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CHAPELLE PALATINE

nord du sanctuaire. Néanmoins, et sans oublier non plus que les mosaïques des nefs, achevées sous Guillaume I (1154-1166), sont d'une main différente, il demeure aisé de saisir l'ordonnance générale de cette vaste décoration, et de constater combien elle est exac-

Fig. 264. — La Nativité. Mosaïque de la Chapelle Palatine à Palerme.

tement conforme aux idées liturgiques de l’église grecque et à l'art des maîtres byzantins.

Au sommet de la coupole, selon l'usage, le Christ Pantocrator, en buste, occupele médaillon central. Autour de lui, huit archanges aux «iles éployées, aux vêtements constellés d’or, font au roi du ciel une garde d'honneur. Plus bas, quatre évangélistes placés dans les trompes d'angle, et quatre prophètes figurés debout, David,

Salomon, Zacharie et saint Jean-Baptiste, annoncent la venue. du Fils de Dieu et proclamentsagloire, tandis qu'au-dessous d'eux, d’autres prophètes représentés en buste, complètent la divine démonstration (fig. 263). À l'abside, le Christen buste, colossal, garde sa place traditionnelle au sommet de la conque, et au-dessous de lui, la Madone entre des saints occupe la courbe de l’hémicycele, tandis qu’au sommet de l’arcade, les archanges Gabriel et Michel s'inclinent devant le médaillon où s'inscrit la composition mystique de l'Hétimasie. Comme à la Martorana, l'Annonciation fait pendant à la Présentation sur les faces orientale et occidentale du carré central et plus bas enfin, sur les parois latérales du sanctuaire, le cycle des fêtes chrétiennes se développe en de nombreuses compositions (fig. 264). Dans la partie droite du chœur, ce sont les épisodes qui vont depuis la Nativité jusqu'aux Rameaux, parmi lesquels la Fuite en Égypte et l'Entrée à Jérusalem attestent, avec une rare habileté technique, un art savant de la draperie et un réel talent de composition. Dans la partie de gauche prenaient place sans doute les scènes dela Passion, dont il ne reste plus aucune trace ; et le cycle s'achève, dans les deux voûtes qui couronnent les branches nord et sud du sanctuaire, par l'Ascension et la Pentecôte.

A quelques exceptions près, toutes ces mosaïques sont accompagnées d'inscriptions en langue grecque, et cela seul suffirait à attester leur origine nettement byzantine, quand bien même par ailleurs, par les qualités de l’exécution, par l’art de lacomposition, par l'éclat du coloris, par le sentiment et la recherche du détail pittoresque et souvent réaliste, elles ne montreraient point leur étroite parenté avec les œuvres propres de l’art byzantin. Il n'en va plus de même quand on considère les mosaïques des nefs. Sans doute elles sont en un étroit rapport avec l'ordonnance générale de la décoration ; l’histoire de la vie de saint Pierre et de saint Paul, qui couvre les parois des bas-côtés, correspond aux figures des deux apôtres placées à la conque des absidioles ; et c'est en conformité avec les plus lointaines traditions chrétiennes que, dans la grande nef, se déroulent en deux zones superposées les épisodes de l’Ancien Testament, depuis la Création jusqu'à la lutte de Jacob avec l'ange. Mais toutes ces représentations sont accompagnées d'inscriptions latines, et au vrai le style en est fort différent. Aussi bien on sait, parle témoignage du chroniqueur Romuald de Salerne, qu'après la mort de Roger II (1154), son fils Guillaume acheva la décoration en mosaïques de la Chapelle palatine. Tout fait croire

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