LES FRESQUES
roents d'art de provenance sûrement égyptienne et de voir comment cette combinaison d'éléments contraires, où de plus en plus l'Orient prédomine, fut le trait caractéristique et longtemps durable de cet art.
Les fresques, — Les découvertes de ces dernières années nous ont fait connaître, en Egypte, un certain nombre de peintures de Tépoque chrétienne, qui ont dans l'histoire de l'art une importance d'autant plus grande que les monuments de celte catégorie étaient jusqu'ici fort peu nombreux pour la période qui va du iv® au ix* siècle ^.
Beaucoup de ces peintures proviennent des chapelles funéraires des oasis du désert libyque, et beaucoup d'entre elles s'inspirent de la pure tradition hellénistique. C'^si. ainsi que^ dans la^nécropole d'El Bagaouat, là coupole d'une des chapelles, datant du iv^ siècle, montrejfiâ^ènes symboliques des Catacombes disposées sans ordre et sans cadre^sïîr un fond blanc parsemé de rinceaux où des oiseaux picorent; sur les murailles et à l'abside, le décor est purement ornemental. A la coupole d'une autre chapelle de la même nécropole, des figures allégoriques demi-nues, représentant la Paix, la Justice, la Prière, attestent également l'influence de l'esprit hellénistique. Et à côté de ces éléments grecs, déjà des traits orientaux apparaissent dans la façon de vêtir les personnages, Jonas ou Daniel, et de leur donner parla un caractère plus individuel. L'évolution se précise encore dans la coupole déjà mentionnée d'El Bagaouat, où l'on trouve, mêlées aux personnifications alexandrines, une longue suite de figures monumentales empruntées au Nouveau Testament. « Ainsi on voit en un même lieu la décoration libre et souple inspirée par la tradition hellénistique céder la place aux zones concentriques, aux processions sévères et monotones, aux figures de grandeur naturelle ou de proportions colossales, alignées sur un «eul plan, sans fond ni accessoires, en un mot, au style monumental^. )>
Le même contraste, et plus frappant encore, apparaît dans les fresques récemment découvertes à Baouit, en Haute-Egypte, dont une partie remonte sans nul doute au vi® siècle. L'influence du style hellénistique s'y manifeste avec persistance dans la décoration, sou-
1. W. de Bock, Matériaux pour servir à Varchéologie de V Egypte c/ire- ^ien/ie, Pétersbourg, 1901; C. M. Kaufm'ann, Ein att-christlisches Pompéi in der Ubyschen Wûate^ Mayence, 1902 ; CIcdai, Le monastère et la nécropole de Bnouit, Caire, 1904-1906; Quibell, Excavations at Saqqara^ Caire, 1908; Gayet, VArt copte; et surtout, pour tou8 les monuments cités, Aïnalof, Origines.