LA PEINTURE BYZANTINE DU XIV® AU XVI® SIÈCLE
Venise au xv° et au xvi° siècle !, Il est certain que les peintres crétois de l'Athos semblent avoir, au xvi° siècle, reçu parfois leurs inspirations de Venise. Mais les fresques de Mistra attestent que l’école crétoise est plus ancienne et vient d'ailleurs. Au moment, en effet, où on croit la voir naître en Occident, elle donnait déjà, en décorant la Peribleptos, « une preuve éclatante de sa vitalité », et produisait un chef-d'œuvre. Elle se rattache étroitement par aïlleurs à la tradition byzantine ; elle en a la sobriété, la clarté, la noblesse, qui n'exclut au reste ni le pittoresque ni la grâce ; elle en conserve fermement le haut idéal de distinction. On y constate aussi une habileté technique incomparable, un art raffiné qui, aux larges pratiques de la fresque, substitue « la minutie savante des peintres de chevalet. » M. Millet suppose qu'à la fin du xtv° siècle cette école était florissante à Constantinople et qu'elle y a pris et en a conservé les traditions de la cité impériale.
A côté de ces deux écoles il convient de faire large place à l’école de Constantinople, à « l’œuvre créatrice dont l'honneur revient à la Byzance des Paléologues ?. » Aïnalof a fort bien montré que, dans la capitale byzantine, il y eut au xiv° siècle un grand mouvement d'art, qu'il exista, comme il le dit, une école du palais, dont les mosaïques de Kahrié-djami sont le chef-d'œuvre, mais d’où proviennent bien d'autres ouvrages remarquables, manuscrits illustrés tels que le Jean Cantacuzène, l'Hippocrate ou le Manuel Paléologue de la Bibliothèque Nationale, ou encore le psautier serbe de Munich, somptueuses étoffes comme l’epitaphios d'Ochrida, celui de Salonique ou la dalmatique dite de Charlemagne, icones, etc. . On a vu précédemment quelle influence cette école de la capitale exerça, pour l'architecture, sur les monuments des tsars serbes et des despotes de Mistra, pour la peinture, sur l’école macédonienne aussi bien que sur l'école crétoise. Ce n’est point ici le lieu de rechercher dans quelle mesure, ainsi que le pense Aïnalof, cette école de Constantinople du xiv° siècle a greffé sur le vieux fond byzantin des nouveautés empruntées à l’art roman, à l'art gothique ou à l'art italien de la fin du xti° et du commencement du xive siècle #. Il y a dans ces remarques beaucoup de choses à retenir,