‹ Manuel d'art byzantinChapitre 67 sur 309 · AE LA · texte numérisé non relu

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été refusés à d’autres personnifications. De même, David debout entre la Sagesse et la Prophélie, se détachant sur un fond d'or,

semble un fragment de quelque mosaïque et a toute la solennité des œuvres de l’art monumental.

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Fig. 289. — La Vierge et un donateur. Miniature de la Bible du Vatican (Reg. 1) (d'après Le miniature della Bibbia,.…. e del Salterio).

On peut rapprocher du Psautier de Paris plusieurs manuscrits

Fig. 290. — David entre la Sagesse et la Prophétie. Miniature du Psautier du Vatican {d'après Le Miniature della Bibbia... e del Salterio).

de la Bibliothèque Vaticane, qui procèdent du même esprit, s’inspirent des mêmes modèles, et répètent parfois même exactement

certainés compositions du Parisinus‘. C'est d’abord un recueil d'extraits dela Bible (Reg. 1), écrit au x° siècle, et qui fut offert à un monastère de la capitale par un haut fonctionnaire, le patrice etsacellaire Léon. L'image du donateur, portrait médiocre, mais d'une réalité saisissante, apparaît, dans la première miniature, aux pieds d’une Madone de noble allure (fig. 289). Plus loin, une intéressante composition, représentant les exploits de Judith, semble inspirée del'Iliade de l'Ambrosienne, tandis que le sacre de David par Samuel répète la scène du Psautier de Paris. Assurément, par l'exécution, le manuscrit du Vatican est fort inférieur à celui de la Nalionale, et le caractère monumental, la solennité pompeuse des compositions y sont bien plus fortement accusés. Néanmoins les deux œuvres puisent aux mêmes sources d'inspiration, tableaux antiques d’une part, mosaïques des palais et des églises de l’autre ; et c'est, dans les deux manuscrits, le même développement des architectures, la même abondance des allégories, lamême magnificence des compositions, dramatiques ou solennelles, que l'on retrouve pareillement dans le Psautier du Vatican (Pal. Gr. 381), et dans le manuscrit des prophéties d’Isaïe (Vat., Gr. 755). Dans le premier, qui est du xr°siècle, les tableaux de David jouant de la harpe, et de David entre la Sagesse etla Prophétie (fig. 290) répètent exactement les compositions du Psaulier de Paris et s'inspirent, avec au moins autant de talent, des mêmes modèles; dans le second, qui date du x1° siècle, figure l'épisode de la Prière d'Isaïe, de même inspiration, mais d'exécution plus médiocre que la miniature du Parisinus.

Tous les manuscrits qui viennent d'être étudiés sont deséditions de grand luxe, d’une richesse extrême, illustrées à l'intention ou aux frais de hauts personnages dela cour. On rattachera doncnaturellement à ce groupe le grand Psautier de la Marcienne, exécuté à la fin du x° ou au commencement du xr° siècle pour l'empereur BasileIl. On y voit, après un portrait d'apparat du basileus (fig. 189), un frontispice à six compartiments, représentant des épisodes de la vie de David ; ils sont traités plus simplement toutefois et avec moins d’allégories que dans le Psautier de Paris ?.

1. Le miniature della Bibbia (Codice Reginense greco 1) e del Salterio (Codice palatino greco 381) dans la Collezione paleografica Vaticana, fasc.1, Milan, 1906.

2. Il existe de nombreux manuscrits encore du Psautier aristocratique. Je citerai seulement celui de Valopédi (fin xi° siècle), dont l'illustration est complète, mais fort inférieure au Parisinus ; celui du Pantocrator (n° 49, fin x1° siècle) ; celui de l'Ambrosienne (n° 54, x° siècle) ; avec des miniatures peu nombreuses, mais fort belles, et auquel est apparenté le Psautier Barberini 202, qui date de 1177.

En face de cette illustration du Psautier aristocratique, tout imprégnée d'esprit antique, le Psautier à illustration marginale offre un caractère nettement populaire. J'ai signalé déjà lestraits essen-

tiels de ce groupe de manuscrits en en étudiant le représentant le

plus ancien, le Psautier Chloudof, el j'ai marqué tout l'intérêt

Fig. 291. — La manne. Miniature du Psautier du Pantocrator (Coll. Hautes Études, C. 93).

que présente cette création originale de l’art byzantin. Elle a, aux siècles suivants, trouvé une longue fortune. A la même série, en effet, apparliennent — pour citer les plus remarquables seulement — le Psautier du Pantocrator (n° 61), plus jeune de quelques années à peine que le Psautier Chloudof, et, parmi les manuscrits de date plus récente, celui du British Museum (add. 19352), écrit

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