figure au haut du mur occidental, la Transfiguration, si importante à TAthos, au bras sud de la croix, TAnastasis au bras nord, l'Ascension et la Pentecôte au-dessus du sanctuaire, à la voûte du bras oriental. Puis, ce sont les fêtes de la Vierge, parmi lesquelles, sur le mur occidental, apparaît en belle place la noble composition delà Dormition (fig. 393). Ce sont ailleurs les miracles du Christ et les paraboles, auxquels se joignent, dans les grandes églises du xvi® siècle, d'autres épisodes, tels que l'Exaltition de la croix ou rÉreclion des saintes images. Toutes ces compositions se distribuent en quatre zones parallèles, et au-dessous, à la bande inférieure, se rangent, sur tout le pourtour de l'église, des saints, évêques et diacres, guerriers et martyrs, dans un ordre hiérarchique et immuable.

Le narthex répète les idées qui inspirent la décoration du sanctuaire. Dans les coupoles, c'est la glorification du Christ ;et de la Vierge ; sur les parois, le cycle des fêtes chrétiennes se complète par la représentation des synodes, la vie et la mort des maKyrs, les compositions qui illustrent le texte de l'hymne Acathistos, et qu'on nomme les vingt-quatre oixoi de la Mère de Dieu. Sur le mur occidental enfin, au-dessus de la porte d'entrée, figure la colossale composition du Jugement dernier, que complètent la mort du moine juste, Éphrem le Syrien ou Athanase, et la vie du «aint solitaire '.

Une décoration semblable, et inspirée des mêmes idées, se trouve dans le réfectoire ou trapeza^ qui fait d'ordinaire face à l'église et a, comme elle, un caractère sacré. De même, en effet, que dans le catholicon le moine reçoit par la communion le pain et le vin divins, pareillement, au réfectoire, la nourriture terrestre qu'il prend est

1. La description faite dans le texte combine les indications du Guide de la peinture avec la décoration très complète qu'ofTr6 Téglise de Dochiariou. Cf. Brockhaus, loc. cit., pi. 11-16, où des plans schématiques montrent cette ordonnance .

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