LES MOSAIQUES DE LA FIN DU XI SIÈ2LE
Enfin les mosaïques du baptistère, dont une portion a été refaite, remontent, pour l'essentiel, au xrv° siècle. Elles représentent les
épisodes de la vie de saint Jean-Baptiste.
Ainsi l'œuvre des mosaïstes grecs et des élèves qu'ils formèrent comprend trois groupes distincts : l’un, le plus important, remonte à la fin du xr siècle ; un autre est du xmi°, un autre du xiv°. Il en faut étudier brièvement l'ordonnance générale et le style.
Les mosaïques de la fin du XP° siècle. — La répartition des compositions du premier groupe s'inspire, dans ses lignes essentielles, des principes qu’avaient fixés les théologiens byzantins. Les coupoles montrant l'Église du Christannoncée parles prophètes, triomphant par le Sauveur montant au ciel, révélée au monde par les apôtres; la Madone trônant à l'abside; le cycle des grandes fêtes se déroulant sur les voûtes de l'église; les miracles du Christ et les épisodes de la légende de la Vierge complétant la décoration, mais, de parti pris, séparés des grandes fêtes: tout cela est strictement conforme à l'ordonnance que nous connaissons bien. Sans doute, par certains traits, cet art apparaît un peu moins novateur que celui des mosaïques orientales du même temps. Certaines survivances de la tradition du vr° siècle se mêlent à l’iconographie nouvelle. Les martyrs, protecteurs de l’église, gardent, comme à Ravenne et à Parenzo, leur place dans le sanctuaire: des figures allégoriques(vertus et béatitudes de la coupole centrale), des person-
nifications (fleuves du Paradis), des images symboliques (agneau,
‘symboles des évangélistes) rappellent les motifs empruntés par le christianisme à l'art alexandrin. Et par ailleurs, on sent la part faite aux habitudes occidentales ; les inscriptions grecques sont rares dans ces mosaïques ; à leur place, suivant un usagequiremonte au1v° siècle, de nombreuses inscriptions métriques en latinexpliquent lessujets. Pareillement le patriotisme \énitien a fait place dansla basilique aux saints locaux, particulièrement vénérés dans la cité. L'ensemble pourtant est nettement byzantin et rappelle defort près le style de Daphni. C'est la même variété des procédés, le même typenouveau des figures, la même recherche du coloris vif et brillant. Tout au plus peut-on constater, dans la fougue un peu artificielle des draperies, quelquecomplication, quelque sécheresseet, dans les visages, quelque monotonie. On sent que les progrès réalisés, que les nouveautés conquises se fixent et commencent à se figer. Mais malgré cela, ce premier groupe, étroitement apparenté aux mosaïques orientales, demeure, par l'ordonnance et l'iconographie autant que par l'exécution, une œuvre remarquable de l'art byzantin.
n verra { ut da | heure ( omment les maitres grecs de Saint-Ma C 0 Oo D I A " n À l 77S Q n ] » o d ] A d t u répandirent les procec es by zantins sur les rivages e L r1a 1q e,
Fig. 256. — Scènes de la vie du Christ. Mosaïques de Saint-Marc de Venise (Phot. Alinari).
à Torcello, à Murano, à Trieste. Au milieu du xn° siècle encore, les
mosaïstes qui travaillaient à la basilique étaient tous d’origineorientale. Mais autour d'eux, et à leurs leçons, une école indigène était