LE CYCLE. ÉVANGÉLIQUE
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n osera qu à partir du 1x° siècle montrer le Christ nu et mort!,
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s'oppose la Résurrection, non plus représentée, comme à l'origine,
Fig. 238. — L'Anastasis. Mosaïque de Daphni (Coll. Hautes Études, B. 335).
par la scène des Saintes Femmes au tombeau, mais par la belle composition de la Descente aux limbes ou Anastasis, qui appa-
1. Reil, Die frühchristl. Darstellungen der Kreuzigung Christi, Leipzig, 1904; Bréhier, Les origines du crucifix dans l’art religieux, Paris, 1904.
raît au commencement du ix° siècle. Le Sauveur, tenant la croix comme un sceptre, y foule aux pieds Satan enchaïiné, renversé sur les portes brisées de l'Hadès, et d'un geste admirable il relève Adam et Ëve, autour desquels se rangent symétriquement les rois David et Salomon et les autres justes, à qui le Prodrome annonce leur délivrance ‘ (fig. 238).
La vie de la Vierge. — C'est sous l'inspiration des évangiles apocryphes que ce thème, un des plus beaux qu’ait créés l'artbyzantin, a pris naissance. La même source a produit le cycle de la vie de la Vierge, qui, à partir du xi° siècle, prend une place grandissante dans la décoration des édifices sacrés. On lerencontre à Sainte- Sophie de Kief comme à Daphni, tantôt plus étendu, tantôt limité à quelques épisodes; on le retrouvera dans Îles églises du xive siècle et dans les églises athonites, toujours traité avec une particulière prédilection. Un de ses épisodes surtout est d'une merveilleuse beauté : c'est la Dormition ou mort de la Vierge, dont le plus ancien exemple se rencontre à Daphni, où, placée audessus de la porte d'entrée, elle termine la série des fêtes. C'est une composition d'un goût tout antique, par le souci de la ligne décoralive qui s'y révèle, par l’harmonieuse répartition des masses qui y apparaît. On a signalé plus d’une fois le saisissant contraste que forme la haute figure du Christ debout avec la ligne horizontale de la Vierge étendue et de la foule des assistants inclinés autour du lit funèbre : il y a là un art supérieur, et l'invention d’un artiste de génie ?.
Ainsi se dégagent de l'Évangile un petit nombre de compositions, qui prennent désormais une place essentielle, et dont lafaveur grandissante achève de fixer définitivement la composition une fois établie. Il n'est pas rare que ces douze scènes soient réunies de façon à former unensemble, rassemblant « le corps entier des saints mystères » et prenant ainsi une signification dogmatique. On trouve de tels groupements dansles tableaux sur bois comme dansles mosaïques portatives (tableaux de l'Opera del Duomo à Florence (fig. 268), sur les ivoires aussi bien que sur les émaux (plaques de la Pala d'Oro à Venise (fig. 347); ils prouvent dans quelles limites plus étroites et plus précises se meut désormais l'iconographie.
1. Millet, Mosaïques de Daphni (Mon. Piot, IT, 1895); Diehl, Mosaïques byzantines de Saint-Luc (Mon. Piot, III, 1897); Schônewolf, Die Darstellung der Auferstehung Christi, Leipzig, 1909.
2. A. Dumont, Sur quelques représentations de la mort de la Vierge (RA 1871, IL); Sinding, Mariae Tod und Himmelfahrt, Christiana, 1903. 1