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Sainte-Sophie de Salonique (Phot. Le Tourneau).
ment de leur importance etsont relégués dans les parties moins en vue de l’église. Toutefois l'esprit dogmatique de la décoration, en attribuant une signification spéciale aux images qui décorent le sanctuaire, donnera naissance ici à quelques compositions d’une inven-
tion originale et d’une saisissante beauté, comme la Communion des Apôtres ou la Divine Liturgie.
Les types. — En même temps les types des personnages sacrés se transforment. Au pur modèle grec l'art byzantin de la seconde époque substitue fréquemment des traits nouveaux, nez busqués, yeux en amande, têtes tournées de trois quarts, longs cheveux noirs tombant sur les épaules, que rien n’annonce dans l'art du vi siècle, et qui apparaissent, de plus en plus accentués, à partir du commencement du xi° siècle. Il semble que les artistes byzantins aient abandonné en partie l'imitation des modèles antiques pour regarder autour d'eux et faire, dans un esprit tout réaliste, de véritables portraits inspirés du monde cosmopolite et bigarré où ils vivaient !. Et aussi bien un souci se manifeste d’individualiser les visages, de donner des traits précis aux figures idéales. On a vu quel caractère de gravité et de sévérité l’art du 1x° siècle attribue au Christ Pantocrator 2; la Vierge pareillement, vers la même époque, prend des traits secs, austères et vieillis, et l'aspect imposant d’une matrone *. Le type du Prodrome se fixe, avec les mèches de ses cheveux et sa barbe broussailleuse. La typologie des apôtres est presque arrêtée au x° siècle, et on peut les identifier presque à coup sûr “ (fig. 239). Si le type des prophètes reste encore plus flottant, certains pourtant d’entre eux, comme David et Salomon, prennent des traits caractéristiques, le premier en particulier avec sa courte barbe blanche et ses cheveux sur la nuque. Certains grands docteurs de l'Église ne sont pas moins aisément reconnaissables : et si la foule des martyrs et des saints se différencie surtout, comme au vi siècle, par la différence de l’âge (hg. 240), certains d'entre eux pourtant se distinguent par des traits individuels, eten particulier certains moines, contemporains ou à peu près de l'artiste, sont figurés avec une frappante vérité, qui n'a plus rien du type conventionnel ÿ. Ici aussi, comme dans les compositions, on sent un effort de création tout à fait remarquable.
Caractère de l'iconographie nouvelle. — Ainsi un grand mouve