Le Tourneauet Millet, Loc. cit
1. La sculpture. L’ivoire et le bois. — II. Les arts du métal. Le bronze. L'orfèvrerie.
C’est un fait digne de remarque que, dans cette dernière période de l’art byzantin, la sculpture, elle aussi, semble s'être réveillée un peu de sa longue torpeur. On a signalé précédemment déjà la place que la décoration sculptée occupe à la façade et à l'intérieur des églises et montré quelles qualités d’art ornemental persistent dans des monuments comme le ciborium de Kahrié-djami ou l’ambon de Sainte-Sophie d'Ochrida. Peut-être y a-t-il, dans cette renaissance inattendue de la plastique, quelque influence d'Occident : cela paraît certain tout au moins pour plusieurs églises serbes, dont la
décoration sculptée est tout italienne.
L'ivoire et le bois. — A défaut de l’ivoire, dont le travail, si florissant jadis, semble maintenant assez négligé (tout au plus s'applique-t-on au xv° siècle à copier médiocrement certains ivoires anciens) !, la sculpture sur bois paraît avoir trouvé faveur chez les Byzantins du x au xv° siècle. A l’église de Saint-Nicolas d'Ochrida, on remarque des portes en bois d’un assez beau style (fig. 445), où des saints guerriers à cheval apparaissent parmi des représentations d'animaux et de centaures, et où l’on constate un curieux mélange de motifs orientaux et de souvenirs mythologiques. Kondakof date ces bas-reliefs du xmi° ou xiv° siècle ?. Mais, à côté de ces ouvrages
1. C'est le cas d’un triptyque en ivoire de la Bibliothèque Vaticane, copie du triptyque Harbaville exécutée au xv° siècle (Molinier, Hist. générale des arts appliqués à l’industrie, t. I, les Ivoires, p. 104-105. Cf. Munoz, L'art byzantin à l'exposition de Grotlaferrata, p.103 suiv., quile croit plus ancien) et d’un autre - triptyque, dont les fragments sont conservés à la Bibliothèque Casanatense de Rome, et qui s'inspire du même modèle (Munoz, ibid., 109 suiv.). Une stéatite
du xvi° ou xv° siècle, représentant les douze fêtes, se trouve à Vatopédi. 2. Kondakof, Macédoine, 236 suiv. On en peut rapprocher les portes de
encore considérables, les artistes byzantins du xnv° et du xv° siècle
ir pri isir à ilpture minuscule sur semblent surtout avoir pris plaisir à la . P 50 bois. Jean Eugenikos, dans une de ses ëxppasers, nomme expressé-
Fig. 445. — Portes de bois à Saint-Nicolas d'Ochrida (d'après Kondakof, Macédoine).
ment, à côté des icones, les œuvres d’art que les artistes sculptent sur des bois précieux, et il ajoute que « l’art de sculpter des repro-
l’église du monastère de Snagov en Roumanie (xv° siècle), où sont représentés des scènes du Nouveau Testament et des saints.