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FORMATION D'UN NOUVEAU SYSTÈME DÉCORATIF

Les mosaïques de la Nouvelle-Église. C'est sous le règne de Basile I (867-886) que se rencontre la première formule précise de

Manuel d'Art byzantin. T. Il. 31

la nouvelle ordonnance décorative. Les mosaïques de la Nea ont depuis longtemps disparu, comme l'édifice lui-même : mais un sermon du patriarche Photius nous en fait bien connaître la disposition. Au sommet de la coupole principale, resplendissait l'image du Christ Pantocrator, « embrassant le monde de ses regards et en méditant le gouvernement » ; autour de ce médaillon central, dans des zones concentriques, des anges montaient la garde autour du divin maître. À l'abside, rayonnait la figure de la Vierge orante, « étendant sur nous ses mains immaculées et priant pour le salut de l'empereur et pour son triomphe sur ses ennemis », Dans l'église enfin, un chœur d'apôtres, de martyrs, de prophètes et de patriarches « remplissait et embellissait tout l'édifice », et le monumententier, aux arcades, aux berceaux, à la voûte des cinq coupoles, était couvert de figures se détachant sur des fonds d’argent ou d'or, etbrillait « comme le firmament constellé d'étoiles ! ».

Les mosaïques des Saints-Apôtres. — Les textes nous font pareillement connaître une autre œuvre qui date peut-être du temps de Basile I et qui n'était pas moins caractéristique. L'églisedes Saints- Apôtres, bâtie par Justinien, se trouvait en fort mauvais état vers la fin du 1xe siècle; elle menaçait ruine et elle avait perdu toute sa beauté première. L'empereur, dit son biographe, la refit « neuve et brillante ». De l'édifice ainsi restauré et des mosaïques qui le paraient, nous avons conservé deux descriptions fort circonstanciées : l’une est un poème de Constantinle Rhodien et date du commencement du x° siècle; l’autre, beaucoup plus complète, est l’œuvre de Nicolas Mésaritès, et fut composée entre 1199 et 1203 ?.

Les mosaïques de l’église des Saints-Apôtres passaient au x° siècle pour les plus remarquables qu'il y eût à Constantinople ; elles surpassaient, dit-on, en beauté celles même de Sainte-Sophie. Au sommet de la coupole principale, le Christ Pantocrator était figuré en buste ; autour de ce « soleil », dans une bande concentrique, étaient rangés la Vierge et les apôtres. Sur les grands arcs qui soutenaient cette coupole, à la voûte des quatre autres coupoles, sur les murs enfin de l'édifice, une série de sujets représentaient les épisodes de l'histoire du Christ et des apôtres. Ils étaient distribués, semblet-il, en quatre groupes, correspondant aux quatre branches de la croix. Au nord, c'étaient les scènes antérieures à la Passion, avec la

1. Dans les galeries voûtées qui menaient aux portes nord et sud de l’église, d’autres mosaïques représentaient « les luttes et les combats des martyrs ». 2. Heisenberg, Die Apostelkirche, Leipzig, 1908. :

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