LA DECORATION POLYCHROME
t^ierre qu^elle enveloppe. Les mêmes motifs et les mêmes procédés ^ rencontrent à la courbe extérieure et intérieure des arcades, et de même, dans les écotnçons, Tacanthe enroule ses feuilles blanches se détachant sur champ noir autour de disques de porphyre ou de marbre vert. On a signalé déjà la frappante ressemblance qu'offre cette décoration sculptée avec celle de Mschatta ; pareillement, ce sont des ipotifs d'origine orientale, fleurons, rosaces, entrelacs, qui décorent en partie les corniches, les plates-bandes et les encadrements, et qui apparaissent sur les parapets des galeries.
La décoration polychrome. — Mais ce qui surtout mérite Faltentîon, c'est la splendeur de la décoration polychrome. Sur le sol, les marbres de toutes couleurs, les jaspes, les albâtres, les porphyres, les serpentines, se disposent et s'enroulent en combinaisons qui semblent nuancées par la main du plus habilç des peintres ; on dirait, selon le mot d'un contemporain, d'un tapis, ou encore d'un jardin, tout jonché de fleurs de pourpre semées dans l'épaisseur du ^azon. Les grandes colonnes de la nef sont en vert antique^ celles des exèdres en porphyre d'Egypte. Toute la partie inférieure des murailles est tapissée d'incrustations de marbre (fîg. 71). Dans les nefs, ce sont des panneaux multicolores, encadrés de fines bordures dentelées ou de larges bandes sculptées de marbre blanc ; les uns sont veinés de veines symétriques ; ailleurs les tons foncés alternent avec les tons clairs; au sommet, sous la corniche, court une frise de ciment colorié incrusté dans les creux d'un dessin ornemental. Les marbres les plus précieux, les combinaisons les plus rares ont été réservées pour l'abside. Autour de carrés ou de cercles, formant le centre du panneau, des figures géométriques se dessinent, des rinceauxou des volutes sedéroulent, des dauphins affrontés se disposent ; et quelques-uns de ces panneaux ont tout l'éclat, tout le velouté de tapis d'Orient. Jadis, dans le sanctuaire^ au-dessous des incrustations, des plaques d'argent tapissaient les murailles. Au-dessus, sur le mur qu^encadrent les hauts formerets, à la courbe des coupoles et des absides, sur les voûtes des tribunes et des collatéraux, d'immenses mosaïques se déroulent sur des fonds d'or vif ou de bleu foncé.
Les mosaïques. — La figure humaine semble avoir tenu peu de
place dans les mosaïques qui, à Sainte-Sophie, datent avec certitude
du vi" siècle : tout au plus peut-on attribuer à cette époque le bel
archange qui se trouve sur le mur méridional du sanctuaire (fîg. 72),
et, au portail du sud, une mosaïque, encore vue par Fossati, et
où la Vierge était représentée avec son divin fils, entre Justinien lui