CHAPITRE V
LES TISSUS Vêtements ecclésiastiques. Voiles eucharistiques. Epitaphios de Saloniqae.
On sait quelle fut au moyen âge la renommée des étoffes byzantines, et comment elles furent Tun des éléments principaux du luxe byzantin, soit pour la décoration des palais, soit pour rhabillement des grands personnages. L'Eglise également s'en servit volontiers pour rehausser la splendeur de ses cérémonies. Les anciens inventaires mentionnent, à côté des icônes et des orfèvreries, nombre de précieuses étoffes historiées ou brodées, vêtements ecclésiastiques, nappes d'autel, voiles eucharistiques servant à couvrir la patène ou le calice, ou encore communs aux deux vases sacrés. Beaucoup de ces riches tissus ont naturellement péri. Pourtant à TAthos, en Macédoine, en Roumanie, en Bukovine, en Russie, et dans quelques collections privées d'Occident, il subsiste d'intéressants monuments de cet art; et si beaucoup d'entre eux datent seulement du wi** et du xvn* siècle, en revanche quelques pièces plus anciennes, vraiment belles, sont des œuvres remarquables de la Renaissance byzantine^.
Vêtements ecclésiastiques. — Ce sont d'abord des vêtements ecclésiastiques. Les uns sont faits de soieries portant des dessins tissés dans l'élofFe : le musée Kestner à Hanovre possède un tissu de cette sorte, du xiii° siècle (fig. 412), où, sur le fond pourpre de la soie, se détachent des chevaux ailés au milieu de feuillages^. La plupart, exécutés dans une technique qui semble avoir été très en vog-ue à cette époque, sont en soie richement ornée de broderies. On peut citer, comme exemples de ce genre de travail, un epitrachelion du XV" siècle, conservé à Esphigmenou, et décoré de médaillons enfermant des bustes de saints, les deux « saccos » de Photius à Moscou,
1. Outre les ouvrages cités au cours du chapitre, on consultera pour Vensemble : Farcy, La broderie du Xf* siècle à nos jours, Ançers, 1890 ; Lessing, Die GewebesammLung des K. Kunstgewerhe-Museumy Berlin, 1900 etsuiv.: Migeon, Les arts du tissu^ Paris, 1909.