LE PSAUTIER SERBE DE MUNICH
bleus et les violets. » Ainsi les Slaves surent s'approprier Timpressionnisme byzantin.
Assurément, dans les œuvres de la miniature qui viennent d'être passées en revue, on sent ' des Jtraces incontestables de décadence. Le dessin est souvent médiocre, hâtif et négligé, les couleurs plates, Texécution grossière. Peu d'idées, traduites par un barbouillage souvent enfantin : c'est par cette définition dédaigneuse que Kondakof caractérise l'illustration des manuscrits dans cette dernière période ''- Il ne faut point exagérer la sévérité de ce jugement. Sans doute le temps est passé des éditions somptueuses^ magnifiquement enluminées ; sans doute l'illustration des manuscrits a pris un caractère de plus en plus populaire. Quelques œuvres d'une réelle beauté tranchent pourtant sur la médiocrité générale; et si, par sa nature, la miniature, plus tentée de s'attacher aux modèles anciens, peut sembler moins novatrice peut-être que d'autres formes d'art, on n'y rencontre pas moins, au total, les qualités essentielles de la Renaissance du XIV® siècle, le pittoresque, le mouvement et la vie.