LA DÉCORATION SCULPTÉE
et il suppose que des sculpteurs égyptiens ont apporté dans les ateiiers de Proconnèse ces formes familières, à Ten croire, à Tart copte du iv« siècle ^ Ici encore, le doute est plus que légitime, l^s chapiteaux chrétiens que possède le musée du Caire, et qui proviennent, soit de Baouit (v® siècle), soit d* Alexandrie (vi* siècle], soit du couvent de Saint-Jérémie (v^ et vi* siècle), les autres fragments de décoration sculptée, frises, architraves, pilastres, arcades, niches à coquilles, etc«, de même origine, ne présentent aucun trait caractéristique par où ils se distinguent de Tart byzantin : ils diffèrent au contraire sensiblement des ouvrages de style proprement copte. Le choix des motifs, feuilles d'acanthe dressées ou s*enroulant en cercle, entrelacs, hélices, rinceaux de pampres ou grappes de vigne, animaux inscrits dans des rinceaux, Télégance de Tornement, la technique du travail, découpant les feuillages en arêtes aiguës, creusant le marbre à la virole, ne donnant au décor qu*un relief peu ressenti, tout cela rappelle plutôt la Syrie. Parfois, à Baouit en particulier, des rehauts de peinture rouge et bleue soulignent la sculpture, et ce trait rappelle ce quia été signalé à Saint-Syméon. Sur ce point, il semble bien que Byzance ne doive rien à TÉgypte *, et aussi bien on verra plus loin comment, au contraire, c'est bien plutôt a Constantinople qui a élaboré révolution du chapiteau au v^ et au VI* siècle ^ ».
LA DécORATION POLYCHROME ET LA PEINTURE PITTORESQUE
C^estpar ailleurs que TÉgypte, et surtout T Egypte hellénistique, a exercé sur Tart byzantin une influence puissante. Byzance doit à
1. Strzygowski, Urëprung and Sieg d. altbyz, Kunst p. xviii-xix cl Kleinasien, 117-118.
2. La publication des morceaux d'architecture de Baouit, que prépare M. IChassinat, et celle des fragments provenant de Saint-Jérémie, en faisant connaître deux- grands ensembles datant du v*au vii« siècle, préciseront U* caractère de Tari chrétien d'Egypte dans sa période ancienne. Cf. en attendant dans ie catalogue de Strzygowski, Koplische Kunst, les n^» 7295 à 730» (niches A coquille), 7301 et suiv. (frises à enroulements de feuillage, ou à animaux inscrits dans des cercles, provenant d'Ahnaset de Baouit), 7344 et suiv. (chapiteaux). Strsygowski lui-même reconnaît que plusieurs de ces chapiteaux sont d'importation byzantine (n** 7350 et suiv.) Le chapiteau de Baouit à têtes de béliers n'est pas moins nettement byzantin .