‹ Manuel d'art byzantin (volume 2)Chapitre 71 sur 370 · LE PLAN · texte numérisé non relu

LE PLAN

s'appuie par des pendentifs sur quatre grands arcs, qui eux-mêmes reposent sur quatre piliers colossaux. Deux de ces arcs, au nord et au sud, sont des formerets qui enveloppent un mur plein, percé de deux rangées de fenêtres, et soutenu par deux étages de colonnes ; à Test et à Touest, les grands arcs s'appuient, au contraire, sur deux vastes demi-coupoles conirebutant et soutenant la coupole centrale, et épaulées, à leur tour, chacune par deux niches plus petites. Une abside en saillie, polygonale à Texterieur, circulaire à l'intérieur, s'ouvre au milieu de Thémicycle que recouvre la demicoupole de Test; les exèdres latéraux mettent, de même que les arcades de droite et de gauche, la nef principale en communication avec les bascôtés. Ceux-ci, voûtés en arête, sont surmontés de tribunes couvertes de voûtes sphériques, et qui font le tour de Féglise en passant au-dessus du narthex.

Ces galeries supérieures étaient réservées aux femmes : c'est là qu'avec les dames de sa cour, l'impératrice assistait aux offices et donnait parfois ses au- Fig.6H. — CoiisUniinople. Sainte-Sophie, diences en cerUins jours de Plan (d'après Holtzinger .

fêtes solennelles.

11 est aisé d*apercevoir les rapports qu'offre ce plan avec ceux

des édifices que nous connaissons déjà. Parla longueur de la nef,

risolement des formei^ets, les deux étages d'arcades latérales,

Sainte-Sophie se rattache au type des basiliques à coupole. Mais.

à Test et à Touest, au lieu des berceaux qui, dans ce type, épaulent

la coupole centrale, on trouve ici un autre parti employé, qui se

rattache semblablement à des édifices antérieurs. Coupez par le

milieu, suivant une ligne nord-sud, le plan des saints Serge et Manuel d*Art byzantin. 10

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1 46 SAINTE'SOPIIIB

Bacchus, entre les deux demi-coupoles, ainsi formées, intercalez une coupole plus haute qui s'appuiera sur elles, ajoutez les collatéraux, vous aurez Sainte-Sophie. Ainsi la Grande Église n'est que l'aboutissement final d*une évolution longuement préparée : tnai& ce qui en fait quelque chose d'original et d'unique, c'est que ces partis y ont été réalisés avec une ampleur de proportion, une harmonie de lignes, une audace de conception, qui font des constructeurs de Sainte-Sophie tout autre chose que des imitateurs, et de leur œuvre u une merveille de stabilité et de hardiesse », que ne pouvaient faire même pressentir les modestes édifices de Tâge précédent.

La coupole, — Un problème surtout était d'une difficulté singulière : les proportions énormes que l'architecte avait assignées à sa coupole imposaient au constructeur les recherches les pi un délicates. On apporta à cette partie de l'édifice une attention toute particulière. Les pierres des quatre piliers, soigneusement appareillées, furentscellées avec du ciment et liées par des crampons de fer; pour rendre plus uniforme la répartition des charges, on assole» lits de pierre sur des feuilles de plomb laminé ; pour prévenir Téclatement des colonnes qui soutenaient le mur sous les formerets, encercla les fûts de frettes métalliques ; et, malgré ces précautions, plus d'une fois les points d'appui manquèrent fléchir sous le poid& des grands arcs qu*i]s soutenaient. Pour la coupole même, la difficulté était plus considérable encore. Pour en diminuer le poids, onem{Aoya à la construire des matériaux particuliers, des tuiles d'une terre blanche et spongieuse, extrêmement légère, que Ton fabriquait à Rhodes; pour raidir et rendre moins déforma Ble cette coque mince qui constituait le dôme, on la partagea en quarante fuseaux par autant de nervures saillantes convergeant au sommet ; pour en atténuer les poussées, on l'enveloppa à la base d'une gaine extérieure, constituée par une suite d'éperons ou de contreforts, logés dans l'intervalle des baies d'éclairage. Enfin on aboutit, et, à plus de cinquante mètres au-dessus du sol, la coupole de Sainte-Sophie s'éleva, « ouvrage admirable et terrifiant tout ensemble », selon le mot de Procope, et qui semble, dit le même écrivain, « moins reposer sur la maçonnerie qu'être suspendue par une chaîne d'or du haut du ciel » (fig. 69).

C'est par là surtout, par « la prodigieuse légèreté de sa structure * », bien plus encore que par le luxe de ses mosaïques et de ses

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