‹ Manuel d'art byzantin (volume 2)Chapitre 65 sur 370 · I. lannnl.Uelpheti:hrilien B. C. H., XXIII · texte numérisé non relu

I. lannnl.Uelpheti:hrilien B. C. H., XXIII

Vif. ia. — ConsHnlinople. Saint .lean du Stondion. Chapiteau lliéoiln»ieii(Phol. P.her«jll).

Constantinople travaillait s

tôt on fil gonflées et comme retournées par le vent, que plus généralement on disposa en deux rangées superposées de huit feuilles, avec, entre les volules, des feuilles droites d'acanthe molle au lieu des oves. Ainsi se créa un type nouveau, qu'on a nommé le chapiteau théodosUn. L'exemplaire daté le plus ancien qu'on en rencontre est de 463 et se trouve à Constant) no pie dans la basilique du Stoudion (auj. Emir-Achor-djami) (lig. 56). Mais l'usage semble

s'en être répandu dès le temps de Théodose 11. On le trouve dans tout rOrienl, à l'Eski-djouma de Salonique, à Delphes et jusqu'en Italie. Mais on s'apei-çut vite que le tailloir de ce chapiteau recevait mal la retombée des arcs. On plaça donc au-dessus du chapiteau une pièce intermédiaire, l'imposte, sorte de coussinet en forme de pyramide tronquée et renversée (lig. 57). L'imposte semble être née en Syrie et peut-être est-elle d'origine perse : en tout cas, elle Manatl d'Art byzantin 9

devini, dès le v'' siècle, d'un usage courant dans les monumenls syriens comme dans les monuments africains (Tébessa, Tîgzirt). à

Saluniqiie*(Saint-néniéli'tus) comme en Italie, où l'imposte se coii- »er\a même jusqu'au vi^ siècle à Sainl-Vilal de Havenne{fig. 58) ou à Parenio. Généralement, elle fut richement ornée de sculptures, canlhe ou de vigne, animaux alTrontés, croix et mono-

é\OLtTI..?l DU CHAI-ITE.*f 131

Mais ce parli ofTrait ud danger encore : les deux pièces superpoiéw pouvaient se disjoindre. On eut alori l'idée de Ice souder l'une à l'aulre et de créer ainsi un type nouveau, le chapiteauimposte, procédant des modèles fournis par la Perse sassanide et dont l'exemple le plus ancien, sans décoration aucune, apparait en .V28, â Constantinople, dans la citerne de Bin bir-Direk. Ce chapi-

Pig. 39. — Salonique. Chapiteau i Sainte-Sophie (Phnt. I.e Toiirneuu .

teau eut tantôt une forme cubique un peu massive Sainte-Sophie lie Sainnique), voisine d'un tronc de pyramide renversée ifig. 59;. tantôt une forme plus souple et plus élégante, se rapprochant du tronc de c<'ine : c'est le chapiteau à corbeille, dont on trouve d'admirables exemplaires à Sainte-Sophie de Conslantinople li^,'. 6<l|. Parfois aussi, aux volutes des angles, on substitua des tètes d'animaux, aigles, béliers, etc. (lîg. 6)1. ce qui semble bien encore être une inspiration persane. Et de même, la décoration dont furent revêtus l'imposte et le chapiteau-imposte fut d'inspiration et de techniquelout orientales. L'ornement, perdant toutcaraclère plastique, s'appliqua sur les faces du chapiteau comme une dentelle, tantôt découpée à jour, tantôt minutieusement ciselée, couvrant toutes les surfaces d'un réseau compliqué de rinceaux, de trcsxes et d'entrelacs, qui se détachent sur un champ d'ombre uniforme. Beaucoup

133 lA DIFFUSION DBS mFLUBNt^ES OBIENTALES

des motifs de cette décoration, l'acanthe mise à pari, furent empruntés du reste k l'Orient par rinlernièdiaire des tissus el des mosaïques. Mais ici encore, sur ces données étrangères, Gonstantinople, au v' et au vi" siècle, travailla pour en tirer des créations originales. Le voisinage des carrières de marbre de Proconnèse lui fournissait à point nommé, avec des matériaux admirables, des artisans expérimentés : elle put ainsi imaginer le chapiteau théodosien.

K Set^e el Bacchus.

inventer le chapiteau-imposte et les répandre à travers le monde. C'esl en marbre de Proconnèse — chose significative — que sont exécuté!) les nombreux chapiteaux répandus dans tout le bassin méditerranéen : preuve évidente du rôle que joua Constantinople dans cette évolulion et de l'influence que par là elle exerça.

Onginalilé créatrice de l'art byzantin. — Mais sutout la capitale travailla sur les apports qui lui vinrent d'Asie Mineure. « L'Asie Mineure, dit ingénieusement Strzygnwski, est le corps de l'art byzantin. Sur ce corps, Constantinople mit un vêlement nouveau, grâce aux courants qui convorgèreni dans la capitale, aussi bien du sud hellénistique de Syrie el d'Ugypte que de l'Orient asiatique et persan '. »

Page 1