‹ Manuel d'art byzantin (volume 2)Chapitre 72 sur 370 · Choisy. p · texte numérisé non relu

Choisy. p

LES COMBINAISONS v'éQUUBnB 147

marbres, que Sainte-'^ophie étonna les contemporains. Il importe donc d'analyser brièvement ces organes de Boutènement, si légers

;l si savants tout ensemble, de montrer comment furent délerminées :e8 combinaisons d'équilibre, qui firent tant d'honneur à la science ;t au génie d'Anthémios.

Let combinaisons (tèqailibre. — « Sainte-Sophie, dit Choisy, con-

siste essentiellement en une salle à pendentifs, dont la voûte centrale est soutenue sur deux de ses face^ par de grandes niches, et sur les deux autres faces par deux arcs de tête ^ » C'est là un exemple, qui n'est point rare, de l'association de deux procédés distincts de butée : mais ces deux systèmes, concurremment admis, sont loin d'olTrir d'égales garanties de solidité. Avec les niches plus petites qui les soutiennent, l'équilibre des deux demi-coupoles de Test et.de l'ouest est surabondamment assuré. Il n'en va pas de même pour les formerets du nord et du sud, dont la stabilité est beaucoup plus restreinte, et qui seraient incapables à eux seuls de maintenir les poussées de la coupole, sans le concours de vigoureux contreforts, dressés à l'extérieur, au-dessus de la terrasse des collatéraux. Ces contreforts, composés de deux éperons d'inégale épaisseur, ne présentent, conformément à l'usage byzantin, aucune saillie sur la face extérieure de l'édifice; ils apparaissent au-dessus des bas côtés comme de simples murs de refends. Des combinaisons non moins savantes assurèrent l'équilibre des collatéraux ^, par une ingénieuse combinaison de larges formerets et d'éperons adossés au mur d'enceinte. « L'effet de cette construction, dit Choisy, où les contreforts sont presque tous remplacés par des voûtes de butée, est surprenant de hardiesse. Hardiesse, disons-le, un peu téméraire, et qui faillit compromettre l'existence même du monument ^. »

Le 7 mai 558, la merveilleuse coupole, ne justifiant que trop les craintes qu'elle faisait concevoir aux architectes, s'écroula, écrasant sous ses ruines l'ambon placé au-dessous. L'accident causa dans Tempire une consternation générale, et Justinien n'eut de cesse que le mal ne fût réparé. Mais Anthémius et Isidore étaient morts ; on chargea donc un neveu du second de reprendre l'œuvre des deux grands architectes. II rétablit la coupole dans des conditions de moindre poussée, c'est-à-dire, avec plus de flèche et, tout en la surélevant de trente pieds, il lui donna, avec une moindre envergure, une forme générale moins audacieuse ; en outre, pour renforcer les formerets, il les empâta dans un massif de garniture. En 562, l'ouvrage était achevé. Le 24 décembre, veille de Noël, pour la seconde fois, en présence de l'empereur et du patriarche, on inaugura la Grande Eglise ; et à cette occasion, Paul le Silentiaire prononça devant Justinien sa fameuse Description de Sainte-Sophie.

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