Strzygowski, Helleniitische Kuntl, p. 7i-7â
2. Schlumberger, Un ivoire chrétien inédit du musée du Lourre Mmii. Piol, 1891) : Sti*7y|fowski, Orient oder Roniy 72-73.
lyque un produit de l'arl monastique de la Haute 'l'Egypte et l'oppoiît;
!ii un frappant conlrasle à l'art lout alexandrin de l'ivoire Barbeini.
Vévolulion de l'art chrétien en Egypte. — On retrouvera plus
CE QUE BYZANCE DOIT A l'eGYPTE 77
lard ces monuments. Ce qui importe ici, c'est de montrer brièvement comment s'acheva et où aboutit l'évolution qui, en Egypte, substituait progressivement à Ta rt hellénistique un art indigène tout impré^ ^né d^Orient. D*abordcet art resta fidèle aux types que la Grèce avait aimés; mais il dessécha et raidit ces souples figures, durcit les plis des étoifes, imposa des attitudes conventionnelles, transforma selon le goût national ces éléments étrangers. Bientôt cet art fit un pas de plus. « La Grèce aryenne, dit Strzygowski, était toujours demeurée incompréhensible aux Chamites, comme l'esprit et les formes du (gothique le furent à l'Italie^. » L'art copte fmit par éliminer presque totalement les figures, pour les remplacer par la riche ornementation qu^il emprunta à la Syrie. Le décor de pampres, de bonne heure cher à rOrîent, y eut en particulier une durable fortune ; il fut traité dans le style un peu conventionnel et selon les procédés que Ton rencontre à Mschatta. En même temps, ce qui restait de représentations figurées se modelait sur les types syriens. C'est à ce dernier terme qu'aboutira Tart copte, à être un art national égyptien, modifié au contact de la Syrie, et aussi distinct de Tart byzantin que l'est l'art national syrien.
Ce que Byzance doit à V Egypte. — Mais, avant que cette évolution s'achevât, TÉgypte hellénistique avait exercé sur Byzance une influence profonde. La tradition pittoresque de l'art alexandrin, avec ses architectures, ses paysages, ses scènes de genre, s'était transmise à Constantinople, et, jusque dans l'art monumental même, cette tradition devait maintenir quelque chose de la Grèce antique. On a longtemps méconnu la part de l'Egypte dans la formation de TaK byzantin. Selon la juste remarque de Strzygowski, on incline aujourd'hui à tomber d'un extrême dans l'autre, et à vouloir tout faire venir d'Alexandrie ^. Il est certain que, pour bien des monuments, il est souvent assez malaisé de dire s'ils sont de provenance égyptienne ou syrienne, et que le voisinage des deux pays a donné plus d'un trait commun à leurs deux arts. Il est donc prudent, dans bien des cas, de se contenter pour l'instant de l'appellation, plus vague, d'art syro-égyptien, le mot servant à désigner les influences des provinces méridionales, plus imprégnées d'Orient, par opposition aux influences, plus purement hellénistiques, qui, de l'Asie Mineure, agirent sur Fart byzantin.