MiWet, Art byz
l'athos 781
malg^ré son apparence ancienne, il est d^époque beaucoup plus récente; il est d'ailleurs peint à Thuile et date très vraisemblablement du XVI* siècle. On voit par cet exemple quelle prudence est nécessaire quand on veut dater les peintures qui, à Florence, à Turin, à Naples, à Berlin, portent les signatures d'Andréa Hicco de Candie, de Donatus et d'Angelus Bizamannus d'Otrante, de Théodore, etc. Il semble probable toutefois qu'André Ricco, dont on voit une Madone assez belle aux Uffizi de Florence, et une Mort de la Vierge à la Pinacothèque de Turin, vivait à la fin du xiii* ou au commencement du xiv* siècle, que Donatus Bizamannus peignait au xiv^ siècle, et Angélus Bizamannus au xv*^. Mais au total la valeur de ces peintures est généralement assez médiocre, et elles offrent plus d'intérêt en somme pour l'iconographie que pour l'histoire de Tart.
Les thèmes représentés sur les icônes ne diffèrent point en effet de ceux que reproduisent les fresques. On y voit les scènes ordinaires de l'Ancien et du Nouveau Testament, les figures des saints, apôtres, évêques, diacres, solitaires, martyrs, dans les attitudes et sous l'aspect que leur attribue le Guide de la peinture. C'est ainsi qu'une tablette de la collection Sterbini à Rome, qui remonte au XIV* siècle, représente la Transfiguration; une autre, du xv'^, la Nativité ; deux panneaux du Musée chrétien du Vatican, datant du XVI* siècle» montrent sur un fond d'or les saints Antoine et Kphrem ; deux triptyques de la même époque, conservés au même musée, figurent l'un la Déisis, entre saint Georges tuant le dragon et saint Jean TÉvangélisle écrivant ; l'autre le Christ entouré de saints^ entre l'arbre de Jessé et la vigne de Jésus-Christ. Toutes ces peintures sont exécutées avec un art minutieux ; le modelé, presque trop soigné, est obtenu par des touches menues, par des lignes parallèles minces et serrées. Ce qui est surtout intéressant dans ces ouvrages, comme dans les icônes slaves de même date et de facture assez semblable que possède le Musée du Vatican (les Douze fêtes, XV* siècle ; saint Nicolas et les épisodes de sa vie, xvi* siècle, etc.), c'est de voir à quel point se sont conservées, jusqu'à une époque très moderne, les formes anciennes créées et développées par l'art du moyen âge: tant la pensée religieuse d'où elles sont nées est demeurée vivante dans tout l'Orient chrétien.
VAlhos, — Il semblerait qu'on dût trouver des œuvres d'époque
1. Frolhinghnm, Bj^zan/tnear^ti/s m //a/i/ ( American Journal ofarchaeology,
plus ancienne et de date plus certaine dans quelques-uns des graad> sanctuaires de TOrient. Et en effet, dans les couvents de FAthoç. on signale quelques icônes intéressantes : à Chilandari, la Madone Tricherousa^ que l'on attribue au xiv^ siècle, et qui semble une œuvre d'art serbe ou bulgare ; à Zographou, une image de saint Georges, bien conservée, mais qui est traitée dans le style italien du XV* siècle ; à Vatopédi, une image des saints Pierre et Paul, qu'une inscription fausse attribue au temps d'Andronic Paléologue, mais qui date du xvi* siècle ou de la fin du xv*; à Vatopédi également, sur le cadre qui entoure une Vierge en stéatite, d'intéressantes figures des douze apôtres (xv^ ou xvi° siècle] ; et surtout, à Lavra, la Madone dite « de Koukouzel >, que Kondakof ne juge pa> postérieure au xui® siècle, et qui est exécutée dans un style iarg-e et tout antique. Mais, ces ouvrages mis à part, aucune icône importante ne se conserve à la Sainte-Montagne: les images de la Vierge, très nombreuses, sont, même les plus célèbres, du xvi** ou du xvu^ siècle ; et Técole créloise, à qui on en doit plusieurs, imite volontiers Tart italien ou l'art de TAllemagne du sud.
La Russie, — Il est probable que les sanctuaires de Russie renfermentdes icônes plus dignes d'attention, soit qu'elles y aientété apportées de Byzance, soit qu'elles aient été exécutées à l'imitation des modèles grecs. Malheureusement elles ti'ont guère été étudiées jusqu'ici, et les dates qu'on leur attribue sont pour la plupart purement traditionnelles. Kondakof estime toutefois que beaucoup d'entre elles appartiennent à la période qui va du xi^ au ziv* siècle. (]'est à cette dernière époque qu'on peut rapporter, entre autres, la belle icône représentant le Sauveur sur son trône, qu*on voit à Moscou, à la cathédrale d'Ouspenski Sobor \ et de même Timage de la Sainte-Face, qu'on conserve à Moscou au monastère de Saint- Andronic, et qui fut, dit-on, apportée de Constantinople en 1354^ : c'est au même temps qu'appartiendrait, si elle n'avait été lamentablement restaurée au xvii® siècle, l'image de la Vierge Hodigitrîa de Smolensk, que possède le monastère de la Trinité, près de Moscou, et dont le cadre porte les figures des donateurs Constantin Acropoiite et Marie Gomnène (fin du xiii* siècle). C'est du xiv« siècle certainement (vers 1363) que date, ainsi que le prouve sa dédicace.