LA BASILIQUE PU STOUDION
La'ba»iliqae du Stoudton. — De 463 date la basilique de Saint- Jean du Sloudion (auj. Emir-Achor-djami). Elle est pleinement conforme au type hellénistique, don! elle a l'atrium, les trois nefs. le» tribunes, et elle le réalise même avec un certain esprit c leur, puisque la plate-bande y persiste au lieu des arcades.
Fig. SI. — Constanlinople. Eglise des Sainls Scrute et Bicchua. Plan (d'après le relevé de M. A. Tliiers).
y Irouve dans la décoration le chapiteau théodosien , qui est comme la marque propre qu'y a mise Constanlinople. On y a également retrouvé récemment un chapiteau composite à têtes d'aigles, fort semblable û ceux qui décoraient la Porle dorée : el aussi bien, dans l'ensemble de la construction, la basilique oiïre avec ce dernier monument des analogies tout à fait remarquables. Enfin, à l'entablement du portique extérieur, les rinceaux d'acanthe qui décorent la frise.
136 LA DirFUSiOH DBS rNFLUBNCES obib:4Tales
découpés à jour de façon à se délacheren vigueur sur le fond d'ombre, rappellent, par l'inspiralion comme par la technique, les procédés de romemenUtion syrienne.
L'église des Saints Serge et liacchvs. — Du premier tiers du vr siècle date un édifice à plan central, I "église des Saints Serge el Bacchus, élevée par les soins de Juslinien et de Théodora, dont les chapiteaux portent les monogrammes «sculptés (fig. 62 et (V{).
eAINTE-IRÈNB 137
Si on compare celle construcUon aux édilices analogues coDservé:< ea Syrie, et qui la précèdenl de quelques années à peine, tels que la cathédrale de Bosra (512) et Saint'Georgesd'E^ra ('515), on voit d'un coup d'u-il toul le progrés réalisé. Ce n'est plus aux angles extérieurs du carra que sont placé:^ les exèdres destinés à contrebuter les poussées de la coupole ; par un art tout autrement savant, ils s'ouvrent sur l'oclogone central, et les piliers entre lesquels ils sont ménagés sont reliés aux murs extérieurs par tout un système
d'arcs et de voAtes concourant à la bu- \J|
tée de la coupole. Par celle innovation capitale, en même temps que l'équilibre est fortifié, l'édifice est entièrement modifié dans son dessin et dans son aspect. Sans doute, comme au Stoudion, lu plate-bande subsiste au dessus des colonnes : mais les tribunes ré^'nanl au pourtour de l'édifice et surtout l'ingénieuse construction de la coupole attestent, avec l'habile répnrlitiou des poussées, le progrès accompli dans la p. g, |:v,||,p , réalisation du type. Bâtie en matériaux Irène. Plnn d'aprc» Holtlégers, cette coupole se raccorde à Toc- 'nnF*'-. logone de base par un tracé à seize
cAtés, alternativement droits ou courbes, qui donnent naissance à autant de fuseaux, alternalivement plats ou côtelés, se réunissant au sommet de la coupole. Chacun des fuseaux côtelés correspond aux huit grands piliers de base et est conlrebuté à l'extérieur de la coupole par d'ingénieux contreforts : système de construction aussi savant que simple et qui marque clairement les progrès accomplis *, Sainte- Irène '^. — Il en va de même à Sainle-frène, construite en 532 par Justinien, et où apparaît le type de la basilique à coupole, mais modifié par une ingénieuse solution des problèmes d'équilibre (fig. 64et65). Les berceau.t qui, à Sainte-Sophie de Salonique, contrebutaient la coupole, furent prolongés ici jusqu'au mur tl'enccinlc
I. C'est à tort que Choisy, pi. W, 1, représente In coupole romme cnn-^lituée par seize cA (es creuses. Le parti exact a été dclerminé par Xns intcrc;«»ant!' rdevéf de MM. Etwrsolt et Thiers.
3. Beljajev, L'égluede Stinle-lriae (Vit. Vi*m. I ;1BBH, el IJ ,tn russf).
138 LA DIFFUSION UES INFLUENCES ntllBHTALES
eslérieur, les petites arcades qui séparent la grande nef des bascôtés ne se répétant point à l'étage supérieur. Ces berceaux dessinaient ainsi une croii avec ceux de la nef, et dans cette disposition était déjà en germe le plan byzantin à croix grecque. Mais, à Sainte-Irène, malgré la seconde coupole, basse et aveugle, couvrant la partie ouest de la nef, le prolongement de cette nef et I etroitesse des collatéraux rattachaient nettement encore l'édifice au type de In basilique à coupole '.
Kig. âï. — Constanlinoplc. Sainlo-lrène (PliuL. Sebah et Joaillier).
La citerne de Bin-htr-Direk. — Ce qui frappe dans ces édifices. c'est l'ingéniosité des partis employés, l'habileté savante à résoudre les problèmes d'équilibre, l'audace croissante et le progrès continu qui, d'un monument à l'autre, se manireslent dans la conception comme dans l'exécuLion. La même évolution apparaît, on l'a vu, dans les citernes de la capitale et s'achève avec un incomparable éclat dans les magnifiques réservoirs de Jéré-balan-Séraï et de Binbir-Direk^. Dans le premier, qui n'a qu'un étage de colonnes et
1. Les mènicE solutions apparaïsseiil dans les ruines de l'église de Philippe» en Maccdoinc. conlcmporaine de Sainte-Iréne, et comme elle, intermédiaire entre la basilique A coupole et le plan en croix grecque (Slrzygowski, DieRuine von Philippi BZ, XI (1903), p. ils).