‹ Manuel d'art byzantinChapitre 131 sur 309 · COURONNES · texte numérisé non relu

COURONNES

de pendeloques. L'émail est très fin, mais le dessin médiocre et la fabrication peu soignée : on sent une œuvre d'art industriel plutôt qu'une véritable œuvre d’art: L'autre couronne est la fameuse couronne dite de Saint Étienne, conservée au trésor royal de Bude!. Elle fut envoyée au roi de Hongrie Geysa I (Géovits, Kral de Turquie, comme le dénomme l'inscription qui accompagne son portrait) par l'empereur Michel VII (1071- 1078) et son fils associé au trône, le jeune Constantin.

Les images saintes et profanes se mêlent dans la décoration de cet objet. Sous sa forme primitive, il formait une couronne radiée, c’est-à-dire un cercle surmonté de triangles alternant avec des médaillons semi-circulaires. Entre eux, deux plaques plus grandes, s’opposant symétriquement sur le devant et le derrière du diadème, représentent, l'une le Christ trônant, l’autre l’empereur Michel entre son fils et Geysa. Sur le cercle d’or six plaques carrées représentent des archanges et des saints.

La partie supérieure de la couronne, avec la croix qui la surmonte, est de date postérieure.

Fig. 354. — Plaque émaillée de la couronne de Monomaque (musée de L'émaillerie a été assurément Buda-Pesth).

l'une des créations les plus ori-

ginales de Byzance, et nulle part peut-être ne se manifestent mieux les tendances et les caractères essentiels de l'art byzantin, le goût de la polychromie somptueuse, le souci de la couleur plus encore

1. Czobor et Radisics, Les insignes royaux de Hongrie, Budapesth, 1896.

que du dessin, la recherche savante de la réussite habile. Ses procédés lui interdisaient le style pittoresque : aussi ses sujets, comme ceux de la mosaïque, sont-ils empruntés en général à l'iconographie monumentale ; et par là encore, comme la mosaïque, l’émaillerie devait plaire. Il n’est donc point surprenant que, malgré la perte de tant d’orfèvreries précieuses, l’art de l’émaillerie soit encore si magnifiquement représenté. Il n’est pas étonnant non plus que cet art ait exercé autour de lui une profonde influence. Les miniatures du x1° et du xn° siècle montrent souvent, sur les teintes plates des vêtements, un fin réseau de lignes d'or qui fait uniformément scintiller les surfaces.Cette technique brillante atteste le désir qu'a eu le peintre de rivaliser avec l’émailleur, et encore que cette mode ait été passagère, elle prouve le goût passionné qu'eut Byzance pour un art somptueux et brillant entre tous.

LA VERRERIE

Comme l’orfèvrerie, la verrerie byzantine était célèbre au moyen âge!, L'auteur de la Diversarum arlium schedula, le moine Théophile, qui vivait sans doute vers la fin du xi° siècle, vante la supériorité des Grecs dans cet art et décrit quelques-uns de leurs ouvrages. D’après lui, les Byzantins fabriquaient des coupes en verre bleu,décorées de feuillages,d'oiseaux ou de figures humaines dorés, appliqués sous couverte ; souvent, pour faire la décoration plus riche, ils plaçaient entre les médaillons dorés et sur le col des émaux de couleurs diverses, figurant des arabesques et des fleurs. Ils faisaient aussi des coupes et des fioles en verre rouge ou bleu clair, qu'ils ornaient de filets et d'anses en verre blanc ou diversement coloré.Ces indications laissent entrevoir une verrerie de luxe d'une grande magnificence, dont les basileis envoyaient volontiers d’ailleurs les ouvrages en cadeau aux souverains d'Occident. Les mosaistes, d’autre part, faisaient fréquemment appel aux verriers pour la fabrication de leurs cubes d'argent et d'or, et les pâtes de verre enfin se rencontrent plus d'une foisemployéesdans l’orfèvrerie. Tout cela fait supposer une grande activité dans les ateliers des verriers byzantins.

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