‹ Manuel d'art byzantin (volume 2)Chapitre 356 sur 370 · Lcssing, lac. cil. y livr · texte numérisé non relu

Lcssing, lac. cil. y livr

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qui remontent au début du xv» siècle, et surtout la fameuse « dalmalique de Charlema^ne », que l'on voit dans la sacrislie de Suint- Pierre de Rome.

Il est à peine besoin de dire que cette broderie n'a rien à faire avec Charlema^ne ; elle date du xiv siècle ou plutôt du commencement du xv"', et c'est, comme le prouvent les inscriptions grecques

Fig. 412. — Tissu de soie (Hanovre, Musée Keslner), d'après Leasing.

qui y sont tracées, une œuvre certaine de l'art byzantin. Elle est tout à fait remarquable. Sur une étoffe de soie bleu foncé, des broderies sont eséculées en argent et en or. Sur le dos du vêtement est représentée la Transfiguration, qui rappelle de façon frappante la peinture de la Peribleptoa de Mistra et la miniature du manuscrit de Cantacuzène, où le même thème e^l figuré : c'est la même souplesse des mouvements, lu même vérité dans les altitudes, le même art libre et pittoresque, sincère et vivant. Sur les épaulières, la Communion des .\pôtre^i est brodée en deux épisodes. Sur le devant enfin (fig.413), le Christ Emmanuel." la résurrection et la

vie », comme le nomme l'ioscription, est assis dans uae gloire; à ses côtés, se trouvent la Vierge et le Prodrome ; autour de lui des an^es sontgroupég; à ses pieds passe une procession de rois, de patriarchef , d'évéques, de moines, de religieuses. Au bas du médaillon où e-t

Fig, 413. — Dalmalique dite de Charlemasne [Phol. Alinari).

enfermée cette grande scène qui rappelle " la seconde venue dj ChrisL i>, on voit le bon larron et Abraham tenant une petiU ligure dans son sein. Ici encore l'ensemble de la composition, l'effi-l très décoratif qu'elle produit, et en particulier la grâce des anges. font penser aux fresquesde Mîstra ; et surtout le coloris harmonieux et éclatant monti'e que les artistes qui dirigèrent les b^odeu^e^ appartenaient à la même école.

VOILER BUCIIARISTIQUBS

Voiles eacharialiqaes. ^- Des qualités semblables se rencontrent dans les broderiesquidécoreol les voiles eucharistiques. Dans la collégiale de CastelTArquato (province de Plaisance), on conserve deux*

carrés de soie, à fond rouge, brodés d'or et de fil bleu, et qui portent des inscriptions grecques. On y voit représentée en deux épisodes la Communion des Apôtres (fig. Il 4), un sujet qui, traité depuis le ix* siècle dans les miniatures et les mosaïques, élait. on l'a vu, dans leséglisesdu jtiv" siècle, l'objet d'une particulière prédilection. Ces'' à celte date précisément que se rapportent ces étolTes : elles furent offertes à la collégiale |>ar un patriarche d'.Aquilée, qui mourut en l/Anael d'Arlbyiantin. 51

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1SI4 ' ;et elles présentent, dansla composition, la pittoresque variété, dans les fonds, le décor architectural qui caractérisent les ouvrages de ce temps. Des étoffes à sujet semblable se rencontrent au couvent de Rossikon, à TAthos (étoffe portant l'inscription t) pLeTzSoaic, et une autre inscription en slave, zv* siècle) et à Saint-Clément d*0' chrida (xv* ou xvi* siècle). Au couvent de Chilandari, à TAlhos, on conserve d^autre part un voile d'autel, où le Christ, debout entre deux ançes, bénit saint Basile et saint Jean Chrysostome : une inscription serbe donne la date de 1399. Enfin, à Ochrida, dans le trésor de Saint-Clément, deux tissus représentent la Présentation de la Vierge et la Crucifixion ; tous (^ux portent des inscriptions grecques et le second date du xiv* ou xv* siècle. Ces petits panneaux brodés, figurant les fêtes chrétiennes, encadraient souvent la composition centrale des grands voiles eucharis tiques, qu^on nommait « aêr » ou « épitaphios ».

ÉpUaphios de Salonique^, — Ces voiles, que Ton portait à la suite des dons, au moment de la « grande entrée », étaient appelés « épitaphios », parce qu'ils portaient d'ordinaire Timage du Christ mort et symbolisaient le linceul du Sauveur. La composition qui y est représentée se rencontre dès le xii* siècle sur un émail du reliquaire Stroga no f, où auprès du Christ mort et couché se tiennent deux anges inclinant des éventails vers le cadavre. A mesure que le temps marche, ce thème initial se développe et se complique par de successives additions. Aux deux anges debout s'ajoutent des anges pleurant sur le cadavre du Seigneur (Salonique), puis la Vier^ et saint Jean (Bucarest), puis les Saintes Femmes (Chilandari) ; et dans cette série de modifications, on peut constater une recherche croissante du pathétique, qui s'accorde bien avec les tendances générales de l'art du xiv« et du xv* siècle.

11 nous reste une suite assez nombreuse de monuments de cette catégorie. Le plus ancien est celui de Saint-Clément d'Ochrida(fig. 415). qui fut offert à cette église, ainsi que le marque une inscription grecque, par l'empereur Andronic II Paléologue (fin xiii*, commencement xiv* siècle)'. C'est une belle soierie de couleur cramoisie, où l'or ne tient aucune place; deux anges vêtus en diacres et tenant des

1. Munoz, Lart byzantin à V exposition de GrotUi ferra ta^ Rome, 1906, p. 130 et suiv.

2. Le Tourneau et Millel, Un chef-d'œuvre de la broderie byzantine BCU.. XXIX, 1905) ; Kon dakof, Macédoine, Pétersbourg, 1909.

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