‹ Manuel d'art byzantinChapitre 225 sur 309 · Bayet, Art byz., 266-270 ; Millet, Recherches · texte numérisé non relu

Bayet, Art byz., 266-270 ; Millet, Recherches

Caractères de l'art athonite. — Mais, avant qu'il se stérilisât, cet art byzantin de l'Athos a montré de hautes qualités. Comme dans toutes les œuvres de cette dernière période, deux écoles distinctes s'y rencontrent. Elles sont représentées par des maîtres tels que Pansélinos, Théophane de Crète, Frangos Catellanos, et dans les œuvres qu'ils ont laissés, on sent un esprit tout nouveau. Le dessin y est pluslibre, plus hardi; les attitudes et les gestes plus aisés et plus souples ; les vêtements plus riches ; les types plus variés, plus individuels, plus expressifs. Un souci constant y apparaît du mouvement, du pittoresque, de la vie, et aussi du dramatique et du pathétique ; le coloris enfin se tient dans des tons vifs et clairs, les chairs sont d'une nuance fraîche et rosée. Faut-il voir, dans ces tendances nouvelles, au moins pour les œuvres les plus récentes, quelque influence occidentale pénétrant l’art byzantin? Il est certain que l’un de ces maîtres, Théophane de Crète, peignant dans l'église de Lavra le Massacre des Innocents, s’est inspiré d’une gravure de Marc-Antoine et que d’autres exemples encore prouvent des emprunts faits par l'Orient à l'Italie. Dans les prétendus ouvrages de Pansélinos. Kondakof a cru retrouver plus d'un rapport avec la peinture italienne.Il faut se garder pourtant d'exagérer l'importance de ces rapprochements. Les fresques de l’Athos sont, dans l’ensemble, des œuvres purement byzantines, et les traits nouveaux qu'on y remarque ne sonten général que le développement du style nouveau que créa au xiv° siècle l'époque des Paléologues. C’est à cette Renaissance que nous devons les plus belles œuvres de la Sainte- Montagne, et dans ces longues suites de fresques pâlies, qui couvrent les parois et les voûtes des églises athonites, on retrouve, sous la symétrie grandiose de la disposition, sous l'immobilité un peu hiératique des formes, les traditions d’une grande école de décoration éprise de naturel, de pittoresque et de vie.

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