LE GOÛT DU POBTRAIT
édifices religieux du iv® et du \^ siècle sont pleines de motifs profanes, d*oiseaux et de fleurs, de scènes de pèche et de chasse, de paysages égyptiens représentant les rives du Nil, d'architectures toutes semblables à celles des fresques pompéiennes, de peintures de genre et d'ornements de toute sorte, il serait aisé de montrer, après Aînalof, par de nombreux exemples, quelle place les traditions alexandrines ont prise dans l'art chrétien et conservée dans Tart byzantin. Il suffira de rappeler quelques monuments particulièrement caractéristiques, tels que les mosaïques de Sainte-Constance, à Rome (fig. 19], avec leur fleuve où des enfants nus jouent parmi des animatix aquatiques, celles de Saint-Georges de Salonique et du baptistère des orthodoxes à Ravenne, avec leur brillant décor d^architectures, celles enfin de Saint-Ktienne de Gaza, décrites par Choricius, avec leur représentation nettement caractérisée du Nil. Le goût du portrait. — A côté de son goût pour la décoration pittoresque, Tart alexandrin avait fort aimé aussi le réalisme. Les portraits égyptiens, si vivants, si expressifs, retrouvés au Fayoum, montrent combien Tart hellénistique s'appliqua et réussit à traduire les traits individuels d'un visage, l'expression d'une physionomie. Cette tradition encore passa dans l'art chrétien. Aînalof a fort bien montré comment les traits essentiels des portraits égyptiens et leurs procédés d'exécution caractéristiques se retrouvent, soit dans les icônes peintes à l'encaustique qui proviennent du Sinaï, soit dans les mosaïques qui, à Ravenne ou au Sinaï, figurent dans une série de médaillons des images d'évêques ou de moines, soit dans les verres, comme celui du musée de Brescia, que décorent des effigies d'une vie et d'une vérité si intenses. Ce sont les mêmes yeux largement ouverts, la même prunelle ronde placée tout près du nez, les mêmes lèvres aux commissures nettes, la même expression sérieuse et grave, la même façon de figurer en buste le personnage (fig. 20). Ce goût du portrait devait avoir une grande influence sur le développement de l'art chrétien. Lorsque, vers la finduiv® siècle, cet art évolua vers le style monumental, lorsque l'Église, en faisant de la peinture un moyen d'édification, l'orienta vers le style historique, la tradition hellénistique du portrait aida puissamment à la formation de la nouvelle peinture d'histoire. C'est l'application de ses procédés qui donna aux figures idéales du Christ, de la Vierge, des apôtres, des évangélistes, un caractère plus individuel et qui en Hxa le type historique. C'est elle qui aux images saintes mêla ces portraits des vivants, princes, évêques, higoumènes, qui donnent à
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la mosaïque byzantine un si puissant accent de vérité. Ici encore Byzance dut énormément à l'art alexandrin et il est remarquable qu'elle y ait simultanément ■'encontre et emprunté ces deux choses en apparence contradictoires, la décoration pittoresque, d'orîpne
puremeiil hellénistique, et la tradition du portrait, qui aidn à Tormer le style historique, plus spécifiquement oriental.
Il est intéressant de rechercher, de même que nous l'avons fait pour la Syrie, le mélange de ces deux traditions dans les nionu-