‹ Manuel d'art byzantinChapitre 104 sur 309 · DIPTYQUES · texte numérisé non relu

DIPTYQUES

figurée l’apothéose du Christ (fig. 323) : le panneau central représente la Déisis, au-dessous de laquelle s'alignent cinq apôtres ; huit saints guerriers occupent les panneaux. L’exécution est une pure merveille. Chaque attitude, chaque visage semble avoir été étudié d'après nature, tant il y de différence dans les mouvements, de variété et d'harmonie dans les draperies, de beauté expressive dans les figures. Assurément, dans cette belle œuvre, on surprend déjà, dans l'allongement des proportions par exemple, quelque trace de maniérisme ; mais en y sent surtout « uneécole d'artistes connaissant à fond leur métier! ». Certainstraitsde facture sont très caractéristiques : l'habileté et la délicatesse extrêmes dans la façon de traiter les extrémités, l'arrangement tout antique des plis larges et souples, londulation soyeuse des cheveux et des barbes, le style nerveux et réaliste. Les mêmes qualités apparaissent dans la face postérieure, où le panneau central est rempli par une croix pattée d’une ornementation fort élégante. Jadis la polychromie ajoutait son éclat à ce remarquable monument : des traces de dorure subsistent sur les vêtements de plusieurs personnages.

Le musée chrétien du Vatican possède un triptyque dont la composition, à quelques variantes près, rappelle étrangement le triptyque Harbaville, et qui dérive certainement de ce chef-d'œuvre. Mais l'exécution, moins fine et moins attentive, indique un ouvrage d'art industriel, d'époque probablement très postérieure, et qui prouve surtout la haute valeur artistique du modèle sisoigneusementimité?.

On date généralement de la seconde moitié du x° siècle le triptyque Harbaville : certains détails pourtant du style et de l'iconographie, et la parenté assez étroite qu'il présente avec plusieurs autres monuments apparentés eux-mêmes au diptyque de Romain permettraient peut-être de l'attribuer plus légitimement à la seconde moitié du xi° siècle. Faut-il également faire descendre jusqu'à cette époque le coffret-reliquaire de Cortone, où se lisent les noms d'un empereur Constantin et d’un empereur Nicéphore, dans lequel on reconnaît d'ordinaire Nicéphore Phocas (963-969), mais qui pourrail aussi bien être Nicéphore Botaniate (1078-1081) ? Je suis, Je l’avoue, moins frappé que d’autres des ressemblances que la facture de cet ouvrage offrirait avec celle du diptyque de

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